Syrie: combats près de la Turquie, du Liban et d’Israël

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à 12h39 HAE, le 6 juin 2013.

BEYROUTH – Les rebelles syriens ont pris le contrôle, jeudi, d’un point de passage le long de la ligne de cessez-le-feu sur le plateau du Golan, près de la frontière avec Israël, a indiqué un casque bleu autrichien.

Le point de contrôle du secteur de Quneitra, patrouillé par des Casques bleus autrichiens, a été pris en début de journée jeudi, a révélé le colonel Michael Bauer. Les soldats autrichiens se sont repliés et n’ont pas été blessés. L’Autriche a plus tard fait savoir qu’elle retirait ses 377 soldats du secteur.

Des combats intenses opposant rebelles et soldats se poursuivaient dans la région, jeudi.

Par ailleurs, l’armée turque a affirmé qu’un soldat avait été blessé par des tirs dirigés contre une patrouille militaire le long de la frontière avec la Syrie.

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Les assaillants se trouvaient parmi quelque 500 personnes qui attendaient pour entrer en Turquie.

Pour sa part, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a estimé jeudi que le recours possible aux armes chimiques par le régime El-Assad ne devrait pas entraîner d’intervention étrangère en Syrie. Il a réclamé une enquête plus poussée et rappelé que les rebelles sont eux aussi soupçonnés d’avoir utilisé de telles armes.

Les rebelles chassés de Qousseir

Ces événements surviennent après que l’armée syrienne, épaulée par les combattants du Hezbollah, eut repris la ville stratégique de Qousseir, près de la frontière avec le Liban, assénant un dur coup à l’insurrection qui cherche à renverser le régime de Bachar el-Assad.

Les deux camps se sont affrontés violemment pour le contrôle de Qousseir, prise par les rebelles l’an dernier, signe de l’importance de la ville, située à une intersection stratégique pour l’acheminement de matériel entre la capitale, Damas, et le nord et l’ouest de la Syrie. La victoire des forces gouvernementales marque aussi un autre point tournant du conflit: l’implication du Hezbollah libanais, dont les combattants ont renforcé la force de frappe de l’armée syrienne.

La chute de Qousseir pourrait permettre aux troupes gouvernementales de reprendre le terrain conquis par les rebelles dans le centre de la Syrie au cours des derniers mois.

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Dans une rare déclaration lue à la télévision nationale mercredi, l’armée syrienne a annoncé triomphalement avoir «nettoyé» Qousseir des rebelles. L’armée affirme que la reprise de la ville est «un message clair à tous ceux qui participent à l’agression de la Syrie», en référence aux pays qui appuient les rebelles.

Des images diffusées par des journalistes intégrés aux rangs militaires montraient une ville désertée avec des édifices lourdement endommagés, le drapeau syrien flottant sur une tour sur la place centrale de la ville. Des soldats syriens célébraient leur victoire sur un tas de débris, agitant des drapeaux et scandant des slogans favorables au régime. Des véhicules militaires déplaçaient des gravats et nettoyaient des rues, alors que des blindés passaient à toute allure.

Les rebelles se sont retrouvés à court de munitions et se sont retirés de la ville après des bombardements intenses dans la nuit de mardi à mercredi, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une organisation de l’opposition établie à Londres.

«Le régime El-Assad et les milices iraniennes qui le soutiennent sont entrés à Qousseir», a déploré le Conseil national syrien, qui regroupe la plupart des factions de l’opposition.

Durant les combats, des médecins de Qousseir ont réussi à évacuer quelque 300 civils grièvement blessés et coincés dans la ville. Des convois les ont transportés dans le village voisin d’Al-Buweida, a déclaré l’un des médecins, Kazem Alzein, lors d’un entretien par Skype.

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«Nous devions le faire. Ils détruisaient le quartier», a-t-il expliqué.

«La ville est déserte», a déclaré un témoin lors d’une entrevue téléphonique avec l’Associated Press. Il a réclamé l’anonymat par crainte pour sa sécurité.

La chute de Qousseir est un dur revers pour l’insurrection, puisque cette ville à majorité sunnite servait de lieu de transit pour les armes, les combattants et les biens de contrebande en provenance du Liban.

La ville occupe un emplacement stratégique reliant deux bastions du régime El-Assad, la capitale, Damas, et une région côtière qui constitue le coeur de la minorité alaouite dont est issu le président. La reprise de la ville pourrait permettre aux forces du régime de déloger les rebelles dans d’autres régions du pays.

Banlieue de Damas

Par ailleurs, l’armée syrienne a chassé d’une banlieue importante de Damas les rebelles qui tentent de renverser le régime de Bachar el-Assad, selon ce que rapportaient mardi les médias officiels.

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Cela pourrait permettre à l’armée de consolider sa défense de la capitale et faire pencher encore plus la balance en faveur du gouvernement Assad.

Les forces syriennes ont remporté plusieurs victoires depuis deux mois, réalisant notamment des percées stratégiques près de la frontière avec le Liban et sécurisant encore davantage la capitale.

L’agence de presse officielle SANA a indiqué mardi que l’armée a repris le contrôle de Jobar, un district situé au nord-est de la capitale et à partir duquel les insurgés tentent de pénétrer dans la capitale depuis des mois.

Les militants de l’opposition n’ont pas été en mesure de commenter cette information.

Par ailleurs, un rapport publié par les Nations unies mardi en vient à la conclusion qu’on peut «raisonnablement» croire que des armes chimiques ont été utilisées à au moins quatre reprises en Syrie. D’autres informations sont toutefois requises pour déterminer quels produits ont été utilisés et qui en a fait usage.

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Une commission d’enquête de l’ONU a expliqué qu’il faudra examiner des échantillons prélevés sur des victimes ou directement sur place pour en venir à des conclusions définitives. Elle a demandé au gouvernement syrien de permettre à des experts de se rendre sur place.

Le rapport accuse les deux camps d’avoir commis des crimes de guerre. Il prévient aussi qu’une nouvelle infusion d’armes ne ferait qu’envenimer le conflit, ce qui semble être un message lancé aux nations européennes qui envisagent d’armer les rebelles syriens.

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