L’Irak interdit 10 chaînes de télévision satellite, dont Al Jazeera

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28 avril 2013, 12h19

BAGDAD _ Les autorités irakiennes ont annoncé dimanche qu’elles avaient retiré les licences du diffuseur al-Jazeera ainsi que celles de neuf autres chaînes de télévision satellites, les accusant de promouvoir le sectarisme alors que le pays fait face à une vague de violence.

Le décision, en vigueur immédiatement, survient alors que Bagdad tente d’apaiser l’agitation politique après des affrontements à des manifestations le mois dernier.

Plus de 180 personnes sont mortes lors d’affrontements avec des forces de sécurité et dans d’autres attaques depuis mardi. La violence survient après plus de quatre mois de manifestations paisibles menées par la minorité sunnite contre le gouvernement, majoritairement shiite.

Al-Jazeera, une chaîne internationale qui provient du Qatar, s’est dite surprise par la décision. Elle a exhorté les autorités irakiennes de respecter la liberté de presse pour que les médias puissent rapporter les événements importants qui ont lieu en Irak.

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La chaîne a assuré une couverture importante des manifestations qui ont eu lieu dans toute la région pendant le « printemps arabe », ainsi que la guerre civile en Syrie voisine.

Le Qatar est critique du régime syrien et le pays soutient activement les rebelles qui se battent contre le régime du président Bachar al-Assad. Plusieurs supporteurs du gouvernement irakien accusent également le petit État d’appuyer les manifestations contre le gouvernement en Irak.

L’Irak et d’autres pays dans la région ont déjà interdit Al-Jazeera parce qu’ils étaient mécontents de sa couverture.

Deux des autres chaînes qui ont été interdites dimanche critiquent fréquemment le gouvernement, les sept autres étant de petites chaînes locales.

Dans un communiqué affiché sur son site Internet, la Commission irakienne des communications et des médias a accusé les chaînes bannies de rapporter des informations erronées et exagérées. Elle les a aussi accusées d’être responsables de la violence menée par le sectarisme et de faire la promotion « d’organisations terroristes bannies qui ont commis des crimes contre le peuple irakien ».

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Vendredi, des soldats irakiens appuyés par des blindés ont repris le contrôle d’une ville sunnite au nord de Bagdad, après le retrait sans violence d’hommes armés.

Des violences ont toutefois éclaté autour de trois mosquées sunnites, pendant que des religieux appelaient à la formation d’une armée tribale pour défendre les villes sunnites.

Des combattants sunnites s’étaient emparés de la ville de Suleiman Beg jeudi, au terme de combats avec les forces de sécurité. Des affrontements ayant fait plus de 150 victimes se sont produits dans des villes sunnites de l’ouest et du nord du pays au cours des quatre derniers jours.

Des responsables policiers et militaires ont expliqué que les soldats sont entrés dans la ville après des négociations avec des leaders tribaux.

Dans la ville de Samarra, le religieux sunnite Najih al-Mizan a dénoncé les politiques du premier ministre Nouri al-Maliki, dont il a réclamé la démission. Il a aussi demandé la formation d’une armée sunnite. Un religieux de Fallujah y est allé de propos similaires.

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Mais à Bagdad, vendredi, des fidèles sunnites qui quittaient la mosquée ont été victimes d’une attaque à la bombe, faisant cinq morts et 22 blessés. Deux autres bombes ont ensuite explosé près d’autres mosquées sunnites, tuant trois personnes.

Jeudi, des affrontements avaient éclaté jeudi à Mossoul, ville stratégique du nord de l’Irak, faisant passer à plus de 150 le nombre de victimes des violences interconfessionnelles au pays en l’espace de trois jours.

Ces nouveaux heurts viennent aggraver une situation politique déjà fort tendue entre le gouvernement dirigé par des chiites et la population sunnite. Les sunnites accusent le gouvernement du premier ministre Nouri al-Maliki de les négliger.

Le dirigeant a fait une déclaration télévisée pour tenter de calmer le jeu. Les tensions entre les chiites et les sunnites sont croissantes et font craindre que les violences interconfessionnelles ne reprennent au pays, environ un an après le retrait des troupes américaines.

La flambée de violence survient alors que les responsables électoraux irakiens ont annoncé les résultats préliminaires des élections régionales s’étant tenues samedi _ les premières depuis que les États-Unis ont rappelé leurs soldats, en décembre 2011.

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Après le décompte de 87 pour cent des bulletins de vote, la coalition de Nouri al-Maliki, l’État de Droit, semblait en passe de remporter la victoire dans huit des 12 provinces où avait lieu le vote, incluant Bagdad.

L’annonce de ces résultats a néanmoins été éclipsée par les hostilités de jeudi. Du côté de Mossoul, ancien fief des insurgés sunnites, des échanges de coup de feu entre policiers et hommes armés ont fait 41 victimes, dont 31 militants et 10 policiers, selon les autorités policières.

Des combats ont également éclaté entre des hommes armés et des responsables sécuritaires tard jeudi dans l’ancien château-fort taliban de Baqouba. Les autorités ont réagi en imposant un couvre-feu dans l’ensemble pour la ville et la province avoisinante.

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