Syrie: le régime et les rebelles s’accusent d’avoir utilisé des armes chimiques

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à 16h45 HAE, le 19 mars 2013.

DAMAS, Syrie – Le gouvernement syrien a accusé les rebelles, mardi, d’avoir utilisé une arme chimique pour la première fois depuis le début du conflit, il y a deux ans, affirmant que c’est là le premier geste posé par le gouvernement intérimaire nouvellement formé.

Les insurgés ont rapidement nié cette information et eux-mêmes accusé le régime d’avoir utilisé cette arme chimique.

Pour sa part, le gouvernement américain a précisé que rien ne permettait de croire à l’utilisation d’une arme chimique par une des deux parties. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a affirmé que Washington souhaitait vérifier les allégations des deux camps.

Le régime de Bachar al-Assad a affirmé que 25 personnes avaient été tuées lors de l’attaque. Cette allégation est soutenue par Moscou, allié du régime.

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Les accusations des deux parties ne peuvent être vérifiées de façon indépendante puisque l’accès aux journalistes est extrêmement restreint, tout particulièrement dans les secteurs sous contrôle gouvernemental qui sont, à toutes fins pratiques, inaccessibles aux observateurs indépendants et aux journalistes étrangers.

Depuis le début des combats, l’une des principales craintes de la communauté internationale est que le vaste arsenal d’armes chimiques syrien soit utilisé par l’un des deux camps ou qu’il tombe entre les mains de la frange jihadiste des insurgés ou dans celles du groupe militant libanais Hezbollah, allié du régime.

L’attaque se serait produite dans un village du nord du pays, non loin de la ville d’Alep. Ce secteur a été le théâtre de combats féroces pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce que les rebelles s’emparent d’un vaste complexe gouvernemental le mois dernier. Le complexe inclut notamment une académie de police que le régime Assad avait transformée en base militaire d’où pilonner les villages avoisinants.

Un militant installé à Alep a confirmé, sous le couvert de l’anonymat, qu’une attaque chimique s’était produite à Khan al-Assal. Il a accusé les forces gouvernementales, expliquant que les insurgés n’auraient aucun intérêt à attaquer un secteur qu’ils contrôlent.

Par ailleurs, la coalition syrienne d’opposition a élu, tôt mardi, un technocrate et militant islamique peu connu pour diriger le gouvernement intérimaire qui tentera d’administrer les secteurs de la Syrie capturés par l’insurrection.

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Ghassan Hitto a reçu 35 des 48 votes exprimés par les 63 membres actifs de la Coalition nationale syrienne à l’occasion d’une rencontre à Istanbul, en Turquie.

M. Hitto, un gestionnaire de la technologie de l’information, vit aux États-Unis depuis des décennies. Il est récemment déménagé du Texas vers la Turquie pour aider à coordonner l’aide acheminée aux régions capturées par les rebelles.

Les membres de la coalition espèrent que le nouveau gouvernement réussira à unir les rebelles qui combattent le régime Assad sur le terrain et à offrir des services aux Syriens qui habitent les secteurs tombés entre les mains de l’insurrection. De nombreux Syriens touchés par la guerre civile doivent composer avec des pénuries de nourriture, des pannes d’électricité et un manque de soins médicaux.

Mais de nombreux défis attendent le gouvernement, qui devra tout d’abord obtenir l’allégeance des factions rebelles sur le terrain. De nombreuses régions sont maintenant gouvernées par une mosaïque de groupes rebelles et de conseils locaux qui cherchent à combler le retrait du gouvernement central en organisant des patrouilles, en rouvrant les boulangeries et en gérant les tribunaux et les prisons. On ne sait pas si ces groupes accepteront de se soumettre à l’autorité d’une entité extérieure, surtout si elle est dirigée par un inconnu qui a passé des décennies à l’étranger.

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