Syrie: combats pour le contrôle d’installations stratégiques à Alep

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à 15h10 HNE, le 24 février 2013.

BEYROUTH – Des rebelles appuyés par des chars capturés ont lancé une nouvelle offensive contre un complexe gouvernemental abritant une académie de police, près de la ville d’Alep, dimanche, alors que le gouvernement a répliqué avec des frappes aériennes pour tenter de protéger cette installation stratégique, ont fait savoir des militants.

Si les rebelles capturent ce complexe en bordure d’Alep, cela marquerait un nouveau recul pour le président Bashar al-Assad. Au cours des dernières semaines, son régime a perdu le contrôle d’infrastructures clés dans le nord-est, incluant un barrage hydroélectrique, un important champ pétrolifère et deux bases militaires le long de la route liant Alep à l’aéroport situé à l’est de la ville.

Les insurgés ont également frappé au coeur de Damas avec des obus de mortier ou des attentats, représentant un important défi envers le régime au centre de son siège du pouvoir.

Samedi, des combattants de l’opposition dans la province orientale de Deir el-Zour ont pris le contrôle d’installations militaires qui auraient, croit-on, autrefois été le site d’un réacteur nucléaire partiellement construit que des avions israéliens ont bombardé en 2007.

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L’agence de presse officielle Sana a annoncé que des troupes gouvernementales avaient repoussé l’attaque sur l’académie de police près d’Alep, infligeant de lourdes pertes et détruisant quatre véhicules blindés et trois voitures équipées de mitrailleuses. Il n’y a eu aucune information sur les pertes gouvernementales.

Alep a été la scène de certains des plus intenses combats de la guerre ébranlant la Syrie depuis près de deux ans.

En juillet, les rebelles ont lancé une offensive contre la ville, la plus importante du pays et, auparavant, la capitale commerciale, prenant rapidement le contrôle de plusieurs quartiers. La bataille s’est depuis enlisée dans une guérilla urbaine sanglante qui a transformé des quartiers en champs de ruines et forcé des milliers d’habitants à prendre la fuite.

Dimanche, toujours, le photographe pigiste français Olivier Voisin, qui avait été blessé jeudi et transporté en Turquie pour y être soigné, est mort de ses blessures dans un hôpital d’Istanbul, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères.

Samedi, les affrontements entre les rebelles syriens et les troupes gouvernementales pour le contrôle du deuxième plus important aéroport du pays s’étaient intensifiés.

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Les forces loyalistes sont coincées dans un affrontement avec les rebelles à Alep depuis juillet, lorsque la ville, la plus grande du pays, est devenue un important champ de bataille dans le cadre du conflit qui fait rage depuis deux ans en Syrie et qui, selon l’ONU, aurait fait au moins 70 000 morts.

Le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdoul-Rahman, a déclaré que les combats près de l’aéroport international d’Alep étaient maintenant concentrés sur un tronçon de l’autoroute reliant la ville à cette installation stratégique que les insurgés tentent de conquérir depuis plusieurs semaines.

Les rebelles ont récemment mis la main sur deux bases militaires protégeant l’aéroport. Ils ont aussi bloqué une route utilisée par l’armée pour transporter des effectifs et des provisions.

Les rebelles contrôlent également de vastes pans de la région d’Alep, ainsi que des quartiers complets de la ville, qui est divisée entre zones rebelles et celles détenues par le régime. Des mois de violents combats dans les rues ont transformés des quartiers complets en champs de ruines.

Vendredi, les forces gouvernementales ont tiré trois missiles sur une région sous contrôle rebelle dans l’est d’Alep, frappant plusieurs bâtiments et tuant 37 personnes, selon l’OSDH. Certains corps ont été récupérés dans les gravats des logements détruits lors du bombardement, qui a apparemment impliqué des missiles sol-sol.

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Une attaque similaire survenue mardi dans un autre quartier pauvre d’Alep a fait au moins 33 morts, dont près de la moitié était des enfants.

À Damas, les forces du régime ont bombardé plusieurs quartiers rebelles, samedi, dans le cadre de leurs efforts pour déloger les combattants de l’opposition qui ont utilisé les villes et villages entourant la capitale pour lancer des attaques visant à pénétrer au coeur de Damas.

Jeudi, un attentat à la voiture piégée près du siège du Parti Baas, dans le centre de la capitale, a fait 53 morts et plus de 200 blessés, selon les médias d’État.

Personne n’a revendiqué la responsabilité de cette attaque. Les attentats à la voiture piégée et les attaques suicide sont un signe distinctifs de Jabhat al-Nustra, un groupe de militants islamistes qui est l’une des nombreuses factions rebelles.

Les efforts pour mettre fin aux violences se sont jusqu’à maintenant avérés vains. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a indiqué que le Kremlin et la Ligue arabe tentaient d’établir des contacts directs entre le régime et l’opposition.

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