Le «ICI» de Radio-Canada ne fait pas l’unanimité

Nouveau logo pour le diffuseur public

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à 15h28 HAE, le 6 juin 2013.

MONTRÉAL – La décision de Radio-Canada d’adopter l’image de marque «Ici» suscite colère et mécontentement de la part du Syndicat des communications de Radio-Canada. Cela n’a pas l’heur de plaire non plus au gouvernement fédéral qui s’inquiète de la disparition du mot «Canada» associé au service français du diffuseur public.

Alors que la société d’État fait face à des compressions budgétaires qui risquent de se traduire par des réductions de postes, le syndicat s’oppose fermement à cette dépense de 400 000 $ pour un changement d’appellation jugé «malvenu» et «inapproprié».

Le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, en a ajouté sur le fil de réseautage social Twitter, affirmant avoir discuté avec le président de la SRC, Hubert Lacroix. Il a soutenu, dans un gazouillis, lui avoir précisé que «le radiodiffuseur public du Canada doit demeurer, clairement, canadien».

Guylaine Bergeron, directrice des communications et image de Radio-Canada, a assuré en ondes que la marque «Radio-Canada» va demeurer. Elle a nuancé en mentionnant que le «Ici» agira comme un «dénominateur commun» pour faire en sorte de ne plus semer le doute dans le public et unir, en quelque sorte, toutes les chaînes de radios, télévisions et sites Web à Radio-Canada.

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Le syndicat réplique qu’avec son «Ici», Radio-Canada ne fera au contraire qu’entretenir plus de confusion chez le public. Il demande l’abandon immédiat de ce qu’il présente comme une opération coûteuse et inutile.

Repositionnement

Toutes les plateformes de Radio-Canada seront désormais associées à la signature «Ici», sur laquelle ont planché une équipe de relationnistes pendant un an, et qui fait référence à la fameuse expression «Ici Radio-Canada» utilisée par les annonceurs du diffuseur public.

Le vice-président principal de Radio-Canada, Louis Lalande, a en fait l’annonce mercredi 5 juin, en parlant d’«une des étapes initiales et la plus visible d’un repositionnement profond et global».

«Notre ambition», explique-t-il, «consiste à recréer Radio-Canada, qui doit être plus que jamais un espace vivant, une organisation ouverte, flexible et agile, toujours aussi créative, mais plus innovante et en meilleure interrelation avec nos auditoires.»

Au moment où cette nouvelle image de marque avait été ébruitée en mars par le quotidien Le Devoir, le ministre Moore avait affirmé aux Communes qu’il n’était pas question de modifier le nom de Radio-Canada, et qu’il restait enchâssé dans la section 35 de la Loi sur la radiodiffusion.

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«James Moore a dit une chose avec laquelle on n’est pas en désaccord. Il a dit que Radio-Canada ne changeait pas de nom. On est inscrit comme tel dans la loi, ma carte d’affaires est Radio-Canada et je représente Radio-Canada sur toutes les tribunes», s’est défendu mercredi Louis Lalande.

Une vidéo de présentation du nouveau logo insinue que le terme Radio-Canada est peut-être dépassé puisqu’on n’y produit pas que de la radio…

Plusieurs défis

«Les auditoires ont des attentes différentes: ils participent davantage et ils veulent plus d’interaction et de proximité», indique M. Lalande. «Ils consomment les contenus sur un nombre grandissant de plateformes et ils sont moins fidèles, en particulier les jeunes.»

De plus, «la télé de Radio-Canada n’a plus l’exclusivité de ses contenus. La convergence fait en sorte que nos principaux concurrents sont aussi nos distributeurs.»

Et bien sûr l’offre continue d’exploser, à l’extérieur comme à l’intérieur même de Radio-Canada, qui, en plus de la radio et de la télé traditionnelles, gèrent aussi plusieurs chaînes spécialisées comme RDI (nouvelles), Artv (culture), Explora (voyages) et Bande à part (radio web), dont le contenu se retrouve éventuellement sur tou.tv.

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Sauf pour le nouveau logo, on ne sait pas encore quelle forme prendra ce repositionnement de Radio-Canada, dont les crédits parlementaires (un milliard de dollars) diminuent, qui subit les contrecoups de l’élimination du Fonds pour l’amélioration de la production locale (FAPL), et qui évolue dans un contexte de fragilité du marché publicitaire dans les médias traditionnels.

«De nombreux projets sont présentement en chantier. Ils seront annoncés au fur et à mesure qu’ils seront complétés», se borne-t-on à dire pour l’instant.

Guylaine Bergeron affirme que la nouvelle identité «Ici» a reçu un accueil enthousiaste auprès de tous les groupes témoins auxquels elle a été présentée.

Louis Lalande estime qu’«Ici Radio-Canada» montre que le diffuseur public est «plus que jamais à l’image et au service des gens d’ici».

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