Menton, la belle alanguie

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Publié 01/04/2014 par Aurélie Resch

Aux portes de l’Italie, Menton s’éveille avec le jour et s’étire nonchalamment le long de la Méditerranée. Voluptueuse, elle se prépare à une journée de paresse sous la caresse du soleil présent tout au long de l’année.

On raconte qu’Ève, chassée du paradis, emporta avec elle un fruit d’or. Lorsqu’elle arriva dans la baie du Garavagan, elle fut séduite par la douceur du climat, la lumière et la beauté naturelle des lieux. Elle y enterra son citron, et dans ce petit coin de paradis naquit Menton.

Peintres, poètes et compositeurs qui séjournèrent dans la ville furent eux aussi envoûtés par son charme et chantèrent ses louanges dans nombre de leurs œuvres.

Menton la Belle devint la terre promise d’artistes comme Jean Cocteau, Ferdinand Bach, Franz Liszt, et un lieu de villégiature pour les épris de mer et de montagne, de paix et de beauté.

Festival du citron

Du citron enterré par Ève naquit un événement unique au monde: le festival du citron. Cette fête populaire qui fait la réputation de Menton mobilise près de 300 intervenants, nécessite un total de 20 000 heures de travail et requiert environ 150 tonnes d’agrumes.

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Pendant une semaine au mois de février, les Jardins Biovès servent d’écrin à des structures en citrons et d’oranges pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres de haut. Animées, agrémentées de jeux de lumière et de créations sonores des plus réussies, elles attirent chaque année quelque 350 000 visiteurs.

Pendant sept jours, Menton est à la fête. Elle sort de sa torpeur et se pare d’or et de lumière pour vivre au rythme des orchestres, goûter à alcool, aux mets traditionnels et confiseries à base de citrons et d’agrumes.

La belle endormie sait s’amuser et ses rues s’animent de cris, de joie, d’échoppes et de monde… De quoi étonner les eaux tranquilles de la Méditerranée peu habituées à tant d’éclats.

Italien et français

S’étirant sur 17km carrés à flanc de rocher, Menton trempe ses pieds dans les eaux turquoise de la Méditerranée, à quelques encablures de Monaco et de l’Italie.

Entre grâce et joie de vivre, la ville a de quoi séduire. On y parle autant italien que français, on vit dehors et on boit en terrasse. On ne se presse pas, on ne s’énerve pas.

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Menton impose une quiétude bienvenue et invite à la paresse. Il n’y a pas de raison précise aux errances dans les ruelles. On se promène avant tout pour le plaisir. Et tant mieux si au détour d’un café, on découvre une église ou un musée. Un fort ou un marché coloré.

Menton vaut pour ses façades multicolores aux teintes chaudes, ses petits balcons où pend le linge, ses patios agrémentés de citronniers qui parfument agréablement la ville, ses places pavées. On y fait des rencontres, on discute, on goûte une tarte au citron ou une tourte à la viande. On prend le temps de vivre.

La grande plage invite à la marche, la sieste ou la baignade tout au long de l’année (si, si!).

Escalier en lacets

Les épris d’architecture et de photographie emprunteront le célèbre escalier en lacets qui mène à la basilique Saint-Michel-Archange, véritable bijou de l’art baroque, dont le clocher domine la ville.

Les gourmands-gourmets s’offriront un petit détour au marché des Halles. Ils y trouveront tous les produits frais régionaux imaginables et leurs déclinaisons en confitures, plats, pâtisseries et boissons. Un vrai régal. Pour les yeux comme pour le palais.

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Les amateurs de culture et d’art trouveront leur compte en visitant le Musée des beaux-arts, qui offre un panorama intéressant sur l’histoire de l’art de la peinture du XIIe au XXe siècle et le Musée Cocteau.

Ce nouveau musée, à l’architecture italienne ultramoderne, abrite une collection permanente qui permet de retracer l’œuvre de Jean Cocteau à travers les époques, ses tourments et ses amis, ainsi que des expositions temporaires.

Le Bastion

Votre billet d’accès vous permettra de visiter également l’autre monument dédié à l’artiste, le Bastion, petit fort du XVIIe siècle inséré dans la jetée du port. C’est Cocteau lui-même qui en assura la rénovation et en fit son monument commémoratif. Il est surtout intéressant pour les fresques en mosaïque au sol à l’entrée et autour des fenêtres au premier étage.

L’été allume des étoiles dans les yeux de la ville et le festival de musique classique tinte le rire de Menton qui résonne dans la baie. La Belle alanguie aguiche, offre et s’abandonne pour qui sait s’abandonner au calme et à la volupté.

Auteur

  • Aurélie Resch

    Chroniqueuse voyages. Écrivaine, journaliste, scénariste. Collabore à diverses revues culturelles. Réalise des documentaires pour des télévisions francophones. Anime des ateliers d’écriture dans les écoles, les salons du livre et les centres culturels.

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