Suicide de Rehtaeh Parsons: son père continue de croire à un viol

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26 avril 2013, 20h17

HALIFAX, N.-E. _ Le père de Rehtaeh Parsons s’insurge contre un article du quotidien National Post laissant entendre qu’il existerait des failles dans l’argumentaire contre les garçons qui, selon la famille, auraient sexuellement agressé la jeune femme, affirmant que le Code criminel « indique clairement que ce qui est survenu est un viol ».

L’adolescente, âgée de 17 ans, s’est suicidée plus tôt ce mois-ci. Sa famille allègue qu’elle a été agressée sexuellement par quatre garçons en 2011 et qu’une photo numérique de l’incident avait été partagée à son école.

L’affaire a suscité une attention nationale et internationale, plusieurs personnes accusant les systèmes d’éducation et de justice de ne pas avoir été en mesure de protéger la jeune femme.

Citant des sources anonymes au fait de l’enquête, un article du National Post mentionne que Rehtaeh Parsons avait tout d’abord déclaré à la police qu’elle avait eu des relations sexuelles consentantes avec deux des quatre garçons lors d’une fête en novembre 2011, mais qu’elle avait été sexuellement agressée par un garçon.

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L’article mentionne que dans un deuxième témoignage livré à la police environ deux semaines plus tard, la jeune femme affirme avoir dit non aux deux garçons et avoir tenté de les repousser.

Sur son blogue, son père Glen Canning affirme que sa fille était si intoxiquée qu’elle en devenait malade et qu’elle ne se rappelait pas clairement ce qui s’était produit.

S’il admet qu’il existe toujours deux versions à une histoire, le fait que sa fille était intoxiquée change l’interprétation de ce qui est arrivé, ce soir-là, dans une banlieue de Halifax.

La famille Parsons soutient également qu’une photo de Rehtaeh la montre alors qu’elle est sexuellement agressée lors de la fête. Dans sa chronique, la journaliste Christie Blatchford estime que la photo ne comporte pas de visage reconnaissable et « ne montre rien qui serait recevable en cour ».

M. Canning réitère que sa fille a enduré des mois de harcèlement après que la photo eut été largement distribuée à l’intérieur de son école secondaire.

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En 2012, les autorités avaient conclu que les preuves n’étaient pas suffisantes pour entamer des procédures judiciaires. La Gendarmerie royale du Canada a récemment rouvert l’enquête après avoir reçu une « information fiable et pertinente ».

Rencontre avec Harper

Les adolescents harcelés, de même que leurs parents, devraient pouvoir bénéficier de meilleurs outils pour lutter contre la cyberintimidation, avait lancé le père de Rehtaeh Parsons, mardi à Ottawa.

La voix brisée par l’émotion, Glen Canning s’est adressé aux médias à l’issue de sa rencontre de 45 minutes avec le premier ministre Stephen Harper. Il était accompagné de sa conjointe, de la mère de Rehtaeh et du conjoint de celle-ci. La jeune fille de la Nouvelle-Écosse, qui aurait été victime d’un viol et se faisait harceler sur Internet, s’est suicidée le mois dernier.

M. Canning a raconté que sa fille avait confié à un psychiatre, il y a un an, qu’elle se pendrait avec une ceinture, ce qu’elle a fait il y a quelques semaines. Sa conjointe, Krista Canning, a éclaté en sanglots tandis qu’il parlait, alors que la mère de Rehtaeh, Leah Parsons, et son conjoint Jason Barnes regardaient fixement le sol.

Le père de l’adolescente a déclaré qu’ils n’avaient tout simplement pas d’outils pour l’aider, et que, considérant la teneur des lois canadiennes, il n’y avait rien qu’ils auraient pu faire pour venir en aide à leur fille.

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Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Darrell Dexter, qui a lui aussi rencontré M. Harper, a soutenu que lui et le premier ministre semblaient être sur la même longueur d’ondes quant aux actions à entreprendre dans ce dossier. Le harcèlement virtuel devrait être considéré comme une infraction criminelle, a-t-il poursuivi.

Il a déclaré qu’il faudrait changer les normes sociales et faire en sorte que la cyberintimidation soit aussi répréhensible que la conduite avec facultés affaiblies ou encore le racisme.

M. Dexter a assuré que le premier ministre Harper avait très bien saisi ses inquiétudes quant aux vides juridiques du code criminel.

Si M. Harper ne s’est pas adressé aux journalistes à l’issue de cette rencontre, le ministre de la Justice, Rob Nicholson, a soutenu que le gouvernement fédéral avait lancé des consultations officielles pour élaborer un projet de loi fédéral pour les victimes.

Leah Parsons soutient que sa fille a été agressée sexuellement par quatre garçons, en novembre 2011, et intimidée lorsque des images de l’agression ont circulé parmi des jeunes.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) dit s’être penchée sur ces allégations mais a conclu, en consultation avec les autorités de la Nouvelle-Écosse, que les preuves n’étaient pas suffisantes pour déposer des accusations. La police fédérale a toutefois rouvert le dossier après avoir reçu ce qu’elle qualifie d’informations nouvelles et crédibles.

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