Les islamistes défient le pouvoir militaire en Égypte

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à 12h55 HAE, le 6 septembre 2013.

LE CAIRE – Des milliers de partisans des Frères musulmans et du président égyptien déchu Mohammed Morsi ont défilé dans les rues du pays, vendredi, pour dénoncer le gouvernement appuyé par l’armée.

Les manifestants sont sortis des mosquées après les prières du vendredi, notamment dans les villes d’Ismailiya, de Suez, d’Assiout, d’Alexandrie et de la capitale, Le Caire. Ils agitaient le drapeau égyptien ou des images de M. Morsi, chassé du pouvoir le 3 juillet, et scandaient des slogans hostiles au gouvernement.

Voiture piégée

Dans le même temps, les autorités ont indiqué avoir interrogé le propriétaire de la voiture qui a servi à l’attentat de jeudi contre le ministre de l’Intérieur, Mohammed Ibrahim. Le ministre, responsable des forces policières ayant mené la répression contre les partisans de M. Morsi, a échappé de peu à la tentative d’assassinat, qui a fait un mort et 21 blessés.

Le véhicule ayant servi à l’attentat avait été volé, ont mentionné les forces de l’ordre, sans toutefois divulguer plus de détails. Il s’agissait de la première attaque contre un haut représentant du gouvernement depuis la chute du président Morsi.

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Dans un communiqué publié après l’attentat à la voiture piégée, les Frères musulmans ont pris leurs distances et déclaré condamner le recours à la violence.

L’attaque a toutefois suscité certaines craintes que les militants tentent de lancer une campagne de violence pour se venger du coup d’État qui a coûté le pouvoir à M. Morsi. Le couvre-feu, en vigueur dans la plupart des villes égyptiennes depuis la mi-août, a été prolongé de quatre heures en raison des manifestations et débute désormais à 19 h.

Accusations

Les Frères musulmans ont demandé vendredi à leurs partisans de manifester «pour protéger la révolution», en référence au soulèvement qui a renversé Hosni Moubarak en 2011.

Les manifestations se font plus modestes depuis que des violences ont causé la mort de plus d’un millier de personnes au mois d’août. Et bien que les Frères musulmans aient du mal à mobiliser leurs partisans depuis l’arrestation de milliers de membres de l’organisation, ils sont toujours en mesure de faire descendre dans les rues leurs plus ardents défenseurs.

Par ailleurs, la justice égyptienne examine une série de dossiers susceptibles de déterminer le sort des Frères musulmans. Plusieurs leaders de l’organisation sont accusés d’avoir incité ou pris part à des actes de violence contre l’armée et la police.

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Plus tôt cette semaine, un comité de juges a recommandé la dissolution du groupe, exerçant ainsi une pression supplémentaire pour bannir les Frères musulmans, principal allié de M. Morsi au pays.

Al-Jazira

En début de semaine, un tribunal égyptien a chassé des ondes la filiale locale d’Al-Jazira et trois autres stations connues pour leur couverture des manifestations organisées par les Frères musulmans, affirmant qu’elles diffusaient illégalement.

Cette décision était largement attendue. Des dirigeants égyptiens avaient déjà qualifié la station Al-Jazira Mubasher Misr de menace à la sécurité nationale, lui reprochant de diffuser sans permis et de propager des rumeurs.

La station avait amplement couvert les manifestations organisées par les Frères musulmans après que le président Mohammed Morsi ait été chassé du pouvoir, le 3 juillet.

Les responsables égyptiens accusent la station d’avoir un parti pris envers le groupe islamiste, ce qu’elle nie. Les trois autres stations, elles aussi considérées comme étant pro-islamistes, ont également couvert les manifestations.

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Sinaï et Gaza

Par ailleurs, mardi, des hélicoptères égyptiens ont tiré des missiles contre des militants dans le nord de la péninsule du Sinaï, faisant des dizaines de morts. Au moins trois maisons auraient été détruites et une mosquée endommagée.

Les forces de l’ordre égyptiennes ont intensifié leur présence dans cette région sauvage située entre Gaza et Israël, arrêtant des suspects et détruisants les tunnels utilisés par les contrebandiers pour transporter des hommes et des armes.

Des responsables égyptiens de la sécurité et des résidents affirment que l’armée a démoli 13 maisons situées le long de la frontière avec la Bande de Gaza, potentiellement pour créer une zone tampon qui, espère-t-on, réduira le trafic d’armes et la circulation transfrontalière illégale par des militants.

Des responsables du gouvernement du Sinaï du Nord ont mentionné dimanche que l’armée prévoyait de créer une zone sans arbres de 500 mètres de large et de 10 kilomètres de long commençant au point de passage frontalier à Rafah.

Ces responsables ajoutent que les maisons comprenant des tunnels en dessous d’elles ont été rasées au cours des 10 derniers jours pour tester cette idée.

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L’armée égyptienne a fermé la majorité du réseau de tunnels autrefois très actif, mais certains sont toujours fonctionnels sur la frontière longue de 15 kilomètres.

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