Syrie: les rebelles s’emparent d’un quartier clé à Alep

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à 10h43 HNE, le 2 février 2013.

BEYROUTH – Les rebelles syriens ont conquis une zone stratégique près de l’aéroport international d’Alep samedi, prenant le contrôle d’une importante route utilisée par le régime du président Bachar el-Assad pour ravitailler ses soldats en poste dans la ville.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, les insurgés ont réussi à mettre la main sur le quartier de Cheikh Said, situé au sud-est d’Alep, après des jours de combats avec les troupes d’Assad.

Il s’agit d’un coup dur pour le gouvernement syrien puisque le territoire conquis comprend une route majeure reliant la ville à l’aéroport qui permettait à l’armée d’acheminer des provisions et des hommes à Alep, qui est le principal centre urbain et commercial de la Syrie.

Les forces du président contrôlent certaines parties d’Alep, mais les rebelles se sont emparés de plusieurs quartiers et de vastes bandes de terre à l’extérieur de la cité depuis qu’elle est devenue un front important de la guerre civile l’été dernier.

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Des dizaines d’exécutions

Au moins 65 corps, dont certains avaient les mains ligotées dans le dos, ont été retrouvés sur les rives d’une rivière de la ville d’Alep, dans le nord de la Syrie, affirment des militants.

L’Observatoire syrien des droits de la personne dit que les cadavres ont été retrouvés mardi dans le quartier contesté d’al-Bustan al-Qasar. Tous les morts sont des hommes.

Le directeur de l’Observatoire, Rami Abdoul-Rahman, a ajouté qu’on ne sait pas qui est responsable des meurtres, quand ils se sont produits ou qui sont les victimes.

Les Comités de coordination locale évoquent plutôt 80 morts.

Une vidéo mise en ligne par les militants montre les corps de dizaines d’hommes alongés le long d’une rivière, les mains liées derrière eux. Certains semblent avoir atteints de coups de feu à la tête.

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Par ailleurs, des rebelles syriens ont attaqué un centre des services de renseignement dans l’est du pays mardi, libérant au moins 11 personnes qui y étaient retenues prisonnières.

Après cinq jours de combats féroces autour de ce centre de la ville de Deir el-Zour, les rebelles ont finalement réussi à y pénétrer après une nuit d’affrontements intenses, révèle l’Observatoire syrien des droits de la personne.

Des militants de l’opposition y étaient apparemment détenus, mais on ne savait pas mardi si ceux qui ont été libérés étaient des combattants ou des militants.

Les forces gouvernementales ont répondu à la percée des rebelles en lançant plusieurs frappes aériennes contre le centre, tentant d’en chasser les insurgés.

Deir el-Zour est le théâtre de combats importants depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar el-Assad, il y a deux ans. La province, qui porte le même nom que la ville, est située le long de la frontière avec l’Irak et abrite de nombreuses installations pétrolières qui ont fréquemment été ciblées par les rebelles.

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L’organisation humanitaire Médecins sans frontières a indiqué le mois dernier que les forces gouvernementales bombardent Deir el-Zour presque quotidiennement. Des dizaines de milliers de Syriens, dont plusieurs sont blessés, sont coincés dans la ville.

Ailleurs mardi, les avions de chasse du régime ont pilonné les positions rebelles autour de Damas, notamment à Ghouta et à Yalda, a ajouté l’Observatoire.

Enfin, quelque 21 000 réfugiés sont arrivés depuis une semaine au camp de Zaatari, en Jordanie, soit cinq fois plus que la moyenne quotidienne. Le camp surpeuplé manque de vivres en plus d’avoir été touché par des inondations et par l’incendie de plusieurs tentes.

Aide humanitaire

Les pays du golfe Persique ont promis mercredi de fournir 900 millions $ US pour l’aide humanitaire à ces réfugiés Syriens.

Les promesses faites par les pays du Golfe à la conférence des donateurs au Koweït, de même que celles faites précédemment par l’Union européenne et les États-Unis, permettent de dépasser le total de 1,5 milliard $ US en aide immédiate réclamé par les Nations unies. Mais les fonds permettront seulement de couvrir les besoins pour quelques mois.

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Le Canada accordera 25 millions $ supplémentaires pour aider les familles déplacées par le conflit syrien. Le ministre de la Coopération internationale, Julian Fantino, en a fait l’annonce mercredi au Koweït dans le cadre de la conférence de pays donateurs. Cette contribution porte à 48 millions $ l’aide du Canada depuis le début du conflit syrien.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a ouvert la conférence en appelant à la fin des combats en Syrie «au nom de l’humanité», soulignant que les violences ne montraient aucun signe d’apaisement et que l’exode des réfugiés vers les pays voisins pourrait encore s’intensifier.

Le conseil économique jordanien a annoncé que le royaume avait atteint son point de rupture. La Jordanie a déjà dépense 833 millions $ US pour aider les réfugiés syriens et elle est incapable d’assumer le fardeau financier de la crise, qui lui a déjà coûté trois pour cent de son produit intérieur brut (PIB).

Plus de 700 000 Syriens ont trouvé refuge dans les pays voisins depuis le début de la guerre, dont près de la moitié en Jordanie. Jusqu’à 3000 réfugiés syriens traversent chaque jour la frontière jordanienne.

Des responsables des Nations unies ont prévenu que le nombre de réfugiés pourrait approcher le million plus tard cette année si le conflit en Syrie ne s’apaise pas.

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Avant l’ouverture de la conférence, M. Ban avait déclaré à une agence de presse koweïtienne que la réponse humanitaire internationale à la crise en Syrie avait été très limitée jusqu’à maintenant.

L’organisation humanitaire Médecins sans frontières a pour sa part demandé à l’ONU et à la communauté internationale de trouver des moyens d’acheminer plus d’aide vers les secteurs contrôlés par les rebelles, qui ne reçoivent actuellement qu’un infime portion de l’aide humanitaire disponible.

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