Roméo et Juliette joués en acrobaties par le DynamO théâtre

Du 10 au 19 octobre au Young People's Theatre

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Les acteurs Marc-André Poliquin, Marie Fannie Guay, Dominic St-Laurent et Catherine Saint-Martin dans la pièce de Jackie Gosselin: Et si Roméo et Juliette... (Photo: Guy-Carl Dubé).
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Publié 05/10/2018 par Claire Gillet

La pièce de Shakespeare, ça fait 25 ans qu’elle l’a vue pour la première fois et qu’elle en est restée bouchée bée. Aujourd’hui, Jackie Gosselin a décidé de se lancer.

Du 10 au 19 octobre prochain, la metteuse en scène du DynamO Théâtre présentera sa pièce acrobatique, Et si Roméo et Juliette…, adaptation personnelle de l’œuvre mythique, au Young People’s Theatre de Toronto.

Un Shakespeare remastérisé

Jackie Gosselin
Jackie Gosselin, l’auteure et la metteuse en scène de la pièce Et si Roméo et Juliette…

Les pièces de Shakespeare sont connues pour la beauté de leur texte.

Alors, forcément, au départ, la metteuse en scène de pièces acrobatiques s’est censurée. Jackie Gosselin pensait que son type de théâtre n’était pas adapté à un tel monument.

Toutefois, l’urgence du temps l’a fait changer d’avis. «Je me suis dit que si je ne le faisais pas maintenant, je ne le ferai jamais», nous avoue-t-elle. «Et puis je voulais permettre à des enfants de 8 ans d’accéder plus facilement à Shakespeare».

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Ainsi, si l’intrigue reste la même, les mots se font rares. «J’ai tenu à garder certaines répliques, car elles étaient magnifiques, mais la majeure partie de la pièce est muette. L’espace est notre page blanche et les mouvements sont nos mots», nous explique-t-elle.

La scénographie, elle aussi, est très originale. En effet, les deux familles, les Capulets et les Montaigu, sont représentées par deux escaliers autour desquels les personnages gravitent.

Une fin inattendue

Si l’intrigue reste la même, Jackie Gosselin n’a gardé que cinq scènes sur l’entièreté de la pièce. Tout le reste est issu de son invention.

D’ailleurs, la grande originalité de cette nouvelle version est la fin de l’histoire. «Cette pièce, je l’ai écrite pour des enfants de 8 ans. Je ne voulais donc pas qu’il y ait de suicide, je préférais une fin qui donne de l’espoir!»

La metteuse en scène a voulu les faire se questionner sur la résolution des conflits. «L’idée était de les amener à réfléchir sur le fait que face à un conflit, on peut toujours faire le choix de ne pas envenimer les choses. On peut déposer les armes.»

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Marc-André Poliquin, acteur de la pièce Et si Roméo et Juliette… (Photo: Guy-Carl Dubé).

Création de la scénographie

Pour réaliser cette scénographie très visuelle, Jackie Gosselin a suivi la méthode de création Repère (Ressources, Partitions, Évaluation et Représentation) importée par la danse et l’architecture.

Deux œuvres d’art l’ont également inspirée et lui ont insufflé des idées.

La peinture intitulée La promenade de Marc Chagall est l’une d’elles. Les deux personnages représentés volent dans les airs comme si l’amour pouvait faire voler.

La seconde est la fable L’amour et la folie de Jean de la Fontaine dans laquelle le poète montre que l’amour rend aveugle.

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Catherine Saint-Martin, Marie Fannie Guay, Dominic St-Laurent et Marc-André Poliquin autour des deux escaliers. (Photo: Guy-Carl Dubé).

Des comédiens qui jouent tous les rôles

Lorsque les comédiens sont arrivés le premier jour, Jackie Gosselin a décidé que chacun jouerait tous les rôles dans la pièce.

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«L’amour n’appartient pas qu’aux femmes, et la colère n’est pas réservée aux hommes. J’ai donc décidé de monter des scènes de colère entre deux femmes, mais également de faire jouer deux garçons dans les rôles de Roméo et Juliette», nous explique-t-elle.

«Si jamais un des jeunes dans le public se sent homosexuel, je veux qu’en regardant cette pièce il se dise qu’il n’y a pas de problème, qu’il a le droit», affirme la metteuse en scène.

Elle veut permettre une ouverture d’esprit des plus jeunes, sans faire de la pédagogie.

«J’ai remarqué que plusieurs parents et professeurs viennent me voir à la fin des pièces pour me demander de leur expliquer certains détails qu’ils n’ont pas saisis. Ils veulent que leurs enfants comprennent tout. Mais on n’a pas l’obligation de tout comprendre! On peut être interpellé par l’art, mais on peut aussi ne pas l’être, et ce n’est pas grave. L’art ne parle pas à tous de la même façon et il faut le respecter».

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