La surveillance de métadonnées inquiète la commissaire à la vie privée

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à 19h23 HAE, le 12 juin 2013.

OTTAWA – La commissaire fédérale à la protection de la vie privée, Jennifer Stoddart, prévoit s’entretenir jeudi avec l’ex-juge chargé de surveiller les activités du Centre de la sécurité des télécommunications du Canada.

Mme Stoddart s’inquiète du peu d’informations révélés aux Canadiens quant au rôle joué par le juge à la retraite Robert Décary dans sa surveillance du CST.

«Je ne crois pas que les Canadiens en savent suffisamment sur le travail effectué par son bureau. Cela mérite plus d’attention, et donc j’aimerais éclairer les Canadiens sur son poste et la façon dont tout cela fonctionne», a-t-elle soutenu, mercredi.

La rencontre survient à la suite d’accusations portées contre un allié crucial du CST, la National Security Agency (NSA) des États-Unis. L’organisation fait scandale après qu’il eut été révélé qu’elle a accès aux banques de données des plus grands fournisseurs Internet du pays.

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Le quotidien britannique The Guardian, citant des documents confidentiels de la NSA, a révélé qu’un important programme — appelé le Prism —, permettait aux autorités américaines d’accéder à une quantité astronomique de courriels, d’échanges de clavardage ainsi que d’autres informations tirées de fournisseurs Internet dont les géants Google, Microsoft et Apple.

Plusieurs de ces entreprises ont nié avoir participé d’une quelconque manière au programme Prism.

Mme Stoddart avait soutenu, plus tôt cette semaine, qu’elle examinerait les impacts éventuels au Canada que pourraient avoir les activités d’espionnage du gouvernement américain. Elle souhaiterait également en apprendre davantage sur la surveillance du CST auprès des réseaux internet, téléphoniques et satellite à l’étranger.

Le CST a de son côté fait savoir qu’il n’avait «pas accès aux données de Prism».

M. Décary publie chaque année un rapport sur ses conclusions par rapport au travail mené par le CST et son rôle au sein du groupe des «cinq yeux» — réunissant le Canada, les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande —, mais il ne peut dévoiler publiquement que peu de choses à cet égard.

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«Je crois qu’il serait avantageux pour les Canadiens d’en entendre parler. Comme tout système, celui-là n’est pas parfait. Et nous avons eu notre lot de problèmes dans le passé, notamment en matière de gestion d’informations personnelles», a déclaré Mme Stoddart.

Le CST, dont le siège est à Ottawa, surveille les activités informatiques, satellites, radiophoniques et téléphoniques provenant de l’étranger.

Le porte-parole de l’agence, Ryan Foreman, indiquait vendredi dernier que le CST ne commenterait pas ses façons de faire, ses opérations ou son potentiel, soulignant toutefois que les activités qui s’y déroulaient respectaient les lois canadiennes.

L’agence emploie plus de 2000 personnes, dont des mathématiciens et des informaticiens, et dispose d’un budget annuel de quelque 400 millions $. Elle joue un rôle important au sein de la communauté des «cinq yeux» impliquant les agences de renseignement du Canada, des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.

Mercredi, aux Communes, les députés de l’opposition ont pressé de questions le ministre de la Défense et responsable du CST, Peter MacKay, arguant que le respect de la vie privée des Canadiens est en péril.

«Ce programme n’a pas le droit de se pencher sur les informations des Canadiens, a-t-il assuré. (Il) se concentre plutôt sur les activités extérieures au pays, sur les menaces étrangères. Il existe un mécanisme de surveillance rigoureux. Il y a un processus législatif en place qui indique spécifiquement ce qui peut et ce qui ne peut être examiné.»

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