Rob Ford perd la plus grosse partie de son budget

Partagez
Tweetez
Envoyez

Publié 14/11/2013 par Radio-Canada

Le conseil municipal de Toronto a approuvé lundi à 37 voix contre 5 une mesure qui diminue le budget du maire Ford à moins de la moitié de ce qu’il était auparavant. L’argent sera plutôt alloué au maire adjoint de la métropole Norm Kelly.

Le nombre d’employés du maire passe de 20 à 8. Son budget du début de l’année 2014 jusqu’à la fin de son mandat diminue de 1 594 820 $ à 712 000 $.

Le débat sur le sort de Rob Ford a été très mouvementé à l’hôtel de ville lundi. Le frère du maire et conseiller municipal Doug Ford a été jusqu’à accuser ses collègues de tentative de «coup d’État».

Après une série de votes pour apporter des changements extraordinaires au code municipal, le maire adjoint hérite de l’essentiel des pouvoirs et du personnel de Rob Ford, qui refuse de démissionner. Ce dernier perd tous les privilèges habituellement réservés au maire qui ne sont pas inscrits dans la loi provinciale sur la Cité de Toronto, ce qui le réduit presque au rang de simple échevin.

Le contentieux de la Ville a répété, lundi midi, que la motion proposée ne contrevenait pas à la loi provinciale, contrairement à ce qu’affirme l’avocat de M. Ford.

Publicité

La tension était à son comble au conseil municipal. En milieu d’après-midi, Rob Ford a semblé vouloir se diriger vers un membre du conseil. En se déplaçant brusquement, il a bousculé au passage la conseillère Pam McConnell qui a presque été renversée. Rob Ford s’est ensuite excusé en expliquant qu’il tentait de se porter à la défense de son frère qui argumentait avec la foule.

Pour sa part, le conseiller municipal Giorgio Mammoliti, un allié du maire, a suggéré d’obtenir l’avis d’un médecin qui indiquerait que l’état de santé de M. Ford lui permet de rester en poste.

Vendredi dernier, les conseillers municipaux avaient retiré au maire le pouvoir de remplacer les membres de son comité exécutif et les présidents des différents comités municipaux. M. Ford est dans la tourmente depuis deux semaines, après avoir admis, à la suite de mois de déni, qu’il avait déjà fumé du crack. 

Rob Ford a perdu, depuis la semaine dernière, les pouvoirs suivants :
• Présider les réunions de son comité exécutif (responsabilité confiée au maire adjoint)
• Nommer les membres du comité exécutif et les présidents des comités municipaux (qui resteront en poste jusqu’aux élections municipales d’octobre 2014)
• Diriger la Ville en cas d’état d’urgence (responsabilité confiée au maire adjoint)
• Jouir d’un budget extraordinaire (son budget sera amputé et la Ville offrira à son personnel en surplus de travailler plutôt pour le maire adjoint)

Le maire Ford a retenu les services d’un expert des questions municipales, Me George Rust-D’Eye. L’avocat a accusé les conseillers de chercher à «punir et à humilier publiquement» le maire, relativement à sa conduite à l’extérieur de l’hôtel de ville. Jusqu’à maintenant, M. Ford n’a été accusé de rien.

Publicité

«Selon ce que le Conseil fait, on pourrait demander un examen judiciaire. Une injonction est aussi possible», a écrit Me Rust-D’Eye. «Le maire a été dûment choisi lors d’un scrutin par les électeurs de Toronto pour jouer le rôle de chef du conseil municipal et PDG de la Ville. Cela sous-entend qu’il recevra le budget et le personnel nécessaires.»

Sa lettre d’information distribuée aux conseillers ajoute «qu’aucune information présentée au conseil municipal n’allègue que le maire Ford n’a pas rempli les responsabilités de son poste ou qu’il a abusé de ses pouvoirs.».

Selon un nouveau sondage Ipsos Reid commandé par CTV, seulement le tiers des Torontois fait confiance au maire Rob Ford, comparativement à 73% pour le chef de police et 65% pour Olivia Chow, candidate pressentie à la mairie et veuve de Jack Layton.

Pour sa part, le chef des conservateurs ontariens, Tim Hudak, appuie l’idée d’une intervention provinciale contre le maire, qui a toujours défendu pourtant la bannière conservatrice, si le conseil municipal en fait la demande. Il s’agissait de l’une des conditions posées par la première ministre libérale Kathleen Wynne, qui a aussi requis l’appui des conservateurs et du NPD.

En revanche, le député conservateur Doug Holyday, qui était jusqu’à l’été dernier maire adjoint de Toronto, croit que la province créerait un dangereux précédent si elle s’ingérait dans les affaires de la Ville.

Publicité

* * *
À lire aussi dans le FORUM de L’Express: Destituez Rob Ford

Auteur

  • Radio-Canada

    Radio-Canada est le plus ancien service public de diffusion du Canada, créé le 2 novembre 1936, devenu le principal réseau national d'information radio, télévision et internet.

Partagez
Tweetez
Envoyez
Publicité

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur