Syrie: les rebelles prennent une base aérienne stratégique dans le sud

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à 14h06 HAE, le 23 mars 2013.

BEYROUTH – Des rebelles syriens ont pris le contrôle, samedi, d’une importante base de défense aérienne située dans une région stratégique du sud de la Syrie, non loin de la frontière avec la Jordanie. Il s’agit d’une nouvelle victoire pour les insurgés qui cherchent à renverser le régime du président Bachar al-Assad, ont fait valoir des militants.

Des combattants d’un groupe actif dans la portion méridionale du pays ont fait irruption et pris le contrôle de cette base abritant la 38e division à l’issue d’un siège de 16 jours, selon le communiqué publié sur les sites Internet de la Brigade des martyrs de Yarmouk.

La base située près du village de Saïda se trouve non loin de l’autoroute transfrontalière qui relie la capitale syrienne, Damas, et la Jordanie.

Les combats dans les provinces du sud de la Syrie, à proximité des frontières avec la Jordanie et Israël, se sont intensifiés de façon considérable au cours des derniers jours. Les violents affrontements survenus cette semaine dans la région de Quneitra — le long de la ligne de cessez-le-feu entre la Syrie et Israël, dans le plateau du Golan — ont fait des dizaines de victimes, surtout des combattants de l’opposition, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

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L’organisation installée en Grande-Bretagne soutient avoir répertorié 35 décès dans les rangs de l’opposition en plus d’avoir perdu le contact avec 20 autres rebelles, qui sont présumés morts.

Si les rebelles prenaient le contrôle de la région de Quneitra, cela permettrait à des militants islamistes radicaux de se retrouver en première ligne face aux troupes israéliennes. Les forces rebelles abritent dizaines de groupes, dont la puissante organisation Jabhat al-Nusra, qui entretient des liens avec al-Qaïda.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, des militants de Jabhat al-Nusra ont participé à l’opération menée à la base de défense aérienne de la province de Daraa. Les rebelles et l’organisation humanitaire ont tous deux rapporté que les rebelles avaient tué le commandant de la base.

Chef religieux assassiné

Pendant ce temps, à Damas, de nombreux partisans du président syrien Bachar el-Assad se rassemblaient dans le centre-ville afin d’assister aux funérailles de l’un des leaders religieux les plus connus du pays assassiné plus tôt cette semaine lors d’un attentat-suicide à la bombe survenu dans une mosquée.

Les forces de sécurité ont bloqué toutes les rues menant à la mosquée d’Omayyad où les obsèques de cheikh Mohammed Saïd Ramadan al-Bouti, un religieux sunnite et un allié de longue date du régime syrien, avaient lieu.

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Le cheikh Al-Bouti, son petit-fils et 48 autres personnes ont été tués jeudi lorsqu’un kamikaze a déclenché ses explosifs à l’intérieur d’une mosquée où l’imam de 84 ans donnait une leçon.

Son assassinat est un coup dur pour le président Assad, qui a juré vendredi de venger sa mort et d’exterminer les militants derrière cette attaque qui s’est déroulée au coeur de la capitale.

Assad et les rebelles qui tentent de le renverser se sont mutuellement accusés d’avoir ordonné l’attentat.

Le cheikh Mohammed Saïd Ramadan al-Bouti, le plus important leader religieux à être tué depuis le début du conflit il y a deux ans, soutenait le régime depuis ses débuts sous le règne de père et prédécesseur de Bachar el-Assad, l’ex-président Hafez el-Assad.

Les sunnites sont majoritaires en Syrie alors que les alaouites, une branche de l’islam chiite à laquelle Assad appartient, sont minoritaires.

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Le cheikh Al-Bouti sera enterré à l’arrière de la mosquée d’Omayyad, dont il était l’imam, près de la tombe de Saladin, un dirigeant musulman ayant vécu au XIIe siècle.

Selon la télévision d’État syrienne, Bachar el-Assad était représenté aux funérailles par l’un de ses ministres.

Combats à Alep

Ailleurs en Syrie, les militants ont rapporté une poursuite des combats dans la province d’Alep, dans le nord du pays, dans les banlieues de Damas et dans la province méridionale de Daraa. L’Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, déplore 15 morts, dont 11 rebelles, lors des combats qui ont éclaté près de la frontière avec la Jordanie.

À Genève, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a voté, à 41 voix contre 1, en faveur d’une prolongation de son enquête sur les crimes qui seraient commis en Syrie. L’enquête menée par quatre experts indépendants se poursuivra jusqu’en mars 2014, soit pendant six mois de plus que ce qui était prévu. Seul le Venezuela s’est opposé à la mesure.

Des affrontements entre partisans du régime syrien et partisans de l’insurrection se sont aussi produits au Liban, dans la ville portuaire de Tripoli, faisant six morts. Le Liban partage les mêmes rivalités politiques et sectaires que celles qui prévalent en Syrie.

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Enfin, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se rencontraient en Irlande à compter de vendredi. Ils discuteront de nouveau de la crise syrienne, notamment en ce qui concerne la fourniture éventuelle d’armes aux rebelles. L’Union européenne demeure forement divisée sur la question.

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