Procès Dziekanski: les policiers soupçonnés de collusion

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à 17h11 HAE, le 13 juin 2013.

VANCOUVER – La Couronne allègue que les quatre agents de la Gendarmerie royale du Canada impliqués dans la mort de Robert Dziekanski s’étaient «entendus» pour fournir une seule version des événements, avant de tenter de dissimuler cette «collusion» lors d’une enquête publique.

Les allégations surviennent dans le cadre des audiences préliminaires au procès du constable Bill Bentley, qui est accusé d’avoir menti six fois lors de l’enquête pourtant sur l’incident où M. Dziekanski a été atteint mortellement par une décharge de pistolet électrique à l’aéroport de Vancouver, en octobre 2007.

L’avocat de la Couronne, Eric Gottardi, demande à un juge d’admettre en preuve les déclarations et les notes des trois autres policiers impliqués dans l’affaire. La Couronne veut ainsi prouver que les agents ont «collaboré» pour créer une version des faits avant de s’entretenir avec les enquêteurs aux homicides.

Au dire de Me Gottardi, les quatre agents ont effectué les mêmes erreurs lors de leurs dépositions, comme le fait d’affirmer erronément que deux d’entre eux avaient dû plaquer M. Dziekanski au sol.

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Toujours selon la théorie de la Couronne, Bentley et les autres agents ont ensuite menti lors de l’enquête publique pour cacher le fait qu’ils avaient donné de mauvaises indications aux enquêteurs.

L’avocat de la défense n’a pas encore directement répondu aux allégations de la Couronne, bien que Bentley eut déjà plaidé non coupable à l’accusation de parjure.

Expérience traumatisante

Plus tôt cette semaine, celui-ci a affirmé que la confrontation fatale fut l’expérience «la plus traumatisante» qui lui soit jamais arrivée.

Bill Bentley a fondu en larmes, lundi, alors qu’il décrivait ce qui est arrivé dans les heures suivant la mort de M. Dziekanski — dans le cadre d’une audience précédant son procès pour déterminer quelles preuves devraient être acceptées lors de son procès pour parjure. Il est accusé d’avoir menti lors d’une enquête publique.

L’agent affirme qu’il était occupé à recueillir les témoignages de témoins lorsque son supérieur — l’un des trois autres hommes accusés de parjure — lui a annoncé que M. Dziekanski était décédé. Peu de temps après, il a reçu l’ordre de quitter l’aéroport et de retourner au bureau de la GRC pour y attendre les enquêteurs des homicides.

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Peu de temps après une série de questions sur son état émotionnel, l’avocat de l’accusé a changé de sujet, mais Bentley a éclaté en sanglots. Cette réaction a poussé le juge a suspendre la séance en attendant qu’il reprenne ses esprits.

Lors de l’intervention, le 14 octobre 2007, les policiers ont très rapidement utilisé leurs armes électriques contre M. Dziekanski, qui se trouvait à l’aéroport depuis 10 heures et a fini par succomber à un sentiment de détresse, entre autres parce qu’il ne parlait pas anglais.

L’immigrant polonais a reçu plusieurs décharges, et est mort peu de temps après.

Parjure

Les quatre agents de la GRC ont été accusés de parjure en mai 2011 en lien avec des allégations voulant qu’ils aient menti lors de l’enquête publique sur cette affaire. Bentley est le premier à subir son procès, et aucune allégation n’a été prouvée en cour.

Le policier fédéral est accusé d’avoir menti à six reprises lors de son témoignage dans le cadre de l’enquête, principalement lorsqu’il a tenté d’expliquer des divergences entre ses notes et un vidéo amateur de l’incident. L’acte d’accusation allègue également qu’il a menti lorsqu’il a dit ne pas pouvoir se rappeler de ce qu’il avait dit à ses trois collègues à propos de l’incident.

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Le procès devait débuter lundi, mais la défense et la Couronne ont toutes deux déposé des requêtes à propos de l’acceptabilité des preuves.

Le juge devra décider si une déclaration faite par Bentley aux enquêteurs des homicides devrait être admise en preuve. Les audiences de cette semaine détermineront également si les déclarations des trois autres policiers devraient elles aussi être acceptées.

Les audiences préliminaires sur les preuves devraient se poursuivre tout au long de la semaine. Le procès devrait, quant à lui, durer jusqu’à trois semaines.

Au début de l’audience de lundi, Bentley a plaidé non coupable à l’accusation de parjure.

Les trois autres policiers, Kwesi Millington, Gerry Rundell et Benjamin Robinson, subiront leur procès séparément en novembre de cette année et en février 2014.

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