Syrie: intense bombardement d’un quartier d’Alep

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à 18h35 HAE, le 31 mars 2013.

BEYROUTH – Le bombardement intense d’un quartier de la ville syrienne d’Alep, dans le nord de la Syrie, a fait fuir les citoyens, dimanche, alors que l’agence de presse gouvernementale SANA a accusé les rebelles tentant de renverser le président Bachar el-Assad d’avoir mis le feu à trois puits de pétrole.

La guerre civile déchirant la Syrie a fortement endommagé l’infrastructure nationale et déchiré le tissu social. Après plus de deux ans de conflit, ni le régime présidentiel, ni les rebelles ne semblent s’approcher d’une victoire.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, sis en Grande-Bretagne, les civils évacuaient le quartier de Sheikh Maqsoud, à Alep, qui est l’objet d’un bombardement de la part des forces gouvernementales. Les rebelles ont pris le contrôle de sections du quartier, vers la fin de la semaine dernière, et se heurtaient toujours aux troupes du régime qui tentent de les en expulser.

Aux dires de l’Observatoire, quatre personnes, dont deux enfants, ont été tués par des obus.

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Quartier stratégique

Les rebelles syriens étaient entrés samedi dans un quartier stratégique de la ville d’Alep après des jours de violents combats. Ils ont pris le contrôle d’au moins une partie de ce secteur situé en haut d’une colline et tué un prêtre pro-gouvernement, ont précisé des militants et les médias d’État.

Des informations contradictoires circulaient quant à l’ampleur de la percée rebelle dans le quartier de Cheikh Maksoud. Ces gains sont toutefois les plus marquants à survenir sur les lignes de front dans cette ville ravagée par les combats depuis des mois.

Alep, la plus grande ville du pays et un ancien carrefour commercial, est un champ de bataille clé de la guerre civile qui fait rage au pays.

Des militants ont prédit que les forces du régime lanceraient des contre-attaques pour tenter de reprendre le contrôle de cette zone. Car si les rebelles conservent le quartier, il sera facile pour eux de frapper les zones contrôlées par le régime avec des obus de mortier.

Un centre médiatique de l’opposition rapporte que les chars du régime, stationnés près du quartier pris par les rebelles, bombardaient la zone contestée.

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Puits de pétrole incendiés

Dans l’est du pays, l’agence SANA affirme que des rebelles ont mis le feu à trois puits de pétrole dans la province de Deir al-Zour, provoquant des pertes totales de 4670 barils de pétrole et 52 mètres cubes de gaz naturel par jour.

Elle a accusé les «terroristes», le terme employé par le régime syrien pour désigner les insurgés, d’avoir incendié les puits parce qu’ils n’arrivaient pas à s’entendre sur le partage du pétrole.

Les rebelles ont conquis beaucoup de territoires dans l’est de la Syrie, dont de nombreux champs pétrolifères. Même si les insurgés ne sont pas en mesure d’exploiter les puits de pétrole, leur perte représente un coup dur pour le gouvernement Assad, qui est aux prises avec des difficultés financières.

SANA a indiqué que les rebelles avaient mis le feu à neuf puits durant les derniers mois.

Dimanche, toujours, le gouvernement et les rebelles se sont mutuellement accusés d’avoir tué un groupe de personnes retrouvées mortes près de la frontière libanaise.

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Selon l’Observatoire, les corps de 11 personnes, dont huit femmes, ont été découverts près de la ville de Talkalakh, dans la province de Homs.

Le chef militaire de la coalition de l’opposition syrienne a par ailleurs annoncé son intention de visiter des pays arabes pour solliciter de l’aide militaire. Ce voyage fait suite à une déclaration de la Ligue arabe, la semaine dernière, selon laquelle ses membres avaient le «droit» d’aider l’opposition syrienne.

Attaque au mortier à l’université de Damas

Au moins 10 personnes ont été tuées et une vingtaine d’autres ont été blessées jeudi lorsque des mortiers sont tombés sur la cafétéria de l’université de Damas, selon ce que rapportent les médias et les dirigeants syriens.

La télévision publique affirme que 10 persones ont perdu la vie quand des mortiers ont frappé la faculté d’architecture, dans le quartier central de Baramkeh. Un responsable syrien a indiqué, sous le couvert de l’anonymat, que 20 personnes ont aussi été blessées.

Des images diffusées à la télévision montraient du mobilier de plastique renversé, des vitres fracassées et des livres éparpillés sur le sol. De nombreuses mares de sang étaient visibles pendant que des ambulanciers tentaient de ranimer une jeune femme.

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À un certain moment, l’agence de presse officielle SANA avait annoncé que 15 personnes avaient perdu la vie dans l’attaque, mais le bilan a été revu à la baisse quelques heures plus tard.

Personne n’a encore revendiqué l’attentat, mais celui-ci survient deux jours après qu’une attaque au mortier eut été lancée par les rebelles contre Damas, faisant trois morts et des dizaines de blessés.

L’attaque a été confirmée jeudi par l’Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, qui ajoute que plusieurs des blessés se trouvent dans un état grave.

L’observatoire rapporte aussi que les insurgés ont lancé une offensive dans la région de Dael, au sud de Damas. Les combats auraient fait trois victimes.

Le régime syrien nie formellement qu’un avion iranien qui livrait des armes au régime ait été touché au moment où il tentait de se poser à Damas, malgré ce que rapportent les réseaux Al-Jazira et Al-Arabiya.

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Émeute dans un camp de réfugiés

Par ailleurs, une émeute a éclaté dans un camp de réfugiés syriens en Jordanie, quand les réfugiés ont été informés qu’ils ne pouvaient pas rentrer chez eux.

Un représentant du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés en Jordanie, Ali Bibi, a dit ne pas savoir combien de réfugiés ont participé à l’émeute au camp de Zaatari, qui accueille un peu moins de 200 000 personnes.

L’émeute a éclaté quand certains réfugiés syriens ont tenté de monter à bord de bus pour rentrer chez eux.

M. Bibi a expliqué que les autorités jordaniennes ont empêcher les bus de prendre la direction de la frontière en raison des combats qui opposent toujours les rebelles syriens aux soldats de Bachar el-Assad dans le sud de la Syrie.

L’émeute ne semble pas avoir fait de blessés. Les autorités jordaniennes ont promis aux réfugiés d’organiser leur retour à un autre moment.

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L’opposition siège à la Ligue arabe

Mardi, des représentants de l’opposition syrienne ont pris le siège du pays pour la première fois à un sommet de la Ligue arabe, une victoire diplomatique importante toutefois entachée par les conflits internes existant au sein de l’alliance qui tente de renverser le président Bachar el-Assad.

La possibilité de pouvoir représenter la Syrie à la rencontre qui s’est amorcée mardi au Qatar, l’un des principaux alliés des rebelles syriens, montre l’isolement du régime Assad après deux ans d’une guerre civile qui a fait plus de 70 000 morts selon les Nations Unies.

À Damas, le gouvernement syrien a fustigé la Ligue arabe pour avoir pris cette décision, soutenant qu’elle avait renié son identité arabe pour plaire à Israël et aux États-Unis.

Le leader qatarien, qui préside le sommet, a pour sa part déclaré que l’opposition syrienne méritait cet honneur en raison de la légitimité qu’elle avait acquise chez elle, du vaste soutien dont elle bénéficiait à l’étranger ainsi que du rôle historique qu’elle jouait en dirigeant la révolution et en préparant le terrain pour la nouvelle Syrie.

Dans un autre geste de solidarité avec les forces rebelles, la Ligue arabe a également affirmé que chaque État avait le droit de fournir au peuple syrien et à l’Armée syrienne libre tous les moyens nécessaires pour se défendre, y compris des moyens militaires.

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Le secrétaire général de la Ligue, Nabil Elaraby, a expliqué aux reporters que cette déclaration ne visait pas à mettre fin aux efforts diplomatiques pour résoudre la crise, mais bien à rééquilibrer le rapport de force entre les troupes d’Assad, qui reçoivent de l’aide de la Russie et de la Chine, et celles de l’opposition.

Bombes et mortiers

Pendant ce temps, les combats continuaient à faire rage en Syrie mardi. Les rebelles ont pilonné Damas avec des obus de mortier, tuant au moins trois personnes et en blessant des dizaines d’autres dans le cadre de l’une de leurs attaques les plus soutenues contre le siège du pouvoir de Bachar el-Assad.

L’agence de presse officielle syrienne a également rapporté qu’une bombe dissimulée dans une voiture avait fait trois morts à Rukneddine, un quartier de la capitale où la majorité des habitants sont kurdes.

La délégation de l’opposition syrienne au sommet de la Ligue arabe est dirigée par Mouaz al-Khatib, l’ancien président de la Coalition nationale syrienne. Il est notamment accompagné de Ghassan Hitto, qui a récemment été élu premier ministre du gouvernement intérimaire qui administrera les territoires conquis par les rebelles.

M. Al-Khatib avait annoncé sa démission dimanche en raison des restrictions qui lui étaient imposées et le manque d’appui de la part de la communauté internationale. La Coalition a refusé de le laisser partir et l’ex-leader a indiqué qu’il réglerait la question après le sommet au Qatar.

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Par ailleurs, des activistes ont annoncé mardi que les forces du président Assad avaient repris le contrôle de Baba Amr, un quartier pauvre de la ville de Homs considéré comme un symbole du soulèvement contre le régime syrien.

Les États-Unis entraînent des rebelles

On a aussi appris que les États-Unis assuraient l’entraînement de combattants syriens laïcs en Jordanie, dans une tentative de renforcer les troupes affrontant le régime du président Bachar el-Assad et de contrer l’influence d’islamistes radicaux en Syrie.

Leur formation est en cours depuis plusieurs mois, ont indiqué sous le couvert de l’anonymat des responsables américains et étrangers. Le lieu exact du programme d’entraînement n’a pas été révélé, et la plupart des hommes sont des sunnites et des bédouins qui faisaient partie, auparavant de l’Armée syrienne libre, ont mentionné ces représentants.

Les forces ne sont pas intégrées à l’Armée syrienne libre, le groupe rebelle le plus important, car Washington, entre autres, craint que l’influence de milices extrémistes — dont certaines sont liées à al-Qaïda —, ne soit grandissante, ont poursuivi les représentants.

L’opération est menée par les services secrets américains et suit actuellement son cours, mais des sources à Washington ont précisé que les États-Unis n’avaient, jusqu’à maintenant, fourni aucune aide en armement. D’autres puissances, notamment la Grande-Bretagne et la France, sont impliquées dans ce programme, ont ajouté ces sources, mais on ignore encore pour l’instant si des gouvernements occidentaux fournissent du matériel ou un soutien militaire direct à ces rebelles, deux ans après le début du soulèvement syrien. Le conflit, qui s’est muté en guerre civile, a fait plus de 70 000 morts jusqu’à présent selon les estimations de l’ONU.

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L’administration Obama est restée vague sur la nature exacte de l’entraînement militaire fournie aux rebelles, soulignant dans le même temps que tout était mis en oeuvre — à l’exception de l’approvisionnement en armes ou d’intervention militaire sur le terrain — pour accélérer la chute du régime de Bachar el-Assad.

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