Les écoles laïques réclament des règles d’admission «cohérentes» pour les écoles catholiques

Un Valentin qui n'est pas une déclaration d'amour...

Des participants au camp Noël Académie 2017 à l'école secondaire catholique Sainte-Famille à Mississauga (Conseil scolaire MonAvenir).
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Publié 14/02/2018 par François Bergeron

Le nombre croissant d’inscriptions d’élèves non catholiques dans les écoles élémentaires catholiques de l’Ontario inquiète l’ACÉPO, le regroupement des quatre conseils scolaires publics (laïcs) de la province.

Un système d’éducation maintenu pour protéger la foi catholique devrait-il recevoir des élèves n’adhérant pas à cette religion? Ce serait le cas, en effet, selon un reportage du Globe and Mail le 12 février, suivi d’un éditorial qui répond «non» à la question – un enjeu politique explosif s’il en est un, à quatre mois des élections provinciales.

Dans un communiqué de la Saint-Valentin – qui est loin d’être une déclaration d’amour – l’ACÉPO demande que le gouvernement ontarien dénombre les élèves non catholiques enregistrés dans les huit conseils scolaires confessionnels de langue française de l’AFOCSC et «fasse respecter des conditions d’admission cohérentes» des élèves dans les écoles catholiques.

Plus de 8%

Le Globe and Mail évalue à plus de 8% la population d’élèves des écoles catholiques anglophones de Ontario qui ne serait pas catholique, un pourcentage en hausse ces dernières années.

Denis M. Chartrand ACEPO
Denis M. Chartrand

L’ACÉPO veut connaître «l’ampleur de la situation du côté francophone» et demande au ministère de l’Éducation de «recenser l’évolution du nombre d’élèves non catholiques dans les conseils scolaires catholiques de langue française au cours des dernières années et de rendre l’information publique».

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«Ces données révéleront les réels besoins en éducation catholique de langue française, ainsi que l’importance de financer adéquatement l’épanouissement du réseau des écoles laïques de langue française», soutient l’organisme présidé par Denis M. Chartrand, un élu scolaire de l’Est ontarien, et dont Isabelle Girard, autrefois des Centres d’accueil Héritage à Toronto, est la nouvelle directrice générale.

Pas le choix?

Selon l’ACÉPO, «faute d’écoles laïques francophones, des milliers d’élèves n’ont d’autre choix que de fréquenter les autres systèmes d’éducation de l’Ontario».

Plus de 70% des Franco-Ontariens choisissent le réseau des écoles catholiques, présent en Ontario depuis plus de 230 ans. Le réseau public francophone est plus récent.

Il n’y aurait toutefois pas que l’absence d’une école publique à proximité qui motiverait des parents francophones non catholiques à envoyer leur enfant à l’école catholique. Des chrétiens protestants intéressés à un environnement religieux, voire des parents musulmans ou non religieux, mais trouvant d’autres avantages au milieu catholique (l’uniforme, la réputation de discipline, certaines valeurs traditionnelles), préféreraient l’école catholique à l’école publique.

«La démographie de notre province change et sa population est de plus en plus diversifiée», fait valoir l’ACÉPO. «Si la tendance est d’accueillir des élèves, indifféremment de leur croyance, dans les écoles catholiques, il est temps de revoir notre système d’éducation pour plus d’équité.»

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Du même souffle, l’ACÉPO soutient que les écoles laïques de langue française sont «des lieux accueillants et inclusifs (…) respectueuses de toutes les croyances religieuses».

Manque de transparence

Le président de l’AFOCSC, Jean Lemay, déplore ici un «manque de transparence» de la part de l’ACÉPO «qui ne donne pas toute l’information sur les conditions d’admissions dans nos écoles catholiques».

Jean Lemay AFOCSC
Jean Lemay

«Nous avons des comités d’admissions dans chacun de nos conseils scolaires francophones catholiques», explique-t-il. Ces comités revoient les admissions, «autant pour la langue que pour la religion des élèves». Il faut en effet parler français et avoir un parent francophone pour être inscrit dans une école de langue française, un critère qui est parfois très subjectif lui aussi…

«Généralement, l’élève doit être baptisé ou un de ses parents doit être baptisé dans la foi catholique ou chrétienne, et les parents qui inscrivent leurs enfants au niveau élémentaire doivent adhérer aux principes de l’école catholique», précise M. Lemay.

Notamment, «ils ne peuvent demander d’être exemptés des cours de religion et participent activement aux cérémonies religieuses catholiques de l’école».

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Performant

Au niveau secondaire, la loi oblige les conseils scolaires catholiques – anglophones et francophones – d’admettre tous les élèves qui veulent s’inscrire, et «ils ne sont pas obligés de suivre les cours de religion» s’ils en font la demande.

M. Lemay plaide pour le respect du choix des parents, soulignant «en passant» que le système catholique francophone est «très performant, puisque nous sommes bons premiers en Ontario pour les résultats scolaires».

Auteur

  • François Bergeron

    Rédacteur en chef de l-express.ca. Plus de 40 ans d'expérience en journalisme et en édition de médias papier et web, en français et en anglais. Formation en sciences-politiques. Intéressé à toute l'actualité et aux grands enjeux modernes.

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