L’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier comparaît devant la justice haïtienne

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à 23h20 HNE, le 28 février 2013.

PORT-AU-PRINCE, Haïti – L’ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier s’est finalement présenté devant la justice de son pays, jeudi, après avoir ignoré trois précédentes convocations dans le cadre d’une audience qui doit déterminer s’il fera face à des accusations de violation des droits de la personne pendant son régime brutal, de 1971 à 1986.

Des dizaines de partisans ont applaudi lorsque «Bébé Doc» est apparu devant la cour, vêtu d’un costume bleu foncé et d’une cravate grise. Il s’est ensuite assis devant les trois juges, à côté de ses avocats et de sa compagne de longue date, Véronique Roy, qui n’a pas enlevé ses lunettes de soleil durant l’audience.

L’audience représente «une importante victoire pour les victimes de Duvalier, qui n’ont jamais abandonné l’espoir de le voir en cour, ainsi que pour le peuple haïtien, qui a le droit de savoir ce qui s’est passé durant les années sombres de la dictature de Duvalier», a estimé un porte-parole de Human Rights Watch, l’avocat Reed Brody.

L’ancien président à vie avait précédemment ignoré trois convocations de la justice dans cette affaire. Il s’est présenté jeudi après qu’un juge eut menacé de le mettre en prison s’il ignorait la quatrième convocation.

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L’audience a commencé par un débat sur les procédures judiciaires. Les avocats de l’ancien dictateur ont d’abord réclamé une audience à huis clos. Les avocats des plaignants ont ensuite demandé à Duvalier de parler dans un micro, ce qu’il a refusé de faire, et les juges ont accepté.

Plutôt que de s’adresser à la cour, Jean-Claude Duvalier a marmonné ses réponses à l’huissier de justice assis à côté de lui, qui a transcrit ses déclarations dans un grand cahier. L’huissier a ensuite lu aux juges les réponses de l’ancien dictateur.

«J’ai un bilan positif et cela s’applique à tous les domaines», a déclaré Duvalier à la cour.

Les juges l’ont questionné au sujet des prisonniers politiques détenus et torturés durant son règne. Ils lui ont aussi posé des questions sur un journaliste bien connu forcé à l’exil.

«Les meurtres existent dans tous les pays», a répondu l’ancien dictateur, qui s’est essuyé le front à plusieurs reprises avec un mouchoir blanc. Entre les questions, il regardait au plafond et roulait les yeux.

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La salle du tribunal était bondée de journalistes, d’observateurs et de partisans de Duvalier. Mais la foule est restée généralement calme, même si les discussions de la cour étaient difficiles à entendre en l’absence de micros.

Des milliers de personnes ont été emprisonnées, torturées et tuées pour s’être opposées au régime de Jean-Claude Duvalier, qui est devenu président à l’âge de 19 ans après la mort de son père, «Papa Doc». Il a été chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986.

Jean-Claude Duvalier a surpris le monde en revenant en Haïti au début de 2011, après un exil de 25 ans en France. Durant son absence, il est resté plutôt discret, à l’exception d’une allocution radiophonique diffusée en septembre 2007, dans laquelle il s’était excusé pour les fautes commises sous son règne.

Le cas Duvalier semblait avoir été abandonné jusqu’à ce qu’il se retrouve devant la cour d’appel haïtienne en janvier. Un juge de première instance avait statué, en 2012, que Duvalier ne devrait faire face qu’à des accusations de crimes financiers.

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