Syrie: les combats font rage à Damas

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à 18h39 HNE, le 9 février 2013.

BEYROUTH – Les troupes syriennes, appuyées par des avions de combat, ont affronté les rebelles pour le contrôle d’une route clé à Damas samedi, un jour après que les forces d’opposition eurent bloqué l’artère stratégique.

Cette offensive s’inscrit dans le cadre d’un plan des insurgés qui vise à jeter les bases d’une éventuelle attaque sur la capitale, qui est fortement défendue.

Les rebelles ont mené une série d’attaques à Damas depuis mercredi, puis ils se sont approchés à moins de deux kilomètres du cœur de la capitale, vendredi. Ils ont conquis plusieurs postes de contrôle de l’armée et réussi à fermer une importante route, toujours dans le but de prendre le contrôle de Damas, le siège du pouvoir du président Bachar el-Assad.

Ces combats sont les plus intenses à avoir frappé Damas depuis juillet, lorsqu’une attaque des rebelles leur avait permis de s’emparer de certains quartiers, avant que le gouvernement ne se lance dans une contre-offensive. Après cette incursion des insurgés, le régime avait rapidement réaffirmé son emprise sur la ville.

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Les rebelles et le gouvernement considèrent la lutte pour Damas comme étant la phase finale de cette guerre civile qui a déjà tué plus de 60 000 personnes.

Damas est grandement fortifiée et parsemée de points de contrôle détenus par l’armé du président. La capitale est aussi entourée par trois des divisions les plus fidèles au régime, dont la Garde républicaine et la redoutée 4e Division, commandée par le frère de Bachar el-Assad, Maher.

La dernière offensive qui s’est déroulée à Damas n’a pas semblé être une action concertée du côté des rebelles. Il est difficile de savoir si les combattants de l’opposition parviendront à conserver leurs acquis.

Vendredi, les insurgés ont érigé un mur de pneus enflammés sur une autoroute qui permet de sortir de la ville.

Un représentant des rebelles a expliqué qu’ils cherchent à paver la voie à un éventuel assaut contre la ville. Les insurgés auraient réussi à s’emparer d’un point de contrôle et ils se seraient approchés à seulement 500 mètres de la place Abbasid.

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Des images mises en ligne montrent des pneus enflammés alignés sur l’autoroute, bloquant toute circulation automobile. De la fumée s’élève de plusieurs quartiers.

Minibus piégé

Par ailleurs, un attentat à la voiture piégée commis plus tôt cette semaine dans le centre de la Syrie aurait fait 54 morts, affirme des militants antigouvernementaux.

L’Observatoire syrien des droits de la personne explique que l’explosion s’est produite mercredi dans le village de al-Buraq, près de la ville de Hama. Ce secteur est contrôlé par le gouvernement, ce qui expliquerait pourquoi l’information émerge aussi lentement.

Un minibus bourré d’explosif aurait explosé près d’un arrêt de bus où les employés d’une usine militaire attendaient pour rentrer chez eux après leur quart de travail. On compterait /11 femmes parmi les victimes.

Le directeur de l’Observatoire, Rami Abdoul-Rahman, a indiqué que cette usine fabrique des biens militaires, mais non des armes. Toutes les victimes seraient des employés civils du ministère de la Défense.

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L’attentat n’a pas été revendiqué, mais l’agence syrienne officielle a blâmé des terroristes pour l’attentat. Les médias syriens qualifient de terroristes les insurgés qui tentent de renverser le régime de Bachar el-Assad.

Combats féroces

Jeudi, des insurgés syriens et des soldats gouvernementaux s’étaient encore affrontés à Damas, au lendemain de ce que les militants ont décrit comme ayant été les combats les plus féroces à survenir dans la capitale depuis plusieurs mois.

Les violences se rapprochent lentement du coeur de la ville mais demeurent concentrés dans des quartiers comme Qaboun, Jobar et Zamalka, dans le nord-est, et dans le camp de réfugiés de Yarmouk dans le sud, selon l’Observatoire syrien des droits de la personne et les Comités de coordination locale.

L’Observatoire affirme qu’au moins cinq personnes, dont trois femmes, ont été tuées à Yarmouk pendant la nuit.

Les rebelles et les soldats se disputent notamment le contrôle d’une autoroute qui relie Damas à Homs, la troisième ville en importance au pays.

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Prisonnières politiques

Par ailleurs, le chef de l’opposition syrienne a réclamé la libération de toutes les prisonnières politiques détenues par le régime, faute de quoi il retirera son offre de discuter avec le gouvernement.

Le leader de l’Alliance nationale syrienne, Mouaz al-Khatib, a précisé que les femmes devront avoir été libérées d’ici dimanche. Il a fait cette déclaration lors d’une conversation, mercredi, avec le service de langue arabe de la BBC britannique.

M. Al-Khatib estime que la libération des prisonnières devrait marquer le début de la libération de tous les prisonniers politiques en Syrie. Il estime que le régime Assad a fait plus de 160 000 prisonniers depuis le début du soulèvement, mais on ne sait pas combien d’entre eux sont des femmes.

Le gouvernement a fait fi de l’offre de pourparlers de M. Al-Khatib. Damas affirme qu’aucune précondition ne doit être imposée à l’ouverture de négociations.

La proposition de M. Al-Khatib, la semaine dernière, a suscité la colère de certains membres de l’opposition, qui sont d’avis que le régime a fait trop de victimes pour pouvoir participer à la résolution du conflit.

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Bastions de l’opposition

La plupart des combats de mercredi se concentraient dans le quartier Jobar, dans le nord-est de la capitale, traversé par la route périphérique qui entoure Damas. Les rebelles, qui contrôlent le secteur à l’est de la route, ont lancé des attaques contre des postes de contrôle de l’armée à l’ouest pour tenter de prendre le contrôle de l’artère, l’une des plus importantes de la capitale.

Le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, Rami Abdul-Rahman, a expliqué que les tirs d’artillerie sur les quartiers Jobar et Qaboun s’inscrivait dans une offensive plus large du gouvernement contre les localités de la périphérie de la capitale qui sont des bastions de l’opposition depuis le début du soulèvement contre le président Bachar el-Assad, en mars 2011.

Un responsable gouvernemental a indiqué que l’armée pourchassait les rebelles dans les banlieues de Harasta, Sbeineh et Jober. Ce responsable a réclamé l’anonymat parce qu’il n’était pas autorisé à s’adresser aux journalistes.

Voitures piégées

L’Observatoire a également rapporté deux attentats à la voiture piégée à Palmyre, une ville ancienne du centre de la Syrie. L’un des attentats visait la branche locale de l’agence syrienne de renseignement militaire et a tué au moins 19 membres de la sécurité, en plus de faire un nombre indéterminé de blessés.

Un autre attentat à la voiture piégée, apparemment coordonné avec le premier, a visé un autre bâtiment de la sécurité dans la même ville. Huit civils ont été blessés dans les tirs et les explosions qui ont suivi les deux attaques, selon l’Observatoire.

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L’agence de presse officielle syrienne a rapporté l’attaque, mais a affirmé que deux kamikazes avaient déclenché leur charge explosive près d’un garage, faisant un nombre non précisé de morts et de blessés.

Les attentats n’ont pas été revendiqués.

Frontière avec la Jordanie

En début de semaine, des combats féroces auraient éclaté près de la frontière entre la Jordanie et la Syrie, faisant au moins 17 blessés parmi les civils.

Les rebelles et des responsables de la sécurité jordaniennes ont indiqué que les affrontements sont survenus près d’installations du gouvernement syrien et près de postes frontaliers. Deux Jordaniens et 15 Syriens qui tentaient d’échapper à la guerre civile ont été blessés.

C’est la première fois que les insurgés tentent de s’emparer de postes frontaliers et d’installations le long de la frontière méridionale de la Syrie.

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4 millions ont besoin d’aide d’urgence

Par ailleurs, l’ONU a prévenu mardi que la situation humanitaire en Syrie atteint maintenant des proportions catastrophiques, et que 2,5 millions de personnes manquent de nourriture.

Le porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, Jens Laerke, a ajouté que quelque 4 millions de personnes ont besoin d’une aide d’urgence, tandis que deux millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays.

De son côté, le Programme alimentaire mondial, une autre agence onusienne, a prévenu que 2,5 millions de personnes manquent de vivres en Syrie. La porte-parole Elisabeth Byrs a précisé que l’agence prévoit nourrir 1,75 million de personnes ce mois-ci, puis 2 millions en mars et 2,5 millions en avril.

De plus, la représentante de l’Organisation mondiale de la santé en Syrie, Elizabeth Hoff, a expliqué aux journalistes depuis sa chambre d’hôtel de Damas que de la fumée noire s’élève des quatre coins de la ville et qu’il est presque impossible de rejoindre les régions plus rurales.

Le ministre syrien de la Santé a dit à Mme Hoff que l’hôpital national de la province de Homs, dans le centre du pays, a été détruit au cours des derniers jours et que 78 pour cent des ambulances du pays ont été endommagées.

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Dialogue?

Enfin, un parlementaire de premier plan a rejeté mardi toute précondition à l’ouverture d’un dialogue entre les rebelles et le régime de Bachar el-Assad. La veille, un des leaders de l’opposition syrienne, Mouaz al-Khatib, avait suggéré que le président Assad commence par libérer des dizaines de milliers de prisonniers politiques qui seraient entre les mains du gouvernement.

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