Les forces maliennes et françaises à Bourem, bastion des jihadistes

Partagez
Tweetez
Envoyez

à 17h55 HNE, le 17 février 2013.

GAO, Mali – Des centaines de soldats des armées malienne et française se trouvaient dimanche à Bourem, un bastion des jihadistes où des centaines de combattants auraient trouvé refuge après avoir été chassés de Gao, première ville en importance de la région, ont annoncé dimanche des témoins et des responsables.

Les jihadistes ont orchestré deux attentats suicide à un point de contrôle situé sur la route reliant Gao à Bourem la semaine dernière, ce qui fait craindre une prolongation du conflit dans le nord du Mali après que les troupes françaises et maliennes eurent réussi à déloger aisément les activistes radicaux de plusieurs villes.

Environ 1000 militaires en provenance de la France, du Mali et d’autres pays africains étaient à Bourem dimanche, une source de l’armée française qui a demandé à conserver l’anonymat puisqu’il n’était pas autorisé à parler aux journalistes.

Une opération militaire conjointe lancée samedi après-midi a permis aux troupes de pénétrer dans la cité, a confié le même responsable. La mission s’inscrivait dans le cadre des efforts visant à sécuriser la ville de Gao, que les activistes radicaux ont envahi il y a une semaine, ce qui a mené à d’intenses combats pendant des heures entre les jihadistes et les forces maliennes.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

«Comme le général l’a dit, les jihadistes ne sont jamais bien loin», a déclaré le responsable militaire.

Bourem est située à seulement 95 kilomètres de Gao, la plus grande ville du nord du Mali où les islamistes radicaux ont imposé leur loi pendant près de 10 mois en appliquant leur interprétation stricte de la charia, une loi islamique. Ils ont amputé des dizaines de personnes accusées de crimes et ont administré des coups de fouet à des femmes qui sortaient en public sans porter de voile.

Des témoins ont affirmé dimanche avoir aperçu environ 50 véhicules militaires de l’armée française et une dizaine de véhicules de l’armée malienne à Bourem.

La veille, à Tombouctou — ville qui s’était aussi retrouvée sous l’emprise des islamistes radicaux —, l’armée malienne a placé huit hommes d’origine arabe en détention. Les familles des personnes arrêtées ont confirmé la nouvelle samedi soir.

Cela fait craindre des représailles contre les membres de la minorité arabe de la région, dont les membres sont soupçonnés d’avoir soutenu les groupes liés à Al-Qaïda ayant pris le contrôle du nord du Mali l’an dernier.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Explosifs

Par ailleurs, un représentant de l’armée malienne a révélé mercredi que des quantités énormes d’explosifs ont été retrouvées dans la ville de Gao, dans le nord du pays.

Daouda Diarra a précisé que l’armée française a récupéré 800 kilos d’explosifs dans le quartier de Château. Les explosifs avaient été trouvés quelques jours plus tôt.

L’armée française n’a pas été immédiatement en mesure de commenter.

Les militants islamistes radicaux se sont retirés de Gao le 26 janvier, après y avoir régné pendant 10 mois.

Ils ont perpétré deux attentats-suicides au cours de la dernière semaine et une offensive lancée dimanche, dans le centre de la ville, a donné lieu à des affrontements qui ont duré cinq heures.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Lundi, des soldats maliens parcouraient les rues de Gao lundi à la recherche de combattants islamistes qui pourraient encore être présents dans la ville, après leur invasion de dimanche et les violents combats qui ont suivi durant plusieurs heures.

C’était la première fois que les islamistes revenaient à Gao depuis que la ville a été reprise par les forces françaises et maliennes il y a deux semaines. L’attaque laisse penser que les jihadistes ont l’intention de se battre pour reprendre Gao, qu’ils ont contrôlée pendant près de 10 mois.

Le lieutenant-colonel Salihou Maïga, de la police nationale malienne, a déclaré lundi qu’au moins 14 suspects avaient été arrêtés dans la région et seraient transférés à Bamako, la capitale.

«Les gens ont été terrorisés par l’attaque de dimanche, mais tout le monde est revenu dans la ville maintenant, a-t-il indiqué. Le calme a été rétabli.»

Au moins six véhicules blindés français parcouraient les rues vides du centre de la ville où les jihadistes en robe noire ont affronté les soldats maliens pendant plus de cinq heures, la veille. Le poste de contrôle à l’entrée de la ville, où des kamikazes se sont déjà fait exploser deux fois, a été lourdement fortifié.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

«Nos forces patrouillent la ville pour démanteler les poches de résistance», a déclaré Daouda Sidiki Dembelé, un responsable des communications de l’armée malienne à Gao.

Des centaines de résidants se sont rassemblés lundi devant le quartier général de la police, où des parties de corps humain jonchaient le sol.

«Hier, nous avons entendu des tirs et nous nous sommes cachés dans nos maisons toute la soirée», a déclaré Soumayla Maïga, rencontré avec ses amis devant les bureaux lourdement endommagés de la police.

Les jihadistes, armés de fusils automatiques AK-47, sont revenus à Gao en traversant le fleuve Niger à bord de pirogues dimanche après-midi, selon le général français Bernard Berrera, citant l’armée malienne.

À la tombée de la nuit, des hélicoptères français survolaient la ville. Deux explosions ont été entendues durant la nuit, mais lundi matin, on n’entendait plus que l’appel à la prière des mosquées et les aboiements des chiens.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

La lieutenante-colonelle Nema Sagadam n’était pas en mesure de dire combien de combattants islamistes ont pénétré dans la ville durant l’attaque de dimanche, mais elle a précisé qu’au moins dix d’entre eux avaient été tués par les forces maliennes. Les soldats maliens ont tiré sur le quartier général de la police parce que des jihadistes étaient cachés à l’intérieur, a-t-elle dit.

«Nous avons eu recours aux armes lourdes pour attaquer l’édifice parce qu’il était infesté de militants qui tiraient sur les gens», a-t-elle expliqué.

Les résidants qui s’étaient barricadés chez eux durant l’attaque se sont prudemment aventurés à l’extérieur lundi. Des citoyens rassemblés en cercle observaient les restes humains laissés après les combats.

Les femmes ont utilisé leurs foulards pour se couvrir le nez et la bouche en passant devant deux jambes abandonnées dans le sable. Les restes d’un âne démembré étaient aussi visibles devant l’édifice de la police.

Deux civils ont été tués par les tirs et dix autres ont été blessés, selon le docteur Moulaye Djiteye, de l’hôpital de Gao. Le corps d’un troisième homme est arrivé à l’hôpital plus tard lundi matin. D’après des résidants, il a été touché par une balle perdue alors qu’il circulait sur sa mobylette.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Les combattants islamistes avaient déjà affronté les forces maliennes en périphérie de Gao, mais les combats de dimanche étaient les premiers à se dérouler dans le centre de la ville.

À Tombouctou, une autre ville du nord récemment libérée, les forces maliennes continuaient de recevoir des informations de civils sur des stocks de munitions abandonnés par les extrémistes.

Lundi, une unité dirigée par le capitaine Adama Diarra a reçu un appel au sujet de grenades cachées dans un carton de lait en poudre. La boîte a été trouvée par des enfants dans un cimetière que les combattants utilisaient comme base, a-t-il expliqué.

«Les enfants ont vu la boîte et ils tentaient d’ouvrir les sachets de lait quand ils ont vu un objet métallique en sortir. Heureusement, ils ont eu la sagesse d’appeler leurs parents, qui nous ont alertés, a dit le capitaine Diarra. Nous continuons de trouver des armes à feu chaque jour.»

Partagez
Tweetez
Envoyez
l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur