Les psys bienvenus à Guantanamo

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SAN FRANCISCO (AP) – L’Association américaine de psychologie (APA), considérée comme la plus grande organisation professionnelle du pays, a décidé dimanche de ne pas interdire à ses membres de participer aux interrogatoires de détenus à Guantanamo et dans d’autres centres de détention militaires américains.

Alors que certains réclamaient une interdiction sous peine d’expulsion, l’APA n’a pas voulu aller aussi loin, se contentant de réaffirmer son opposition à la torture.

Ce débat au sein de l’association a été rendu nécessaire par la présence avérée de psychologues à Guantanamo et dans la tristement célèbre prison irakienne d’Abou Ghraïb.

À l’occasion de son congrès annuel à San Francisco, l’APA (148 000 membres), a étudié une motion interdisant à ses membres d’être impliqués de quelque façon que ce soit dans les interrogatoires menés dans de tels centres de détention.

Ses promoteurs ont souligné qu’il fallait que l’APA suive l’exemple de l’Association médicale américaine et de l’Association américaine de psychiatrie, qui ont décidé que leurs membres ne pouvaient jouer aucun rôle dans les interrogatoires menés dans des prisons telles que Guantanamo.

Mais d’autres, opposés à l’interdiction, ont fait valoir que la présence de psychologues pouvait aider à s’assurer que des abus ne soient pas commis lors des interrogatoires. Cette tendance l’a donc emporté, au grand dam de certains.

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«Si on en arrive à justifier la présence de psychologues par le simple fait que ça permet d’empêcher que des détenus ne soient tués, alors la seule chose à faire, sur le plan moral et éthique, c’est de s’en aller», a réagi Laurie Wagner, qui exerce à Dallas.

L’APA s’est donc contentée d’adopter une résolution réaffirmant son opposition à la torture et interdisant à ses membres de se livrer ou d’être partie prenante à plus d’une dizaine de pratiques spécifiques, incluant la nudité forcée ou la privation de sommeil.

«Nous avons profité de ce congrès pour montrer que l’APA attire l’attention sur des actes qui n’ont pas de raison d’être, qui ne sont pas éthiques et qu’aucun psychologue ne doit commettre», s’est justifiée la porte-parole de l’APA, Rhea Farberman.

Le débat au sein de l’association fait suite à la publication des rapports qui impliquent des spécialistes de la santé mentale dans les scandales d’abus sur des détenus à Guantanamo et à Abou Ghraïb, près de Bagdad. Certains de ces psychiatres et psychologues sont notamment accusés d’avoir aidé les interrogateurs à augmenter le niveau de tension chez les prisonniers, en exploitant leurs peurs.

Un rapport du ministère de la Défense récemment déclassifié confirme que depuis 2002, des psychiatres et psychologues ont aidé les interrogateurs militaires à développer de nouvelles techniques afin de soutirer des informations aux prisonniers.

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