Syrie: le premier ministre échappe à un attentat

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29 avril 2013, 6h13

DAMAS _ Le premier ministre syrien a échappé à la mort, lundi à Damas, quand une bombe a explosé près de son cortège, selon ce que rapportent les médias officiels.

Il s’agit de la plus récente tentative d’assassinat lancée contre un dirigeant du régime de Bachar el-Assad.

Le premier ministre Wael al-Halqi n’a pas été blessé. L’attentat est survenu dans le quartier de Mazzeh, dans l’ouest de la ville. La télévision syrienne a diffusé des images de voitures lourdement endommagées et de débris, pendant que les pompiers tentaient de maîtriser l’incendie provoqué par l’explosion.

Ce quartier huppé accueille de nombreuses ambassades et résidences officielles. L’attaque illustre une fois de plus la vulnérabilité du régime Assad au coeur même du siège de son pouvoir.

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Un responsable syrien a expliqué à l’Associated Press, sous le couvert de l’anonymat, qu’une mine artisanale placée sous une voiture a explosé au moment du passage du véhicule de M. al-Halqi.

La télévision syrienne a ensuite montré M. al-Halqi vaquant à ses occupations habituelles, pour prouver qu’il n’a pas été blesssé lors de l’attentat. Des doutes subsistent toutefois quant à savoir si ces images avaient été filmées avant ou après l’attaque.

L’Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, affirme que l’attentat a coûté la vie au garde du corps de M. al-Halqi et que son chauffeur a été grièvement blessé.

L’attentat est survenu à moins de 100 mètres de la résidence de l’ambassadeur suisse. Mazzeh accueille aussi une importante base militaire.

Armes chimiques

Par ailleuirs, les services américains du renseignement ont conclu avec « divers degrés de certitude » que le gouvernement syrien a utilisé à deux reprises des armes chimiques dans son combat contre les rebelles, ont affirmé jeudi la Maison-Blanche et des hauts responsables de l’administration Obama.

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Les autorités ont néanmoins précisé que des preuves supplémentaires étaient requises avant d’en venir à une conclusion définitive et ont signalé que le gouvernement américain n’était pas prêt s’impliquer davantage en Syrie _ et ce, même si le président Obama a déjà affirmé que pour Washington, le recours à ce type d’arme constituait une ligne rouge à ne pas franchir (« red line »).

« La communauté du renseignement reconnaît, avec divers degrés de certitude, que le régime syrien a utilisé des armes chimiques à petite échelle en Syrie, en particulier le gaz sarin », a écrit la Maison-Blanche dans ses missives signées par Miguel Rodriguez, directeur législatif de Barack Obama.

Peu après que ces lettres eurent été rendues publiques, le secrétaire d’État John Kerry a été encore plus précis dans ses affirmations, soutenant que Damas avait mené deux attaques à l’arme chimique.

Le sarin est un agent chimique inodore qui peut être utilisé sous forme liquide, solide ou gazeuse. Il est toxique lorsqu’inhalé, absorbé par la peau ou les yeux ou ingéré. La secte Aum Shinrikyo avait utilisé le sarin dans les attaques du métro de Tokyo, lesquelles avaient fait 12 victimes en plus d’affecter des milliers de personnes en 1995.

La Maison-Blanche a fait état de ces nouveaux développements par écrit à deux sénateurs, et le secrétaire à la Défense des États-Unis, Chuck Hagel, a évoqué la question devant les journalistes lors d’un passage à Abou Dhabi.

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Les lettres ont transmises aux sénateurs Carl Levin et John McCain. Selon ce dernier, il est « évident » que la ligne rouge a été franchie.

« Maintenant, j’espère que l’administration prendra en considération ce que nous recommandons depuis maintenant plus de deux ans d’effusion de sang et de massacres, soit de mettre en place des conditions permettant à l’opposition d’opérer, d’établir une zone d’exclusion aérienne et de fournir des armes aux membres de la résistance en qui nous avons confiance », a plaidé l’ancien candidat républicain à la présidence.

La guerre civile qui fait rage depuis plus de deux ans en Syrie aurait fait plus de 70 000 victimes, selon certaines estimations. En plus des membres du Congrès, Hillary Clinton et Leon Panetta, anciens secrétaires d’État et à la Défense, ont exhorté l’administration Obama a s’impliquer davantage dans le conflit syrien.

Les législateurs démocrates et républicains semblent être à court de patience. Lorsqu’on a demandé au sénateur de l’Illinois Dick Durbin quels gestes devraient être posés maintenant que la Syrie a franchi la « ligne rouge » tracée par Washington, il a répondu: « Ça revient au commandant en chef (Barack Obama), mais quelque chose doit être fait ».

Même son de cloche du côté des représentants de l’opposition syrienne. Selon Ahmad Ramadan, membre de l’exécutif de la Coalition nationale syrienne (CNS), les trouvailles de Washington représentent une « étape importante ».

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L’étape suivante, plaide-t-il, devrait être l’adoption de mesures par le Conseil de sécurité des Nations unies. À l’autre bout du fil, depuis Istanbul, M. Ramadan a affirmé que les États-Unis avaient l' »obligation morale » d’empêcher le président Bachar al-Assad d’avoir de nouveau recours à des armes chimiques.

La Maison-Blanche a soutenu que les expertises des services de renseignement avaient été élaborées partiellement grâce à des « échantillons physiologiques ». Les responsables n’ont pas précisé quelles informations manquent afin de conclure avec certitude que les troupes loyales au président Bachar al-Assad ont utilisé des armes chimiques.

Attaques au mortier

Mercredi, deux obus de mortier ont fait des ravages dans une banlieue de Damas, tuant au moins sept personnes et en blessant des dizaines d’autres, ont indiqué des médias publics syriens et des militants.

Les banlieues entourant la capitale syrienne ont été les bastions de l’opposition pendant la majorité du conflit, qui perdure depuis deux ans. Les rebelles, qui se battent pour renverser le régime du président Bachar el-Assad, ont mis en place des enclaves dans le secteur, d’où ils tirent des obus de mortier sur la capitale et sèment la peur parmi les résidants.

Les combattants de l’opposition espèrent étendre leur emprise et éventuellement s’introduire dans la capitale, Damas, depuis la banlieue.

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L’Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, a indiqué que les obus sont tombés à proximité d’un bâtiment municipal et d’une école de Jaramana, mercredi. L’Observatoire, qui s’appuie sur les rapports d’un réseau de militants sur le terrain, a pour sa part indiqué que dix personnes ont été tuées et que 30 ont été blessées dans les attaques.

Ailleurs, les responsables de l’église syrienne ont déclaré, mercredi, que le sort réservé à deux évêques enlevés dans le nord du pays demeurait inconnu. La veille, les responsables avaient soutenu que les deux religieux avaient été libérés.

Monseigneur Tony Yazigi, de l’Église grecque orthodoxe basée à Damas, a déclaré mardi que les évêques, qui travaillaient tous deux dans la ville septentrionale d’Alep, avaient été libérés.

Plus tard mardi, le chef religieux a déclaré dans un communiqué publié sur son site Web qu’il n’avait reçu « aucun document officiel indiquant que les évêques étaient libres ».

Aussi, le minaret d’une célèbre mosquée sunnite érigée au 12e siècle dans la ville d’Alep a été détruit mercredi, laissant un tas de gravats et de débris de métal dans la cour où se trouvait la tour.

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Le régime de Bachar el-Assad et les militants anti-gouvernementaux se sont pointés du doigt pour cette attaque contre la Grande Mosquée d’Alep, située dans le coeur de la vieille ville, un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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À lire aussi: d’autres reportages et éditoriaux sur la guerre civile en Syrie.

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