Les forces françaises et maliennes reprennent Tombouctou

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à 14h50 HNE, le 28 janvier 2013.

SEVARE, Mali – Les forces maliennes sont entrées à Tombouctou lundi après que les rebelles islamistes liés à Al-Qaïda eurent incendié une bibliothèque contenant des milliers de manuscrits anciens et pris la fuite dans le désert.

Le porte-parole de l’armée française, le colonel Thierry Burkhard, a déclaré depuis Paris qu’il n’y avait eu aucun combat avec les extrémistes qui dirigeaient Tombouctou depuis 10 mois, mais que les troupes ne contrôlaient pas encore la ville.

Selon M. Burkhard, des parachutistes français ont atterri au nord de la cité alors que les forces terrestres sont arrivées au sud. Il a ajouté que la présence d’hélicoptères avait été décisive dans la réussite de l’opération.

La France a indiqué que les soldats maliens devaient maintenant terminer la conquête de Tombouctou. Mais ces derniers ont généralement peu brillé sur le champ de bataille par le passé, battant souvent en retraite devant des combattants islamistes bien armés et aguerris.

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L’intervention militaire dirigée par l’armée française contre les extrémistes, qui ont pris le pouvoir dans le nord du Mali l’an dernier, s’est amorcée il y a deux semaines lorsque les insurgés ont commencé à gagner du terrain dans le sud du pays.

Samedi, les troupes françaises ont mis la main sur des installations importantes à Gao, dans le nord-est. Dimanche, elles ont pris l’aéroport de Tombouctou sans coup férir et toutes les routes menant à la ville.

«Une opération menée la nuit dernière nous a permis de contrôler l’accès à la ville», a indiqué lundi le colonel Burkhard. «C’est maintenant aux forces maliennes de la reconquérir.»

Par ailleurs, le maire de Tombouctou, Ousmane Halle, a confirmé à l’Associated Press que les rebelles avaient mis le feu à son bureau et à l’Institut Ahmed Baba, une bibliothèque contenant des documents historiques, avant de s’enfuir.

Longtemps considérée comme un centre de savoir islamique, la ville abrite quelque 20 000 manuscrits dont certains datent du XIIe siècle. Il n’a pas été immédiatement possible de déterminer lesquels avaient été brûlés.

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Tombouctou se trouve à 1000 kilomètres au nord de la capitale malienne, Bamako. Les insurgés y ont détruit de nombreux sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, dont le tombeau de Sidi Mahmoudou, un saint soufi mort en 955.

Un porte-parole des rebelles a expliqué que ces lieux contrevenaient aux principes de l’islam en encourageant les fidèles à vénérer des saints plutôt que Dieu.

Gao

Samedi, les militaires avaient repris l’aéroport et un important pont de Gao, la plus grande ville du nord du pays.

D’autres militaires étaient également en route vers Gao depuis le Niger.

Vendredi, on avait appris que les extrémistes islamistes présents dans la ville malienne d’Ansongo ont détruit un pont près de la frontière avec le Niger. Il s’agissait du premier incident connu dans lequel les jihadistes ont recours à des explosifs depuis le début de l’opération militaire française au Mali, il y a deux semaines.

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L’explosion montre que les extrémistes restent un ennemi redoutable malgré les gains réalisés par les forces françaises et maliennes, qui ont repris trois villes aux insurgés et qui se dirigeaient vendredi vers le bastion islamiste de Gao, l’une des trois capitales provinciales contrôlées par les rebelles liés à Al-Qaïda.

Djibril Diallo, chef du village de Fafa, à environ 20 kilomètres du pont, a déclaré vendredi en entrevue téléphonique que des résidants l’avaient appelé pour confirmer que des combattants du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) s’étaient rendus jeudi près de la localité de Tassiga, en direction de la frontière avec le Niger, où ils ont fait exploser le pont qui mène à la ville.

L’opération a été menée par des combattants du MUJAO basés à Ansongo, à environ 40 kilomètres de Tassiga.

«C’est tout à fait vrai. Ils l’ont fait exploser. C’était hier soir vers 21 h. Les islamistes ont quitté leur base à Ansongo après les frappes aériennes et se sont rendus en direction de la frontière nigérienne. Ils ont provoqué l’effondrement du pont près de la ville de Tassiga, pas très loin du Niger», a déclaré M. Diallo.

Une porte-parole de Médecins sans frontières, Julie Damond, a déclaré que l’explosion du pont n’avait pas fait de victime directe. Mais elle a souligné que plusieurs personnes étaient soignées à l’hôpital d’Ansongo après avoir été blessées quand l’autobus dans lequel elles circulaient est tombé dans un trou dans le pont causé par l’explosion.

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L’attaque rappelle les tactiques employées par les insurgés en Irak et en Afghanistan. Elle semble avoir pour but de freiner l’avancée des troupes africaines stationnées au Niger, qui devraient entrer au Mali par la route en passant par Tassiga pour tenter de reprendre le contrôle de Gao.

L’attaque du pont de Tassiga soulève des inquiétudes sur la sécurité d’un autre pont stratégique qui mène directement à Gao, ont indiqué des responsables.

Un élu du nord du Mali, qui a réclamé l’anonymat par crainte de représailles, a déclaré que des combattants du MUJAO avaient été vus durant la nuit sur le pont qui mène à Gao, et que certaines informations laissaient croire qu’ils allaient le bombarder.

Malgré ces reculs, les forces maliennes et françaises au sol ont avancé vendredi vers Gao, selon des résidants et des responsables de la sécurité. C’est la première fois que les troupes avancent autant vers le nord et l’est depuis le début de l’opération, il y a deux semaines. Les soldats ont été aperçus dans la ville de Hombori, ont affirmé des résidants.

«Il y avait huit véhicules tout-terrain et deux véhicules blindés», a déclaré Maouloud Daou, qui vit à Hombori. «Ils nous ont demandé s’il y avait des islamistes dans la ville et nous leur avons dit qu’ils étaient partis. Les gens étaient vraiment contents de voir les soldats maliens et français.»

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Hombori est située à 150 kilomètres au nord de l’actuelle ligne de contrôle de Douentza, une localité reprise par les forces gouvernementales plus tôt cette semaine. Cette avancée vers le nord place les forces maliennes et françaises à seulement 250 kilomètres de Gao.

Avions américains et canadien

Des avions américains ont transporté des soldats français et de l’équipement au Mali pour la première fois, a annoncé mardi un porte-parole militaire américain, tandis que les forces françaises et maliennes poursuivaient leur progression vers le nord tenu par des combattants islamistes.

Le Canada, pour sa part, a renouvelé le mandat de son avion de transport affecté à la guerre contre les islamistes au Mali. Notre C-17 Globemaster continuera à assurer le transport de matériel et de militaires entre la France et Bamako jusqu’au 15 février.

Le premier ministre Stephen Harper a déjà écarté l’hypothèse d’une implication militaire «directe» des Canadiens dans cette campagne militaire.

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