L’Obamanie faiblit en Afrique

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Le voyage en Afrique du premier président noir des États-Unis, du 26 juin au 3 juillet dernier, laisse voir un symbolisme qui n’atteint plus son paroxysme. Cela pour trois raisons fondamentales: l’Obamania naissante de 2009 n’enthousiasme plus; les Africains ne croient plus aux discours «restore hope»; et les accords géo économico-stratégiques entre les USA et l’Afrique sont désormais apprivoisés par la Chine.

Le premier voyage d’Obama en Afrique, précisément au Ghana, juste après son élection en 2009, avait suscité beaucoup d’enthousiasmes chez les Africains affables qui pensaient que le fils du Kenyan pouvait plaider en leur faveur.

Mais, au fil des années, et compte tenu des actions d’Obama et de son administration sur le continent africain – notamment: la guerre en Lybie, la séparation du Soudan en deux, et tout récemment la guerre au Mali – la cote des USA et de l’afro-américain de président a baissé sur le continent africain.

Dans ce contexte, Obama devait donc retourner en Afrique pour redorer le blason des USA en Afrique. L’a-t-il fait? Le manque d’enthousiasme dans son accueil au Sénégal et en Afrique du Sud en dit long.

En marge des beaux discour

Obama arrive au Sénégal et en Afrique du Sud pour parler de démocratie, de justice et d’aide au développement aux Africains qui attendent depuis des lustres.

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Les promesses faites aux présidents sénégalais Abdoulaye Wade et sud-africain Jacob Zuma, pour leur rôle déterminant dans la déstabilisation de la Lybie, n’ont pas été tenues.

Ayons souvenance du voyage que le président Wade a effectué à Tripoli pour dire à Kadhafi de quitter le pouvoir contre toute attente des Africains. Ayons aussi souvenance de l’appui de Jacob Zuma à la résolution 1973 donnant le feu vert à l’OTAN de bombarder la Lybie, la terre africaine de ses ancêtres, qui avait pourtant soutenu l’Afrique du Sud dans sa lutte contre l’apartheid.

Aujourd’hui, les choses ne se sont pas améliorées en Lybie, au Sénégal, et partout en Afrique. La visite à l’île de Gorée et à Robben Island étant purement touristique n’impressionne plus. Même pas une photo avec Madiba, image-symbole.

La chine en Afriqu

L’arrivée d’Obama, qui précédait celle de Xi Jinping en Tanzanie, fait penser à dépoussiérer l’AGOA (le programme américain issu de l’«African Growth and Opportunity Act»).

Obama veut entériner le leadership de la Tanzanie dans la sous-région de l’Afrique orientale. Un leadership qui se joue entre le Kenya et la Tanzanie.

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Pourquoi Obama ne va pas au Kenya? Alors que son père y est originaire et que la famille de son père l’y attend à bras ouvert.

Premièrement, il veut éviter d’entériner la légitimité du président kenyan actuellement poursuivi par la Cour pénale internationale.

Deuxièmement il n’entend pas rentrer dans le conflit foncier Luo-Kikuyu.

Et troisièmement, il cherche encore à contourner un processus de sous régionalisation en Afrique, notamment celui de la Communauté d’Afrique de l’Est qui envisage une fédération politique en 2015. Mais de toute évidence, les Chinois sont déjà en Afrique et comptent y rester.

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