Turquie: Erdogan défie ses opposants

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à 12h40 HAE, le 9 juin 2013.

ANKARA, Turquie – Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a grimpé sur le toit d’un autocar dimanche pour livrer un discours enflammé à des milliers de partisans, dimanche, mettant au défi ses opposants de défaire son parti aux prochaines élections municipales.

Au dixième jour des manifestations populaires, le premier ministre s’est rendu dans deux villes de la Turquie où les citoyens ont pris d’assaut les rues, décrivant à nouveau ses opposants comme une «poignée de pilleurs et de vandales».

À Adana, une ville du sud du pays où des partisans pro et anti-Erdogan se sont affrontés dans la nuit de samedi à dimanche, M. Erdogan a lancé, depuis le toit d’un autobus, que les détracteurs de son gouvernement avaient été «assez lâches pour insulter le premier ministre du pays».

La violente répression des forces de l’ordre contre des manifestants opposés à un projet d’urbanisation sur la place Taksim à Istanbul, le 31 mai, a déclenché la colère du pays en entier, propageant le mouvement anti-gouvernement à plusieurs autres villes turques. De nombreux protestataires accusent le premier ministre au pouvoir depuis dix ans, de faire preuve d’autoritarisme, et de tenter d’imposer des visions conservatrices et religieuses au pays, régi par des lois laïques.

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M. Erdogan a rejeté en bloc ces accusations, se présentant plutôt comme le «serviteur» du peuple. Il a aussi répété à de nombreuses reprises que ces manifestations étaient une tentative illégale de discréditer son gouvernement, à la veille des élections municipales prévues pour 2014. Le premier ministre turc martèle que son parti a remporté 50 pour cent des voix au scrutin de 2011 et que les rassemblements sont plutôt le fait d’une minorité.

Plus tard dans la journée de dimanche, le premier ministre devait se rendre à Ankara, la capitale de la Turquie, où des milliers de partisans se préparaient à lui faire un accueil flamboyant.

Le refus de M. Erdogan d’apaiser les tensions pourrait toutefois entraîner des perturbations à Ankara, alors que des milliers d’opposants se sont de leur côté rassemblés sur une place centrale près des édifices gouvernementaux. La veille, les forces de l’ordre les avaient dispersés en usant de gaz lacrymogènes et de canons à eau.

Samedi, la police d’Ankara avait utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser des milliers de personnes manifestant près de bâtiments gouvernementaux, samedi, alors que la plus forte vague de contestation depuis des décennies contre le gouvernement de la Turquie a entamé sa deuxième semaine sans montrer de signes d’essoufflement.

Pendant ce temps, le parti du premier ministre Recep Tayyip Erdogan a rejeté les appels pour des élections anticipées, en plus de critiquer les manifestations comme des tentatives, par l’opposition, de renverser le gouvernement.

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Les protestations ont été déclenchées par un projet d’urbanisation contesté, qui prévoyait transformer la place Taksim en un centre commercial. M. Erdogan a récemment affirmé que le projet visait plutôt à construire un opéra, un théâtre et peut-être un musée.

Les manifestations se sont répandues dans des dizaines de villes à travers le pays. Trois personnes sont mortes — deux contestataires et un policier — et des milliers d’autres ont été blessées.

Les manifestations se sont transformées en une expression de l’insatisfaction populaire face au règne des 10 dernières années de M. Erdogan, jugé par plusieurs comme trop autoritaire.

Le premier ministre a réuni, samedi après-midi, la direction de son Parti de la justice et du développement pour faire le point. Lors d’une allocution faisant suite à la rencontre, le porte-parole du parti Huseyin Celik a déclaré que les rumeurs voulant que les élections générales de 2015 soient devancées étaient «complètement sans fondement, inutiles, inventées et imaginaires».

M. Celik a également accusé le principal parti d’opposition de tenter de renverser le premier ministre par des moyens illégitimes, «ayant échoué en sept tentatives à battre [le parti au pouvoir] dans l’isoloir».

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Vendredi, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait affirmé qu’il ne peut céder aux demandes des manifestants, en raison de ses responsabilités envers la moitié des Turcs qui ont voté pour lui.

M. Erdogan a répété aux journalistes que les manifestations qui déchirent son pays depuis une semaine sont antidémocratiques et qu’elles ont été fomentées par une minorité qui veut dominer la majorité.

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