Secret bancaire: la Suisse sur liste grise

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BERNE (AP) – La Suisse a accueilli avec des sentiments mitigés les récentes décisions du G20. Dans une première prise de position, le président de la Confédération et ministre des Finances, Hans-Rudolf Merz, a salué les décisions du G20 dans la lutte contre la crise financière et économique. Le succès des mesures dépendra du dosage choisi entre régulation et financement ainsi que de la collaboration des nations les plus importantes, selon le communiqué publié par le Département fédéral des finances. Mais le placement de la Suisse sur la liste grise de l’OCDE laisse un goût amer.

Dans des entretiens à la Télévision suisse, Hans-Rudolf Merz a ensuite réagi au classement de la Suisse sur une liste grise des pays qui ont accepté de nouvelles mesures en matière de lutte contre les délits fiscaux, mais ne les ont pas encore concrétisées. Cette décision est désagréable et critiquable, même si elle était attendue.

Cela montre en tout cas que la décision du Conseil fédéral du 13 mars dernier de reprendre les standards de l’OCDE sur l’assistance administrative en matière fiscale était opportune. Le président de la Confédération a cependant précisé que la Suisse entendait continuer à suivre attentivement ce qui se passe à l’étranger.

Il a rappelé qu’un échange automatique d’information n’entrait pas en ligne de compte pour la Suisse. Les pays du G20 doivent maintenant avoir la patience d’attendre les négociations des conventions de double imposition et une éventuelle votation.

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Le ministre de l’Intérieur Pascal Couchepin a relevé de son côté la forte pression mise par les grands pays. La Suisse entend cependant collaborer dans la sérénité.

La ministre de la Justice Eveline Widmer-Schlumpf s’est quant à elle déclarée «très surprise et très déçue» de la présence de la Suisse sur la liste grise. Il n’y a pas de raison de pénaliser la Suisse, qui se montre coopérative et a retiré sa réserve sur les standards de l’OCDE en matière de coopération fiscale. Elle a aussi souligné que la Suisse allait beaucoup plus loin que bien des pays dans la lutte contre le blanchiment d’argent.

La liste «grise» regroupe les États et territoires qui se sont engagés à respecter les règles mais ne l’ont pas fait totalement. Elle comprend notamment Andorre, l’Autriche, les Bahamas, la Belgique, Gibraltar, le Liechtenstein, le Luxembourg, Monaco, les Pays-Bas, les Antilles néerlandaises, Singapour et la Suisse.

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