Syrie: les forces du gouvernement reprennent une banlieue stratégique

Partagez
Tweetez
Envoyez

à 23h15 HNE, le 12 janvier 2013.

DAMAS, Syrie – Les troupes syriennes se sont rapprochées d’une banlieue stratégique de Damas et ont bombardé d’autres zones ceinturant la capitale, samedi, dans le cadre d’une tentative pour sécuriser le siège du pouvoir du président Bachar el-Assad, alors que les rebelles ont effectué des gains dans le nord.

Selon un responsable gouvernemental, les forces du régime ont pris la majorité de Daraya, une zone située tout près d’une importante base aérienne militaire, tout juste au sud de la capitale. Ces développements surviennent après près de deux mois de violents combats qui, selon des militants anti-régime, auraient fait des dizaines de morts et jeté des dizaines de milliers de réfugiés à la rue.

Cette annonce survient au lendemain de la prise de contrôle, par des rebelles et des combattants islamistes visant à renverser le régime, de la base aérienne de Taftanaz (nord-ouest), portant un dur coup à l’armée. Les deux déclarations soulignent l’aspect en dent de scie du conflit syrien, où la victoire d’une partie est souvent suivie d’un revers ailleurs.

Dans le cadre d’autres violences, le champion sportif Hisham Raqsha a été tué par balle à Damas, alors qu’il revenait chez lui, ont annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’homme et l’agence de presse étatique Sana.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Les troupes syriennes se battent depuis novembre pour reconquérir Daraya des mains des rebelles. Cette banlieue est flanquée par les quartiers importants de Mazzeh, qui abrite la base aérienne militaire du même nom, et Kfar Sousseh, où sont situés le siège du gouvernement, les bureaux centraux des services de renseignement et le ministère de l’Intérieur. L’endroit est également situé à moins de 10 kilomètres du Palais du peuple, l’un des trois palais de la capitale utilisés par le président.

Selon un officiel qui a parlé à l’agence Associated Press sous le couvert de l’anonymat, l’armée se bat actuellement contre «des pochettes de résistance», mais le territoire devrait être «sécuritaire d’ici quelques jours».

En août, des troupes appuyées par des chars avaient attaqué Daraya après plusieurs jours de siège, tuant supposément des centaines de personnes. La plupart des résidants ont fui vers des endroits plus sûrs depuis le début de la dernière offensive, ne laissant derrière qu’environ 10 000 citoyens aux prises avec des coupures d’électricité et des réserves de nourriture, de carburant et de fournitures médicales en diminution.

Une forte tempête de neige, la semaine dernière, a empiré les conditions prévalant dans Daraya.

Le conseil local, un groupe de l’opposition, soutient que plus de 1300 personnes ont été tuées à Daraya depuis le début de la révolte, et que 1000 personnes supplémentaires seraient emprisonnées. Les affirmations des deux parties sont impossibles à vérifier en raison des restrictions imposées aux journalistes en Syrie.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

L’Observatoire a ajouté que des avions de guerre syriens avaient attaqué des banlieues à l’est de Damas, y compris à Mleiha, ainsi que la ville rebelle de Rastan, près de Homs (centre).

Plus de 60 000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, il y a 22 mois.

Sur le front diplomatique, la Russie, l’un des derniers alliés du président El-Assad, a indiqué samedi qu’elle était toujours fortement opposée à une intervention étrangère dans les affaires syriennes.

Vendredi, les insurgés syriens ont pris le contrôle d’une importante base aérienne dans le nord-ouest du pays.

Des militants indiquent que des rebelles du Jabhat al-Nusra, un groupe associé à Al-Qaïda, et d’autres organisations se sont emparés vendredi des édifices, des munitions et de l’équipement militaire de la gigantesque base aérienne de Taftanaz dans la province d’Idlib, dans le nord du pays.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

La base de Taftanaz est la principale à être utilisée dans cette région par les hélicoptères qui bombardent les positions rebelles et ravitaillent l’armée.

Un militant installé à Idlib, Mohammad Kanaan, a expliqué que les insurgés se sont emparés de la base vendredi matin après plusieurs jours de combats acharnés. L’Observatoire syrien des droits de la personne précise qu’il s’agit de la première base aérienne d’envergure à tomber entre les mains des rebelles. Les insurgés ont mis la main sur des hélicoptères, des blindés et des lance-roquettes multiples.

La chute de la base de Taftanaz n’élimine toutefois pas la menace aérienne qui pèse sur les rebelles, puisque les hélicoptères peuvent décoller d’autres bases plus petites et que les avions de chasse du régime utilisent des bases aériennes plus loin vers le sud. Sa capture est toutefois gênante pour le régime, dont l’emprise sur le nord du pays semble de plus en plus fragile.

Des images tournées par les militants à l’intérieur de la base et mises en ligne montrent des hélicoptères, certains endommagés mais d’autres apparemment intacts. Les images montrent aussi les rebelles retirant les munitions d’une mitrailleuse lourde et les chargeant à bord d’un camion.

On ne sait toutefois pas si les insurgés seront en mesure d’utiliser les hélicoptères capturés. L’Observatoire syrien affirme que 20 appareils ont été saisis mais qu’aucun n’est en état de voler.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

L’attaque des rebelles aurait fait au moins 10 morts parmi les soldats, selon d’autres images mises en ligne. On ne rapporte aucune victime du côté de l’insurrection.

Par ailleurs, l’émissaire international Lakhdar Brahimi rencontrait vendredi des diplomates américains et russes pour tenter de trouver une issue au conflit syrien.

M. Brahimi s’est présenté vendredi au siège des Nations Unies en Europe, à Genève, sans s’adresser aux journalistes. C’est la deuxième fois en quelques semaines qu’il rencontre le ministre russe adjoint des Affaires étrangères Mikhail Bogdanov et le secrétaire d’État adjoint des États-Unis William Burns.

* * *
À lire aussi: d’autres reportages et éditoriaux sur la guerre civile en Syrie.

Partagez
Tweetez
Envoyez
l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur