Syrie: premier échange de prisonniers depuis le début de la guerre civile

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à 11h50 HNE, le 9 janvier 2013.

DAMAS, Syrie – Les rebelles syriens ont libéré mercredi 48 prisonniers iraniens qu’ils détenaient depuis le mois d’août, en retour de la libération de plus de 2000 personnes par Bachar el-Assad.

Il s’agit du premier important échange de prisonniers de la guerre civile syrienne il y a près de deux ans.

L’Iran compte parmi les plus solides partisans du gouvernement syrien, et les otages détenus par les rebelles représentaient une monnaie d’échange de premier plan pour les insurgés qui tentent de renverser le régime Assad. Les rebelles avaient menacé de tuer leurs otages si le gouvernement ne mettait pas fin à ses opérations militaires contre l’insurrection.

Le groupe de 48 hommes est arrivé à un hôtel Sheraton de la capitale, Damas, à bord de plusieurs fourgonnettes escortées par les forces de sécurité syriennes. L’ambassadeur iranien à Damas, Mohammad Riza Shibani, était sur place pour les accueillir.

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Les rebelles affirment que leurs captifs étaient des proches de la puissante Garde révolutionnaire iranienne, tandis que Téhéran prétend qu’il s’agit simplement de pélerins qui visitaient des sites chiites.

M. Shibani a expliqué que les otages ont été libérés au terme de négociations longues et complexes, sans toutefois fournir plus de détails.

L’organisation caritative islamique turque qui a aidé à coordonner l’échange a expliqué que les Iraniens ont été libérés en échange de 2130 personnes par le régime syrien. Le groupe comprendrait des femmes et des enfants.

Factions palestiniennes

Par ailleurs, les factions palestiniennes présentes en Syrie ont appelé mardi à un cesser-le-feu après que des combats aient éclaté dans un quartier de réfugiés de la capitale, Damas, mettant en relief les divisions qui opposent les Palestiniens au moment où la guerre civile qui déchire le pays s’intensifie.

Le quartier de Yarmouk – encore appelé un « camp » même si les « réfugiés » y sont depuis de nombreuses années – a été le théâtre d’affrontements violents dans le passé, mais les combats se sont apaisés le mois dernier quand les rebelles qui cherchent à renverser Bachar el-Assad ont été incapables de déloger les forces loyales au régime qui s’y trouvent.

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L’Observatoire syrien des droits de la personne affirme que cinq personnes ont été tuées à Yarmouk mardi, dont quatre par l’explosion d’un obus. La cinquième personne aurait été abattue par un tireur embusqué.

Le groupe a précisé que des combats intenses se poursuivaient en périphérie du secteur et dans le district d’Hajar Aswad.

Dans un communiqué publié mardi, les représentants de 14 organisations palestiniennes installées à Damas ont réclamé un cesser-le-feu et une interruption de toutes les opérations militaires pour permettre aux équipes médicales et aux camions de ravitaillement de pénétrer dans le camp. Elles ont demandé à tous les hommes armés de se retirer du camp.

Environ la moitié des 150 000 habitants de Yarmouk ont fui le camp depuis le début des combats à la mi-décembre. Certains ont trouvé refuge dans d’autres villes syriennes ou encore au Liban.

Émeutes en Jordanie

Par ailleurs, sept travailleurs humanitaires ont été blessés mardi quand une émeute a éclaté dans un camp de réfugiés syriens en Jordanie, a indiqué le représentant d’une agence caritative jordanienne.

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La violence aurait été causée par les conditions hivernales brutales qui prévalent dans le camp de Zaatari, qui abrite quelque 50 000 personnes.

Ghazi Sarhan a expliqué que des dizaines de réfugiés ont attaqué à coups de bâtons et de pierres les travailleurs qui leur distribuaient du pain mardi, après que leurs tentes aient été arrachées par les vents violents qui ont soufflé pendant la nuit.

La première tempête hivernale de la saison a aussi déversé des pluies diluviennes sur le camp, transformant les rues en mares de boue.

La météo s’était quelque peu améliorée mardi mais une puissante tempête de neige pourrait frapper la Turquie, le Liban, la Syrie, la Jordanie, Israël et certains secteurs de l’Irak mercredi. Le mercure a plongé sous le point de congélation dans la nuit de lundi à mardi et pourrait faire de même entre mardi et mercredi. Le vent soufflait en rafales à 60 kilomètres/heure.

Incendie en Turquie

En Turquie, un incendie qui a éclaté dans un « camp de réfugiés » palestiniens a coûté la vie à deux enfants et fait quatre blessés. Le premier ministre adjoint Besir Atalay a attribué l’incendie à une utilisation illégale de l’électricité qui est fournie pour chauffer les tentes. Cinq frères et soeurs avaient perdu la vie le mois dernier lors d’un incendie similaire dans un autre camp turc.

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Pour sa part, le Programme alimentaire mondial des Nations unies a prévenu qu’il est incapable de nourrir un million de Syriens qui ont besoin d’aide.

Le PAM a indiqué mardi qu’il vient déjà en aide à 1,5 million des 2,5 millions de Syriens qui, selon le Croissant-Rouge syrien, se trouvent dans le besoin.

Une porte-parole de l’agence onusienne, Elisabeth Byrs, a expliqué que la situation sécuritaire précaire et l’impossibilité pour le PAM d’utiliser le port syrien de Tartous signifient que de nombreux réfugiés ne pourront pas être aidés.

Mme Byrs a ajouté que le PAM a temporairement retiré les employés déployés dans les villes syriennes de Homs, Alep, Tartous et Qamishli en raison de la détérioration de la sécurité dans ces régions.

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