Tunisie: le cinquantenaire de l’Indépendance sous le sceau de l’économique

Partagez
Tweetez
Envoyez

TUNIS (AP) – Le 50e anniversaire de l’indépendance de la Tunisie, célébré lundi 20 mars, a été marqué par un discours du président Zine El Abidine Ben Ali axé essentiellement sur les volets économiques.

Aucune nouvelle mesure politique n’a été annoncée, contrairement aux bruits qui circulaient en coulisses. Le président tunisien, accompagné de son épouse Leïla en tailleur marron clair et pull noir, a été accueilli en triomphe à Radès (14 km de Tunis), où une imposante rencontre était organisée dans la salle omnisports nouvellement construite.

Brandissant portraits de l’homme fort de Tunis et drapeaux, les quelque 15 000 personnes présentes, jeunes et femmes dans leur grande majorité, avec autour du cou un foulard rouge, couleur dominante du drapeau tunisien, ont scandé des slogans à la gloire de Ben Ali et de la Tunisie.

Entamant son discours d’une heure, le président a rendu un hommage appuyé aux martyrs, résistants et militants de l’indépendance de cet ancien protectorat français, au premier rang desquels «le défunt Habib Bourguiba, leader du mouvement national et premier président de la République».

Le président a énuméré «les acquis majeurs» de la Tunisie et, se référant aux analyses des agences spécialisées des Nations Unies, a avancé que «la Tunisie fait partie aujourd’hui des vingt premiers pays au monde du point de vue de la croissance économique».

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Il a annoncé un train de mesures économiques, dont une amnistie fiscale et une réduction de la TVA et de l’impôt sur les bénéfices des sociétés. Des mesures incitatives pour l’investissement et les exportations, afin de «gagner le pari de l’emploi». Placé «au premier rang des priorités», le chômage, estimé à environ 14%, est en effet le plus grand défi que la Tunisie est appelée à relever: Zine el Abidine Ben Ali s’est donc fixé pour objectif de réduire le chômage de quatre points à la fin de la décennie.

Le chômage touchant en particulier les diplômés de l’enseignement supérieur, un «intérêt particulier» leur sera accordé dans le prochain plan (2007-2016) pour «élargir davantage les portes de l’espoir devant eux», a-t-il assuré. L’université tunisienne amène sur le marché de l’emploi un nombre croissant de promus: de 50 000 en 2004-2005, leur nombre doublera en 2013, selon les prévisions.

Autres objectif affiché, le président tunisien se propose de doubler le revenu par habitant pour le porter de 4 000 dinars actuellement, l’un des plus élevés de la région, à 8 000 dinars en 2016. Il projette, en outre, de multiplier par trois le réseau autoroutier, et de porter la contribution des secteurs porteurs «à haut contenu de savoir» au PNB de 20% aujourd’hui à 35% à l’horizon 2016.

Fierté tunisienne, l’émancipation de la femme, devenue «une réalité concrète et irréversible» sera renforcée pour qu’elle puisse contribuer à réaliser ces objectifs. Une émancipation qui, selon Ben Ali, constitue un rempart «contre les courants passéistes et réactionnaires», allusion aux islamistes. «Les droits de l’Homme n’ont, de notre point de vue, point de signification si les droits de la femme demeurent incomplets. De même, le progrès, la réforme et le développement restent dénués de sens sans la femme», a-t-il martelé.

Sans annoncer de nouvelles mesures politiques, le président Ben Ali a réitéré l’engagement pris à son accession au pouvoir en 1987 à «édifier, par étapes, une société de démocratie, de pluralisme et de droits de l’Homme». Malgré les critiques en la matière, tant de l’opposition radicale que d’ONG, il a estimé que la Tunisie a atteint «une étape avancée» dans ce processus. Et a évoqué sa «détermination inflexible» à continuer sur cette voie.

Partagez
Tweetez
Envoyez
l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur