Meurtre islamiste à Londres: les deux principaux accusés comparaissent

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à 15h49 HAE, le 3 juin 2013.

LONDRES – L’un des deux principaux suspects du meurtre sordide d’un soldat britannique dans une rue de Londres a fait sa première apparition en cour lundi, embrassant un exemplaire du Coran et brandissant son bras blessé dans les airs.

Michael Adebolajo, 28 ans, qui a été atteint par les tirs de la police avant d’être arrêté sur les lieux du meurtre le 22 mai, a comparu devant le tribunal de Westminster, le bras gauche recouvert d’un bandage.

L’accusé, qui a demandé de se faire appeler Moujahid Abou Hamza par la cour, fait face à des accusations de meurtre, de tentative de meurtre contre deux policiers et de possession d’une arme à feu.

Son complice présumé, Michael Adebolawe, 22 ans, a comparu plus tard lundi lors d’une audience distincte. Il est également accusé du meurtre du soldat Lee Rigby, de même que de possession d’une arme à feu.

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Les deux hommes ont été neutralisés par la police et placés sous surveillance policière à l’hôpital après l’attaque contre le soldat, qui a été renversé par un véhicule avant d’être poignardé à répétition alors qu’il rentrait à sa caserne, dans le sud-est de Londres.

Vêtu d’un t-shirt et d’un pantalon blancs, Michael Adebolajo a soufflé un baiser à un homme assis dans la tribune réservée au public, et les deux hommes ont ensuite pointé le doigt vers le ciel.

Quand il s’est fait demander de se lever, l’accusé a obtempéré, tout en lançant «Puis-je demander pourquoi?» et en affirmant qu’il voulait s’asseoir.

Il restera en détention en attendant une nouvelle audience prévue dans deux jours pour décider de son éventuelle libération sous caution.

Radicalisation

La police a arrêté et interrogé plusieurs autres suspects dans cette affaire. Le premier ministre britannique, David Cameron, a salué lundi les efforts des forces de l’ordre, tout en insistant sur l’importance de tirer les leçons de cette attaque.

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Devant les députés, il a déclaré que les commissions sur le renseignement et sur la sécurité du Parlement feraient un rapport à la fin de l’année sur ce qui aurait pu être fait pour empêcher le meurtre du soldat.

«Quand de jeunes hommes nés et élevés dans ce pays se radicalisent et se transforment en tueurs, nous devons nous poser des questions difficiles sur ce qui se passe dans notre pays», a dit M. Cameron. «C’est comme si, pour certaines jeunes personnes, un convoyeur menant à la radicalisation avait empoisonné leur esprit avec des idées malades et tordues. Nous devons démanteler ce processus à chacune de ses étapes.»

Le premier ministre a par ailleurs annoncé que le comité chargé de se pencher sur la radicalisation des jeunes Britanniques s’était réuni pour la première fois.

Le comité devra notamment déterminer si les règles encadrant les organismes de charité sont trop laxistes et si elles permettent aux extrémistes de prospérer. Il analysera aussi la question des groupes extrémistes dans les universités et de l’aide à apporter aux mosquées qui veulent expulser des extrémistes.

Manifestations

Par ailleurs, des groupes ultranationalistes et des organisations antiracistes ont manifesté séparément à Londres samedi en mémoire de la victime.

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Les forces de l’ordre ont empêché plusieurs centaines de partisans du Parti national britannique de s’approcher d’un imposant rassemblement contre le racisme devant le Parlement après que les deux camps eurent échangé des insultes et quelques coups.

La police a rapporté une hausse des incidents anti-islam depuis la mort de Lee Rigby, qui a été tué par des islamistes.

La famille du défunt a lancé un appel à la paix, soutenant que M. Rigby n’aurait pas voulu que les gens utilisent son nom comme prétexte pour s’attaquer les uns les autres.

La scène filmée par des téléphones

D’après des témoins, le soldat Rigby marchait près de sa caserne, dans le sud-est de Londres, lorsqu’il a été renversé par un véhicule, avant d’être poignardé à plusieurs reprises avec des couteaux et des couperets de boucher.

La scène sordide a été enregistrée sur les téléphones cellulaires de plusieurs témoins. Dans une vidéo diffusée par des médias britanniques, on voit l’un des deux principaux suspects tenant un couteau et un couperet ensanglantés qui fait des déclarations politiques et qui menace de commettre d’autres attaques. Des musulmans conservateurs ont identifié l’homme dans la vidéo comme étant Michael Adebolajo, un citoyen britannique originaire du Nigeria qui s’est converti à l’islam il y a une dizaine d’années.

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Les autorités britanniques affirment qu’elles connaissaient les deux principaux suspects depuis un certain temps, mais les révélations voulant que Michael Adebolajo ait été arrêté au Kenya en 2010 et que les services de renseignement britanniques ait tenté de le recruter ont fait naître des questions sur ce que les autorités auraient pu faire pour empêcher le meurtre de la semaine dernière.

Arrêté au Kenya

Les autorités kényanes ont confirmé que Michael Adebolajo avait été arrêté au Kenya en 2010 avec cinq autres personnes, près de la frontière avec la Somalie. La police pense que le jeune homme s’apprêtait à se rendre en Somalie pour combattre aux côtés de la milice islamiste Al-Shabab.

Lundi, une organisation londonienne qui défend les suspects de terrorisme a affirmé que Michael Adebolajo et sa famille l’avaient contactée il y a environ six mois pour se plaindre du harcèlement de l’agence de renseignement intérieur britannique, le MI5.

Un assistant social qui a parlé avec Michael Adebolajo l’a trouvé «paranoïaque et erratique», selon l’organisation.

«Sa soeur a contacté notre bureau pour se plaindre du harcèlement constant du MI5, qui visait son frère, Michael, et aussi son père», a déclaré Moazzam Begg, de l’organisation CagePrisoners.

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«Ils ont tous été contactés de différentes manières», a ajouté M. Begg lors d’une entrevue téléphonique avec l’Associated Press. «L’un des membres de la famille vivait et travaillait à l’étranger. Il a été contacté par le MI6 (l’agence britannique de renseignement étranger) à son travail et il s’est fait offrir de l’argent. Ils voulaient qu’il travaille pour eux.»

D’après M. Begg, Michael Adebolajo a déclaré à l’assistant social qu’il avait été torturé et menacé de viol lors de sa détention au Kenya, et qu’il avait été interrogé pendant des heures à son retour à Londres. Au départ, les autorités britanniques l’ont laissé aller, a expliqué M. Begg, mais en mars 2012, des responsables l’ont contacté pour lui offrir un emploi en tant qu’informateur. Michael Adebolajo a refusé, selon M. Begg.

Une mosquée de Grimsby, dans le nord de l’Angleterre, a été visée dimanche soir dernier par une attaque au cocktail Molotov, selon le président de l’établissement, Diler Gharib. La police a précisé avoir arrêté deux personnes en lien avec cet incident. Personne n’a été blessé.

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