Surveillance de métadonnées: l’informateur de la NSA fait confiance aux tribunaux de Hong Kong

Partagez
Tweetez
Envoyez

à 18h11 HAE, le 12 juin 2013.

WASHINGTON – L’ancien employé contractuel qui s’est enfui à Hong Kong après avoir révélé un programme de surveillance secret du gouvernement américain a déclaré, mercredi, qu’il ne tentait pas d’échapper à la justice et qu’il faisait confiance «aux tribunaux et au peuple de Hong Kong» pour décider de son sort.

«Je ne suis ni un traître ni un héros. Je suis un Américain», a déclaré Edward Snowden au «South China Morning Post» au sujet de sa révélation du programme de surveillance des registres téléphoniques aux États-Unis.

Dans l’entrevue publiée mercredi, Edward Snowden affirme qu’il n’a pas osé contacter sa famille ou sa copine depuis qu’il s’est présenté au monde comme la source des documents secrets de l’agence nationale de sécurité américaine (National Security Agency, NSA). «Je m’inquiète des pressions du FBI qu’ils subissent», a-t-il dit.

Le FBI a visité la maison de son père en Pennsylvanie lundi.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Edward Snowden est réapparu dans le journal chinois après s’être éclipsé depuis dimanche. Il a déclaré qu’il voulait s’opposer au gouvernement américain devant les tribunaux de Hong Kong et qu’il y resterait jusqu’à ce que les autorités lui demandent de partir.

Hong Kong est une région semi-autonome de Chine qui jouit d’un système judiciaire d’inspiration occidentale et d’une grande liberté d’expression.

Des responsables américains ont indiqué qu’ils étaient en train de monter un dossier contre M. Snowden, mais aucune accusation n’a encore été portée contre lui. Hong Kong a signé un traité d’extradition avec les États-Unis, mais il comporte des exceptions dans les cas de persécution politique, entre autres.

Le jeune homme a déclaré au journal qu’il n’avait aucune intention de partir.

«J’ai eu plusieurs occasions de m’enfuir (de Hong Kong), mais je préfère rester ici et combattre le gouvernement américain devant les tribunaux, parce je fais confiance à la primauté du droit à Hong Kong», a-t-il dit.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Un groupe de responsables du FBI, du département de la Justice et des agences de renseignement ont informé les membres de la Chambre des représentants des détails du programme de surveillance mardi. La révélation du programme, la semaine dernière, a suscité de la méfiance envers l’administration du président Barack Obama.

Les membres de la Chambre ont reçu l’ordre de ne pas divulguer les informations qu’ils ont reçues durant la séance, puisqu’il s’agit d’informations classifiées.

«Les gens ne sont pas satisfaits, a déclaré le représentant républicain Tim Murphy en sortant de la réunion. Nous avons besoin d’avoir plus de détails.»

Plusieurs membres d’arrière-ban du Congrès ont exprimé leur colère et leur perplexité face à ce programme, mais les leaders politiques semblent peu enclins à agir pour y mettre fin. Plusieurs ont exprimé leur appui au programme en tant qu’outil indispensable de la lutte contre le terrorisme, et certains ont qualifié Edward Snowden de «traître».

Lundi, le journaliste qui a dévoilé l’information, Glenn Greenwald, du quotidien britannique «The Guardian», a affirmé qu’Edward Snowden avait choisi de se rendre à Hong Kong parce que cela lui semblait être l’option la moins pire pour lui.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Selon M. Greenwald, l’informateur veut rester hors des «griffes» du gouvernement américain aussi longtemps que possible, mais il est tout à fait conscient que cela ne durera pas éternellement.

D’après le «Guardian», il est arrivé à Hong Kong le 20 mai. «Si le département de la Justice finit par le mettre en accusation, ce qui va certainement se produire — c’est pratiquement inévitable à ce point-ci —, il ne croit pas que le système judiciaire américain va lui donner un procès équitable», a déclaré M. Greenwald à Hong Kong.

«Je pense que s’il faisait confiance au système politique et à la culture politique des États-Unis, il serait tout simplement resté là», a-t-il ajouté.

Hong Kong, une ancienne colonie britannique, a été rétrocédée à la Chine en 1997, mais le territoire a conservé une grande autonomie et son propre système judiciaire. Le territoire a signé un traité d’extradition avec les États-Unis, mais il comporte certaines exceptions, notamment pour des crimes de nature politique.

Edward Snowden, âgé de 29 ans, pense qu’il finira de la même manière que Bradley Manning, le soldat américain accusé d’avoir transmis des milliers de documents secrets au site WikiLeaks qui subit présentement son procès en cour martiale, affirme Me Greenwald.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

«Je pense que son objectif est d’éviter de se retrouver dans les griffes du gouvernement américain aussi longtemps qu’il le peut, tout en sachant très bien qu’il risque d’échouer et de finir là où il ne veut pas être», a déclaré l’avocat.

L’informateur a affirmé au «Guardian» qu’il espérait obtenir l’asile en Islande. Mais selon Me Greenwald, il n’a pas déposé de demande officielle d’asile politique, ni en Islande ni ailleurs.

Partagez
Tweetez
Envoyez
l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur