Lac-Mégantic: l’attitude de la compagnie ferroviaire suscite la colère

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à 15h53 HAE, le 8 juillet 2013.

LAC-MEGANTIC, Que. – L’attitude de la compagnie ferroviaire Montreal, Maine & Atlantic (MMA), jugée cavalière par plusieurs, est sur toutes les lèvres à Lac-Mégantic.

Voilà maintenant plus de 48 heures que le déraillement mortel d’un convoi pétrolifère de l’entreprise a réduit une partie du centre historique de la ville en flammes, et le fait que le président de MMA, Ed Burkhardt, continue à briller par son absence à Lac-Mégantic, fait rager plusieurs citoyens.

Il y a bien eu deux communiqués depuis — dont celui de dimanche soir, traduit dans un français assez lamentable —, quelques entrevues téléphoniques, mais sur le terrain, pas de trace du chef d’entreprise.

Et devant la polyvalente Montignac, qui sert de refuge pour les sinistrés, le choc et l’incrédulité semblent avoir fait place à la frustration.

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Raymond Lamontagne, qui a perdu dans la tragédie son fils, deux belles-filles et une employée, croit que l’entreprise basée au Maine fait preuve d’une cupidité sans nom et exhorte ses convois ferroviaires à ne «plus passer dans les villages».

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault est même allé plus loin, qualifiant de véritable «échec» la stratégie de gestion de crise de MMA.

Mais pour certains, comme Richard Poirier, qui a été évacué de sa résidence de Notre-Dame-de-Fatima, il ne sert à rien de se laisser par la rage. Mieux vaut, pour la communauté «tissée serrée», prendre le temps de vivre son deuil pour ensuite se tourner vers l’avenir et commencer à songer à la reconstruction.

Une quarantaine de personnes étaient toujours portées disparues, lundi après-midi. Cinq corps ont été retrouvés jusqu’à maintenant.

Pas le premier accident

Rail World Inc, maison-mère de compagnie Montreal Maine & Atlantic Railway, n’en est pas à son premier accident.

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Cette entreprise de l’Illinois, incorporée depuis 1999, est dirigée par Ed Burkhardt, un vétéran de l’industrie ferroviaire. Si le gestionnaire a reçu le prix du cheminot de l’année par le magazine Railway Age à cette époque, il doit désormais affronter la colère du public et un tsunami médiatique.

L’objectif de sa compagnie: «promouvoir la privatisation de l’industrie ferroviaire en rapprochant les instances gouvernementales souhaitant vendre leur part et le capital d’investissement et les habiletés entrepreneuriales», selon son site web.

M. Burkhardt aquiert en 2003 Bangor and Aroostook Railroad, une société centenaire qu’il rebaptise Montreal Maine & Antlantic. Ses convois parcourent près de 820 kilomètres à travers le Maine, le Vermont et le Québec, et passent à travers un chapelet de petites municipalités, dont bien évidemment, Lac-Mégantic. La compagnie opère une quinzaine de trains au quotidien, possède une flotte de 26 locomotives et 170 employés.

En entrevue dans les médias, M. Burkhardt répète que sa compagnie a un bon dossier en matière de sécurité.

Mais sa compagnie a à son actif d’autres incidents. Le 10 juin dernier, 13 000 litres de diesel qu’elle transportait se sont déversés à Frontenac, non loin de Lac Mégantic, sur une section de 250 kilomètres. Il s’agissait d’un second déraillement en quelques jours.

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