Syrie: le gouvernement, pas les rebelles, auraient utilisé du gaz sarin

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à 16h10 HAE, le 6 mai 2013.

WASHINGTON – La Maison-Blanche a affirmé lundi que le régime du président syrien Bachar el-Assad, et non les rebelles qui tentent de le chasser du pouvoir, aurait utilisé du gaz sarin lors d’affrontements, contredisant ainsi une responsable de l’ONU qui avait laissé entendre dimanche que les rebelles avait utilisé des armes chimiques.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a indiqué qu’il y avait des preuves que des armes chimiques auraient été utilisées, mais que les États-Unis étaient très sceptiques des déclarations alléguant que les rebelles s’en seraient servi.

L’ancienne procureure en chef de la Cour pénale internationale Carla del Ponte a indiqué à un média suisse, dans une entrevue diffusée dimanche soir, qu’il y avait des indications selon lesquelles les insurgés avaient recours au sarin, un agent neurotoxique, selon l’ONU.

Mme del Ponte est une des quatre membres de la commission onusienne indépendante qui examine les crimes de guerre et autres infractions qui auraient été commis en Syrie.

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Elle affirme que sa commission dispose de preuves solides, mais non encore irréfutables, que du gaz sarin a été utilisé par les rebelles. Elle ne détient toutefois aucune preuve d’un recours au sarin par les forces gouvernementales.

Mme del Ponte a expliqué à la chaîne SRI que ces conclusions découlent d’entrevues avec des victimes, des médecins et les employés d’hôpitaux de campagne dans les pays voisins.

La commission dont elle fait partie a toutefois modéré ses propos lundi, faisant valoir dans un communiqué qu’«elle voulait clarifier qu’elle n’était pas arrivée à des résultats concluants sur l’utilisation d’armes chimiques par aucune des parties du conflit».

Par ailleurs, des rebelles syriens ont abattu un hélicoptère gouvernemental dans l’est du pays, tuant les huit personnes qui se trouvaient à bord. Les insurgés s’étaient emparés, la veille, d’une vaste base militaire dans le nord de la Syrie.

L’hélicoptère aurait été abattu dimanche soir dans la province orientale de Deir el-Zour, selon des images mises en ligne par l’Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres.

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Lundi, les avions de chasse du régime pilonnaient les rebelles pour tenter de les chasser de la base militaire de Mannagh. La veille, les rebelles s’étaient emparés d’une unité de blindés à l’intérieur de la base, en plus de tuer le commandant des installations.

Massacre?

Des informations circulaient la semaine dernière à l’effet que le régime syrien de Bachar el-Assad aurait perpétré un massacre qui aurait coûté la vie à une cinquantaine de personnes jeudi dernier.

L’Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, affirme que les résidants du village sunnite de Baïda ont été attaqués avec des armes à feu, des couteaux et des objets contondants.

Les rebelles qui tentent de renverser le gouvernement syrien sont essentiellement sunnites. Le village se trouve toutefois dans le coeur alaouite du pays, la secte musulmane dont est issu le président Assad et qui forme la colonne vertébrale du régime.

Des images mises en ligne montrent les corps ensanglantés de sept hommes et garçons allongés dans la rue devant une maison, pendant que des femmes pleurent autour d’eux.

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Des combats ont éclaté à Baïda tôt jeudi. Puis, en après-midi, des soldats syriens appuyés par des hommes armés provenant des villages alaouites voisins sont arrivés dans le village, selon l’observatoire. Des maisons ont été incendiées et des résidants ont été attaqués dans les rues, faisant au moins 50 morts.

Des dizaines de villageois manquent toujours à l’appel et le bilan pourrait dépasser les 100 victimes.

L’armée syrienne continuait à fouiller le village, vendredi. La télévision syrienne a simplement évoqué une perquisition menée par des soldats pendant laquelle des terroristes ont été tués et des armes saisies.

L’armée entre à Homs

Par ailleurs, apppuyée par des avions de chasse, l’armée syrienne a pénétré jeudi dans le coeur de la ville centrale de Homs pour tenter de chasser les rebelles du troisième centre urbain en importance du pays.

L’artillerie a pilonné les secteurs contrôlés par les insurgés, et le régime a lancé au moins une frappe aérienne.

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L’Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, affirme que la violence a fait sept morts, dont quatre enfants.

À Alep, dans le nord du pays, les rebelles ont réussi à prendre le contrôle du quartier général des forces antiterroristes de Bachar el-Assad. Cet édifice se trouve à proximité d’une prison où seraient incarcérés plusieurs opposants au régime et leurs proches. Les rebelles tentent depuis plusieurs semaines de capturer cette prison pour libérer les détenus.

Les militants rapportent également des affrontements féroces près de l’aéroport d’Alep.

L’observatoire affirme que des avions ont aussi attaqué la ville de Raqqa, faisant huit morts jeudi. Cette ville était devenue, en mars, la première à tomber entièrement entre les mains des rebelles.

Des secteurs de la capitale, Damas, et de la ville de Daraa, dans le sud du pays, ont également été la cible de frappes aériennes jeudi. Une attaque au mortier aurait aussi fait trois blessés à Damas.

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Enfin, des violences ont éclaté le long de la frontière entre la Turquie et la Syrie quand des Syriens ont ouvert le feu après qu’on leur ait refusé l’accès au territoire turc. Sept personnes, dont trois policiers turcs et deux soldats, ont été blessés.

Bombe à Damas

Mardi, la capitale syrienne a été frappée en plein coeur pour la deuxième journée consécutive, lorsqu’une puissante bombe a explosé dans un quartier commercial, faisant au moins 14 morts et 103 blessés.

Lundi, le premier ministre de la Syrie avait échappé de justesse à une tentative d’assassinat à Damas après qu’une voiture piégée eut explosé près de son convoi, à quelques kilomètres du lieu où la déflagration de mardi s’est produite.

Ces deux attentats semblent faire partie des efforts renouvelés des forces de l’opposition pour s’emparer de la capitale, qui demeure sous le contrôle des troupes du régime du président Bachar el-Assad.

L’explosion de mardi est survenue dans le quartier de Marjeh, près de la vieille ville de Damas, a annoncé la télévision d’État syrienne. Cette dernière a affirmé qu’il s’agissait d’une attaque menée par des terroristes, le terme utilisé par le gouvernement pour décrire les rebelles qui tentent de le renverser.

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Selon l’agence de presse officielle de la Syrie, au moins 14 personnes ont été tuées et 103 autres blessées.

La cible visée par l’attentat de mardi n’a pas été clairement déterminée, même si la déflagration s’est produite près de l’ancien édifice du ministère de l’Intérieur.

Des ambulances ont été envoyées sur les lieux et la télévision syrienne a diffusé des images montrant des pompiers en train d’éteindre un incendie impliquant plusieurs véhicules et bâtiments.

Inspectant l’endroit où l’explosion a eu lieu, le ministre syrien de l’Intérieur, Mohammed al-Shaar, qui a lui-même survécu à un attentat à la bombe en décembre, a déclaré que les attaques de lundi et mardi dans la capitale étaient la réponse des combattants de l’opposition aux gains récemment réalisés par l’armée syrienne sur le terrain.

Au cours des dernières semaines, les forces gouvernementales ont reconquis deux banlieues de Damas et une ville à l’extérieur de la capitale qui étaient détenues par les rebelles.

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Elles ont aussi mis la main sur plusieurs villages le long de la frontière de la Syrie avec le Liban dans le cadre de leur campagne pour prendre le contrôle du corridor stratégique qui relie Damas à la côte méditerranéenne.

Le conflit syrien s’est amorcé en mars 2011 avec un soulèvement populaire relativement pacifique contre le gouvernement de Bachar el-Assad mais s’est depuis transformé en une guerre civile qui a fait plus de 70 000 morts selon les Nations Unies.

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