Turquie: le premier ministre veut donner plus de pouvoirs aux policiers

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à 14h50 HAE, le 18 juin 2013.

ANKARA, Turquie – Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan compte accorder de nouveaux pouvoirs aux policiers, en réponse aux manifestations populaires qui défèrlent sur le pays depuis plusieurs jours.

Il a fait cette annonce mardi, au moment où les policiers procédaient à plusieurs perquisitions et arrêtaient des dizaines de personnes soupçonnées d’actes de violence à l’endroit de la police.

La station de télévision NTV rapporte que les perquisitions menées à Ankara et Istanbul visaient des groupes de gauche. Au moins 87 personnes ont été arrêtées.

Le gouvernement turc a été critiqué pour la force excessive dont semblent avoir fait usage les policiers, mais M. Erdogan a estimé que la police a fait preuve de retenue et qu’elle a agi en toute légalité.

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Des policiers antiémeute avaient de nouveau été déployés dans les rues d’Istanbul et d’Ankara, mardi.

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a demandé mardi aux autorités turques de faire la lumière sur des allégations selon lesquelles les grenades de gaz lacrymogènes ont été tirées directement en direction des manifestants ou encore utilisées dans des endroits clos. L’organisme new-yorkais de défense des droits de la personne Human Rights Watch avait émis des préoccupations similaires la veille.

Lundi soir, le multiartiste Erdem Gunduz s’est tenu immobile et silencieux sur la place Taksim, de manière à défier le premier ministre Erdogan. Son geste a été repris par plusieurs autres manifestants à Istanbul et ailleurs, en plus de susciter de nombreuses réactions sur les médias sociaux.

La manifestation de M. Gunduz a été interrompue par la police tôt mardi, après que d’autres manifestants se soient joints à lui.

Dans la journée de lundi, la police turque a eu recours aux canons à eau et aux gaz lacrymogènes pour disperser de petits groupes de manifestants en marge d’un rassemblement à Istanbul organisé par des centrales syndicales qui espèrent capitaliser sur la colère populaire contre le gouvernement.

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Deux grandes confédérations syndicales ont appelé à une grève d’un jour et à des manifestations à travers la Turquie lundi pour dénoncer la brutalité policière face aux militants qui ont mené une vague de manifestations sur la place Taksim et dans le parc Gezi d’Istanbul au cours des dernières semaines.

Une manifestations à Ankara s’est déroulée pacifiquement, et rien ne laisse penser que l’opération policière à Istanbul a provoqué des affrontements majeurs. Plus tôt dans la journée, le ministre de l’Intérieur avait prévenu que toute personne qui se joindrait aux manifestations illégales devrait en assumer «les conséquences judiciaires».

Le gouvernement turc semble de moins en moins tolérant après plus de deux semaines de manifestations et d’affrontements avec les forces de l’ordre. Le vice-premier ministre Bulent Arinc a laissé planer la possibilité que l’armée soit appelée en renfort.

Lors d’une entrevue télévisée diffusée lundi, M. Arinc n’est pas allé jusqu’à dire que des soldats seraient déployés dans les rues ou que l’état d’urgence pourrait être proclamé. Mais il a affirmé que si les opérations policières n’étaient pas suffisantes pour apaiser la situation, les gouverneurs locaux pourraient «s’appuyer sur les forces militaires turques» conformément à la loi.

La grève des syndicats survient après un week-end lors duquel la police a expulsé les manifestants qui campaient depuis 18 jours dans le parc Gezi, devenu le symbole de la défiance contre le gouvernement. Les partisans du premier ministre Erdogan ont également organisé de grands rassemblements à Istanbul et à Ankara.

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Les manifestations de lundi semblaient mieux organisées que l’occupation du parc et les rassemblements spontanés des dernières semaines.

Les militants syndicaux ont manifesté à Istanbul, Ankara et Izmir. La chaîne de télévision NTV a rapporté que la police antiémeute avait lancé un avertissement aux manifestants dans la capitale, affirmant que le rassemblement était illégal et que la foule devait se disperser. Les manifestants ont quitté les lieux pacifiquement environ trois heures après y être arrivés.

À Istanbul, les syndicalistes espéraient se rendre jusqu’à la place Taksim, mais la police avait bouclé la zone en raison des troubles qui se sont poursuivis un peu partout à travers le pays dans la nuit de dimanche à lundi.

Les manifestations en Turquie ont commencé par une occupation pacifique pour dénoncer le projet de réaménagement du parc Gezi, mais la violente répression de la police a transformé la mobilisation en vaste mouvement de protestation contre le gouvernement du premier ministre Erdogan, que certains accusent d’être de plus en plus autoritaire.

Cinq personnes, dont un policier, ont perdu la vie dans les manifestations, et plus de 5000 autres ont été blessées, selon une organisation turque de défense des droits de la personne.

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