Mali: la France intensifie ses bombardements

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à 06h49 HNE, le 14 janvier 2013.

BAMAKO, Mali – Les forces militaires françaises ont intensifié lundi leurs bombardements des islamistes extrémistes qui occupent le nord du Mali, frappant pour la première fois le centre du pays.

Des combats ont apparemment éclaté près du camp militaire de Diabaly et les insurgés auraient réussi à prendre le contrôle de la ville d’Alatona, en dépit des frappes françaises.

Ils auraient aussi rejoint, lundi, le principal axe nord-sud qui relie Diabaly à Segou, la capitale administrative du centre du Mali.

Les rebelles foncent sur la capitale, Bamako, depuis l’ouest du pays et ils s’en sont maintenant approchés à 400 kilomètres. Avant l’arrivée des forces françaises, les insurgés avaient été bloqués à environ 680 kilomètres de la capitale.

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En fin de journée dimanche, des avions de chasse ont bombardé la région rizicole centrale d’Alatona après qu’un convoi rebelle ait été aperçu à 40 kilomètres au sud-est de Diabaly, une ville qui abrite une importante base militaire malienne.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a affirmé lundi que la situation au Mali évolue favorablement. Il a indiqué que la progression des insurgés a été bloquée dans l’est du pays, tout en admettant que des défis persistent dans l’ouest.

Les frappes françaises ont débuté vendredi. Le Royaume-Uni a autorisé le déploiement d’appareils de transport C-17 pour aider au déploiement des soldats français, tandis que les États-Unis ont offert des drones ainsi que de l’équipement de communication et une aide logistique.

Dimanche, la France avait annoncé de nouveaux succès dans sa campagne contre les militants islamistes extrémistes contrôlant le nord du Mali, dont des bombardements aériens à Gao, entre autres contre l’aéroport et des camps d’entraînement utilisés par les rebelles liés à al-Qaïda qui contrôlent la ville.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a également indiqué que l’intervention vieille de trois jours gagnait des appuis sur la scène internationale, les États-Unis offrant de l’aide pour les communications et le transport, tandis que la Grande-Bretagne, le Danemark et d’autres pays européens ont fait part de leur soutien.

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Dans le cadre de l’effort militaire français, des frappes aériennes ont ainsi été effectuées à l’aide de chasseurs et d’hélicoptères de combat dans au moins quatre villes du nord. Environ 400 soldats français ont été déployés dans le pays dans le cadre de la tentative de reprise le contrôle du Nord, après un coup d’État survenu il y a neuf mois.

Des résidants de Gao ont confirmé que les cibles visées comprenaient l’aéroport, ainsi que le bâtiment qui servait de base à la police islamiste municipale qui, en raison de son adhésion à une vision stricte de la loi islamique, a commis plusieurs châtiments corporels, y compris des amputations.

L’intervention a cependant eu des coûts humains dans la ville de Konna, la première à être bombardée vendredi et samedi. Le maire de la ville a affirmé qu’au moins 10 civils ont été tués, dont trois enfants qui se sont jetés dans une rivière et sont morts noyés en tentant d’éviter les bombes tombant du ciel.

Le président français François Hollande a autorisé l’intervention militaire après qu’il fut devenu clair que l’avance des rebelles pourrait submerger les défenses dans la ville de Mopti, la première agglomération du territoire gouvernemental, où se trouve la plus grande concentration de soldats maliens.

Cette décision a catapulté le monde et les voisins du Mali dans une opération militaire que les diplomates n’envisageaient tout d’abord pas avant septembre. Selon le ministre français de la Défense, cette décision était inéluctable, étant donné l’avance des rebelles.

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Samedi, le Niger, le Burkina Faso, le Sénégal et le Nigeria ont décidé d’envoyer des soldats au Mali pour assisté la France.

M. Fabius a affirmé que l’effort militaire avait été couronné de succès dans la tentative de bloquer l’avance islamiste.

Le ministre a également souligné que l’opération recevait des appuis au niveau international, malgré les craintes d’une mission dans un bout de désert échappant à l’État de droit, au sein d’un pays à la gouvernance faible.

Des responsables américains ont quant à eux laissé entendre qu’ils avaient offert d’envoyer des drones au Mali, et considéraient une vaste gamme de moyens d’aide, incluant le partage d’informations, ainsi que l’utilisation limitées d’avions-citernes.

Un porte-parole de la mission française à l’ONU, Brieuc Pont, a indiqué que le Conseil de sécurité se réunirait lundi, à la demande de la France, pour discuter du cas malien.

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M. Pont a mentionné dimanche sur Twitter que le Conseil se réunirait lundi après-midi «pour examiner la situation au Mali».

Samedi, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avait autorisé le déploiement immédiat de militaires au Mali, devançant le commencement de son opération militaire, initialement prévue pour septembre.

La CEDEAO a révisé sa décision après que les militants islamistes, qui ont pris le nord du Mali il y a environ neuf mois, eurent décidé cette semaine d’étendre leur offensive vers le sud du pays et de se diriger vers Konna. Or Konna est située à 50 kilomètres de Mopti, la première ville à être contrôlée par le gouvernement, et qui héberge une importante base militaire malienne.

Plusieurs observateurs craignent que la chute de Mopti pourrait ensuite entraîner la prise du reste du pays par les islamistes, ce qui enflammerait encore davantage un conflit qui dure depuis près d’un an.

Le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Driand a dit samedi que cette possibilité laissait entrevoir l’établissement «d’un État terroriste aux portes de la France et de l’Europe».

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M. Le Driand a confirmé que l’offensive aérienne de son pays, qui a commencé vendredi dans l’ancienne colonie française, visait à chasser les islamistes de Konna. Il a également déclaré qu’un centre de contrôle situé en périphérie de la ville avait été détruit.

Signe que la bataille pourrait être difficile, toutefois, l’amiral Édouard Guillaud a annoncé qu’un hélicoptère français avait été abattu pendant la bataille et que le pilote était décédé des suites de ses blessures pendant qu’il était transporté vers un endroit plus sûr.

Les militants islamistes utilisent des armes qu’ils ont volées dans l’arsenal de l’ex-leader libyen Mouammar Khadafi, mais également de l’armement abandonné par les militaires maliens qui ont dû fuir leurs postes de combat pendant l’offensive des rebelles.

Le lieutenant-colonel Diarran Kone a confirmé que les militants islamistes avaient été chassés de Konna, mais il a précisé que la ville n’était pas encore complètement contrôlée par le gouvernement. Les rebelles avaient pris Konna jeudi.

Selon une transcription effectuée par le groupe SITE Intelligence de Washington, un combattant des forces rebelles a écrit sur un forum djihadiste que le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest prévoit conquérir la capitale, Bamako, sous peu.

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En réponse, des participants au forum ont appelé à venger le Mali des Français, proposant des cibles à attaquer, par exemple l’ambassade française au Niger.

L’opération militaire marque un revirement important, après des mois de débats à propos d’une probable implication militaire des pouvoirs occidentaux au Mali. Les rebelles islamistes ont profité d’un coup d’État dans la capitale malienne en mars dernier pour faire main basse sur le nord du pays.

En décembre, le secrétaire des Nations Unies, Ban Ki-Moon, formulait des réserves quant à une intervention militaire immédiate dans le pays, disant craindre une hausse des abus des droits humains. Les diplomates s’étaient alors entendus pour attendre jusqu’au mois de septembre, au moins, avant d’intervenir.

Les avancées des rebelles vers le sud ont toutefois fait changer les choses. L’opération militaire française, qui a commencé vendredi, a été lancée en réponse à un appel à l’aide du président du Mali.

La CEDEAO n’a pas précisé le nombre de militaires qu’il enverra au Mali, pas plus que le moment de leur arrivée. Dans un communiqué diffusé samedi, son président Kadré Désiré Ouedraogo a indiqué avoir «autorisé le déploiement immédiat de troupes» devant «l’urgence de la situation».

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