Sammy Yatim abattu dans un streetcar: le policier James Forcillo libéré sous caution

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à 14h41 HAE, le 20 août 2013.

TORONTO – Le policier de Toronto accusé du meurtre non prémédité d’un jeune homme le 27 juillet dans un streetcar, pourra recouvrer sa liberté moyennant une caution de 510 000 $, en attendant la suite des procédures.

L’agent James Forcillo a été accusé lundi de meurtre non prémédité pour le décès de Sammy Yatim, âgé de 18 ans.

Après s’être rendu à ses collègues mardi matin, le policier Forcillo a comparu au tribunal. Il reviendra en cour le 30 septembre pour une conférence préparatoire entre les avocats, devant un juge.

Vêtu d’un complet mais sans cravate, selon Radio-Canada, il n’a pas parlé durant la brève comparution de mardi.

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Au lendemain des événements, le policier âgé de 30 ans, à l’emploi du service d’ordre de Toronto depuis 6 ans, avait été suspendu avec solde (plus de 100 000 $ par année) en attendant le résultat des enquêtes officielles.

Vidéo accablante

La fusillade a été enregistrée à l’aide d’un téléphone cellulaire et d’une caméra de surveillance. Un enregistrement fait entendre neuf coups de feu, quelques secondes après que l’on eut crié à M. Yatim de lâcher son arme.

Le streetcar avait été évacué et était immobilisé à l’angle des rues Bellwoods et Dundas ouest, peu après minuit. Une vingtaine de policiers entouraient le véhicules de la TTC alors que le jeune homme, apparemment en crise, brandissait un couteau.

D’après l’Unité des enquêtes spéciales (UES), après avoir été abattu à l’avant du streetcar, le jeune homme a également été atteint par une décharge de pistolet électrique, tiré par un autre policier entré par l’arrière.

Les vidéos ont soulevé la colère du public, poussant des centaines de personnes à descendre dans la rue lors de deux manifestations, et à réclamer justice pour le jeune homme.

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Si le constable Forcillo est trouvé coupable, il s’agira d’une première pour une accusation de l’UES en Ontario. Depuis la création de l’agence, en 1990, neuf autres policiers ont été accusés de meurtre non prémédité ou d’homicide involontaire, mais un seul a été reconnu coupable, un verdict renversé en appel.

Famille éprouvée

Sammy Yatim est arrivé à Toronto il y a cinq ans lorsque sa famille a immigré de Syrie. La famille de Sammy Yatim se dit «soulagée» que des accusations eurent été déposées. Toutefois, les proches de la victime souhaitent aussi que le travail de l’Unité des enquêtes spéciales fasse toute la lumière sur les actions des supérieurs du policier qui a ouvert le feu.

«Plus de 20 agents en uniforme étaient présents et pas un seul n’a tenté d’arrêter la fusillade ou tenté d’amorcer une médiation», ajoute la famille.

Pour sa part, le président de la Commission des services de police de Toronto, Alok Mukherjee, a affirmé, en réponse aux doléances des proches de suspects abattus par la police au cours des dernières années, qu’il y avait eu «assez de morts». Il a prôné des «changements significatifs».

À la demande du chef de police de Toronto, Bill Blair, l’ex-juge et avocat Dennis O’Connor examinera l’ensemble des pratiques de la police de Toronto, pour ensuite formuler une série de recommandations. Il examinera notamment les façons de faire d’autres services policiers, un peu partout dans le monde.

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L’ombudsman provincial, André Marin, a lui aussi ouvert une enquête officielle sur les directives du gouvernement aux policiers qui interviennent dans des situations tendues.

Meurtre non prémédité ou homicide involontaire?

En entrevue à l’émission 24 heures en 60 minutes de Radio-Canada, le spécialiste des affaires policières Stéphane Berthomet a estimé que l’accusation de meurtre non prémédité était une conclusion logique à ce qui s’était passé. «Manifestement, ce policier a commis un geste qui n’avait aucune raison d’être dans la situation.»

Selon lui, la vie du policier n’était pas en danger. «Sammy Yatim était agité, peut-être très stressé, mais il ne représentait pas un danger direct pour le policier. C’est un cas d’école d’une situation qui a dérapé.»

Un chef d’accusation de meurtre au second degré implique que l’agent avait l’intention de tuer la victime, même si son geste n’était pas prémédité.

Selon l’avocat torontois Selwyn Pieters, l’agent Forcillo aurait dû plutôt être accusé d’homicide involontaire. «Ce sera plus difficile pour la Couronne de prouver qu’il s’agissait d’un meurtre au second degré, dit-il. C’est très rare de voir des cas de policiers accusés et reconnus coupables par un jury d’infractions sérieuses.» Il souligne que les jurés hésitent souvent à condamner un agent en service. Selon lui, la Couronne aura une tâche «herculéenne».

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