Syrie: l’électricité revient à Damas

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à 09h47 HNE, le 17 février 2013.

AMMAN, Jordanie – L’électricité a été rétablie dans la majorité des quartiers de la capitale syrienne, Damas, et elle le sera graduellement dans le sud du pays, a annoncé dimanche un responsable gouvernemental, alors que les combats faisaient toujours rage dans au moins trois provinces entre les rebelles et les troupes fidèles au président Bachar al-Assad.

Les quelque 2,5 millions d’habitants de Damas commencent à avoir l’habitude d’être privés de courant. Les infrastructures du pays ont été lourdement endommagées en raison des violences qui éclatent quasi quotidiennement depuis le début du soulèvement populaire contre le régime de Bachar al-Assad.

La panne de courant a plongé les résidents de Damas dans le noir samedi, en plus d’affecter de nombreux habitants dans le sud de la Syrie, principalement dans les provinces de Daraa et de Sweida, le long de la frontière avec la Jordanie.

Le ministre de l’Électricité, Imad Khamis, a déclaré à l’agence de presse officielle SANA que les équipes techniques travaillaient jour et nuit afin de rebrancher les abonnés privés d’électricité. Selon lui, la gigantesque panne a été causée par un défaut — non précisé — des lignes à haute tension.

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Une panne de courant similaire avait touché les mêmes secteurs le 20 janvier. Le gouvernement avait pointé du doigt les groupes rebelles.

Pendant ce temps, dimanche, des combats opposant les troupes loyales au président et les insurgés ont fait six morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Des affrontements ont éclaté en périphérie de la capitale, dans la province de Hama et dans la ville de Daraa.

Un champ de pétrole

Jeudi, les rebelles syriens ont capturé la quasi-totalité d’un champ de pétrole dans le nord-est du pays, après s’être emparés plus tôt cette semaine du plus grand barrage hydroélectrique de Syrie et des installations qui protègent un grand aéroport.

Les insurgés ont aussi pris la ville de Shadadah, près du champ pétrolier de Jbeysa, dans la province de Hasaka, selon l’Observatoire syrien des droits de la personne.

Le champ pétrolier se trouve dans une région riche en hydrocarbures, le long de la frontière avec l’Irak. Les rebelles contrôleraient 70 pour cent des installations mais des combats sporadiques auraient toujours lieu.

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Les rebelles disputaient aussi jeudi, pour une troisième journée consécutive, le contrôle de l’aéroport d’Alep aux soldats gouvernementaux. La veille, les insurgés avaient réussi à pénétrer les défenses érigées par le régime Assad autour de l’aéroport, sans toutefois parvenir à prendre l’aéroport lui-même.

Le régime Assad a lancé de nombreuses frappes aériennes et d’artillerie contre les positions des rebelles autour de l’aéroport.

La Russie avec Assad

Par ailleurs, la Russie a l’intention de continuer à approvisionner le régime de Bachar el-Assad en armes, en dépit de l’intensification de la guerre civile qui déchire la Syrie, a dit le directeur de l’agence gouvernementale russe responsable des exportations d’armes, Rosoboronexport.

Anatoli Isaikin a expliqué que la Russie n’a aucune raison de cesser de vendres des armes au régime Assad, puisque ce commerce n’est pas interdit par les Nations unies. Il a ensuite ajouté que la Russie ne vend à la Syrie que des armes défensives.

M. Isaikin a précisé que son entreprise n’a pas encore livré à la Syrie les avions de combat Yak-130 qui ont été achetés, sans toutefois préciser pourquoi. Ces appareils de formation peuvent aussi être utilisés pour des attaques au sol.

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Les médias russes ajoutent que Rosoboronexport a aussi vendu à la Syrie les systèmes de défense antiaériens Pantsyr-1 et Buk-M2, et le système antinavire Bastion. Ce dernier est équipé de missiles supersoniques ayant une portée de 300 kilomètres.

Au Liban, l’agence de presse officielle révèle que des manifestants ont bloqué deux routes du nord du pays pour empêcher des camions-citernes chargés de carburant de se rendre en Syrie. Les manifestants affirment que du diésel exporté vers la Syrie est utilisé par les blindés du régime.

Sites archéologiques pillés

Enfin, le responsable syrien des antiquités a demandé l’aide des Nations unies, mercredi, pour mettre fin au trafic qui a pris naissance depuis le début de la guerre civile il y a 2 ans. Maamoun Abdulkarim a prévenu que des malfaiteurs profitent de la situation pour piller des sites archéologiques et même des musées. Une statue araméenne datant du 8e siècle s’est ainsi volatilisée et est maintenant affichée sur le site web de l’agence Interpol.

Plusieurs sites historiques, dont certains sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, ont aussi été endommagés par les combats.

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