Tunisie: 10 000 policiers déployés pour empêcher un congrès de salafistes

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à 11h40 HAE, le 19 mai 2013.

KAIROUAN, Tunisie – Quelque 11 000 policiers et soldats ont été déployés autour d’un site religieux en banlieue de Tunis, pour empêcher, dimanche, la tenue du congrès annuel du mouvement salafiste Ansar al-Shariah.

Des postes de contrôle avaient été installés et des patrouilles circulaient dans la ville de Kairouan, alors que les autorités avaient déclaré plus tôt que la conférence du groupe extrémiste, impliqué dans plusieurs récentes attaques à travers la Tunisie, constituait une menace à la «sécurité et à l’ordre public».

La police a brièvement affronté des jeunes hommes qui lançaient des pierres au centre-ville et a usé de gaz lacrymogènes pour les disperser.

Le leader religieux d’Ansar al-Shariah, Seifallah Ben Hassine, est recherché relativement à son implication dans l’attentat contre l’ambassade américaine en septembre dernier, tandis que ses fidèles sont accusés d’avoir attaqué des galeries d’art, des stations de police et des cinémas.

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L’imposante présence policière au congrès du mouvement salafiste n’avait pas été vue depuis la chute, en 2011, de l’ancien président Zine El-Abidine Ben Ali, qui a été à la tête d’un puissant État policier.

Le gouvernement tunisien, dirigé par le parti islamiste modéré Ennahda, a longtemps été accusé par ses détracteurs d’avoir failli à sévir contre les attentats perpétrés par les salafistes, des musulmans ultraconservateurs.

La rhétorique d’Ansar al-Shariah semble toutefois avoir uni le pays contre le groupe. Il a été vertement critiqué jeudi lors d’une conférence de dialogue national réunissant des syndicats, des représentants de la société civile et des partis politiques.

Le porte-parole d’Ansar al-Shariah, Seifeddine Rais, a été interpellé par les autorités dimanche matin. Par ailleurs, une tentative de centaines de militants salafistes de se rassembler dans une banlieue pauvre a été dispersée par les forces de l’ordre avec des gaz lacrymogènes.

La sécurité s’était renforcée à Kairouan depuis samedi, alors que les policiers vérifiaient l’identité des personnes et fouillaient les voitures de tous ceux qui voulaient entrer dans la ville.

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