Multiples affrontements en Égypte

Partagez
Tweetez
Envoyez

à 09h26 HNE, le 20 janvier 2013.

LE CAIRE, Égypte – Une série d’affrontements entre la police et des résidants d’un quartier très peuplé situé dans le nord du Caire ont fait quatre morts et 12 blessés dans la nuit de samedi à dimanche, selon le ministère égyptien de la Santé.

Des représentants des forces de sécurité ont révélé sous le couvert de l’anonymat que les hostilités avaient débuté samedi soir après qu’un habitant de Shubra El-Kheima eut reçu une balle perdue tirée par des policiers poursuivant un présumé vendeur de drogue. L’homme a été atteint à la tête alors qu’il était assis sur le balcon de son appartement.

Les combats ont continué jusqu’à dimanche, les protestataires montant sur les toits des immeubles près des postes de police locaux pour faire feu sur les policiers ou leur lancer des roches. Les agents ont riposté avec du gaz lacrymogène.

Dans un communiqué, le ministère de la Santé a précisé que trois membres des forces de l’ordre figuraient parmi les 12 blessés.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Les affrontements entre la police et les civils sont fréquents en Égypte depuis la chute de l’ancien président Hosni Moubarak il y a deux ans. La brutalité policière durant les 29 ans de Moubarak au pouvoir est l’un des principaux facteurs ayant mené au soulèvement de 2011.

Vangeance

La police anti-émeute égyptienne a utilisé du gaz lacrymogène pour disperser des dizaines de manifestants qui lançaient des roches samedi à l’extérieur d’un tribunal d’Alexandrie où l’ancien directeur de la sécurité de la ville et d’autres responsables sont actuellement jugés en lien avec les décès de plusieurs protestataires lors du soulèvement de 2011 en Égypte.

La confrontation est survenue une semaine avant que le pays ne marque le deuxième anniversaire du soulèvement qui a chassé du pouvoir son dirigeant autocrate de longue date, Hosni Moubarak. Un tel événement souligne la frustration sur la vitesse des réformes exprimée par plusieurs dans le pays le plus populeux du monde arabe.

Mohammed Ibrahim, l’ancien directeur de la sécurité d’Alexandrie, et cinq officiers de police sont accusés d’avoir fait preuve de violence excessive pour mettre fin à la révolte de 18 jours. À Alexandrie, tout comme ailleurs en Égypte, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues au cours des deux dernières années exigeant «qisas», revanche en arabe, pour ceux tués lors d’affrontements avec les forces de sécurité.

Les proches des défunts disent avoir peu confiance envers le système judiciaire ou les enquêtes policières.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Selon Ramadan Ahmed, dont le fils Mohammed, âgé de 16 ans, a été tué par balles lors d’affrontements à l’extérieur d’un poste de police d’Alexandrie, «c’est une longue chaîne de corruption».

Près de 100 policiers ont été traduits en justice jusqu’à maintenant pour avoir tué ou blessé des contestataires depuis la destitution de Moubarak, le 11 février 2011. Tous les cas se sont soldés par un acquittement ou une sentence avec sursis.

Gaz et roches

Les affrontements de samedi ont commencé alors que des militants de défense des droits de l’homme et les proches de ceux tués à Alexandrie manifestaient au tribunal. La plupart de leurs slogans ciblaient la police mais on ne sait pas ce qui a déclenché la violence. Au moins trois manifestants et trois policiers anti-émeute ont nécessité des soins médicaux pour inhalation de gaz et des blessures causées par des roches, selon des témoins et les médias d’État.

Plus tard dans la journée, de nouveaux affrontements se sont déclenchés lorsque le juge Mohammed Hammad Abdel-Hadi a empêché les procureurs d’appeler des témoins à la barre.

Environ 300 Égyptiens ont perdu la vie à Alexandrie durant le soulèvement de 18 jours sur un total de plus de 900 pour l’ensemble de l’Égypte.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Hosni Moubarak et l’ancien ministre de l’Intérieur ont été condamnés à la prison à vie pour ne pas avoir essayé de mettre un terme au massacre et ont obtenu cette semaine un nouveau procès.

Dans un autre cas impliquant des manifestants, une cour criminelle égyptienne a évoqué samedi une amnistie présidentielle pour annuler les accusations qui pesaient contre 379 personnes soupçonnées d’avoir participé à des affrontements avec la police ayant fait 42 morts au Caire en novembre 2011.

Les protestataires avaient manifesté près du ministère de l’Intérieur et de la place Tahrir pendant près de deux semaines afin de demander la tenue d’élections présidentielles et dénoncer la violence policière contre les grèves d’occupation.

Depuis la révolte en Égypte, des failles dans la sécurité et l’affaiblissement des forces policières en ont laissé plusieurs avec un sentiment accru de vulnérabilité, particulièrement dans la minorité chrétienne copte.

Chrétiens et musulmans

Samedi, la police a annoncé l’arrestation de sept suspects soupçonnés d’avoir attaqué des magasins propriété de chrétiens dans le village de Marashda, dans la province de Qena. Plusieurs commerces ont été incendiés tôt vendredi après des rumeurs qu’un villageois chrétien eut agressé sexuellement une fillette âgée de 6 ans.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Vendredi, des policiers égyptiens avaient tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de manifestants musulmans qui s’étaient rassemblés devant une église du sud du pays pour réclamer une enquête dans cette affaires.

Les affrontements se sont produits dans le village de Marashda.

Des résidants ont expliqué que les manifestants ont lancé des pierres contre l’église locale après les prières islamiques de mi-journée, vendredi. Les policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, dans ce qui est un des secteurs les plus pauvres d’Égytpe.

Le directeur de la sécurité de Qena, le général Salah Mazdi, aurait déclaré à des médias locaux que le commerçant est sous enquête.

Les violences entre chrétiens et musulmans d’Égypte se sont plus fréquents depuis deux ans, depuis que la chute du régime d’Hosni Moubarak a affaibli la sécurité à travers le pays. Les chrétiens croient que les extrémistes et les ultraconservateurs se sentent maintenant plus libres d’attaquer les églises et les propriétés coptes.

Les chrétiens coptes d’Égypte représentent environ 10 pour cent des 85 millions d’habitants du pays.

Partagez
Tweetez
Envoyez
l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur