La revue Liaison cesse ses activités

Après 40 ans d'existence

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Publié 15/03/2018 par l-express.ca

La revue culturelle franco-canadienne Liaison, créée en 1978 par Théâtre Action et reprise en 1981 par les Éditions L’Interligne, cessera de paraître. Le dernier numéro, le 179, sera celui du 21 mars.

La maison d’édition basée à Ottawa a annoncé la nouvelle «avec une immense tristesse» ce jeudi 15 mars. «Liaison couvrait un vaste territoire, de l’Acadie jusqu’à l’Ouest en passant par l’Ontario, et était devenue la référence en actualité artistique franco-canadienne.»

Rédacteur en chef de la revue Liaison de septembre 1987 à août 1997, le chroniqueur de L’Express Paul-François Sylvestre n’hésite pas à dire qu’il a passé ses plus belles années de travail à la barre de cette revue. «Je suis arrivé au moment où les artistes et écrivains franco-ontariens s’affirmaient avec force et j’ai pu facilement transformer Liaison en une revue entièrement au service des créateurs professionnels, alors qu’elle était surtout socioculturelle avant mon arrivée.»

Mireille Groleau
La présidente des Éditions L’Interligne, Mireille Groleau.

Moins de lecteurs, moins d’annonceurs

Depuis huit ans, «la revue luttait pour sa survie», indique-t-on chez L’Interligne. «Une baisse des revenus publicitaires conjuguée à des coupes budgétaires, à un déclin persistant du nombre d’abonnés et à une faible présence en librairie, ont finalement eu raison des efforts en vue de maintenir Liaison à flot.» De 700 abonnés, la revue est passée en cinq ans à 240, dont 160 payants.

«Le financement est très lourd», explique la présidente Mireille Groleau. «On publie quatre numéros par année et ça représente le même travail que notre production littéraire de 15 à 18 livres.»

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En 2014, Liaison lançait une version numérique, grâce à une contribution de 25 000 $ du Fonds du Canada pour les périodiques de Patrimoine canadien, qui avait également permis d’ajouter une aide à la promotion.

«Le revue numérique», avait précisé à l’époque la directrice Suzanne Richard Muir, «c’est un plus pour augmenter les abonnements. On a un lectorat d’un certain âge et on veut attirer la clientèle qui utilise le mobile.»

Suzanne Richard Muir
La directrice de Liaison, Suzanne Richard Muir.

Qualité reconnue

La version papier était alors produite à 2500 copies au rythme des quatre saisons et au coût de 20 000 $ le numéro. La revue a connu du succès pour sa qualité: par exemple en 2010, Liaison est passée de la 20e à la 4e position dans l’échelle de pointage du Conseil des arts du Canada, devançant des revues telles que Lettres québécoises.

Les Éditions souhaitent désormais axer leurs ressources sur les activités d’édition littéraire. «Nous gardons de très beaux souvenirs de la revue et regardons vers l’avenir avec confiance et espoir. Les Éditions L’Interligne continueront d’appuyer et de nourrir l’art franco-canadien en poursuivant leur mission: publier la quintessence de la littérature franco-ontarienne.»

«Il faudra quand même examiner comment on va faire pour diffuser et augmenter la visibilité de nos produits», avertit Mme Groleau. «Il y a aussi des problèmes dans la chaîne du livre, des librairies indépendantes qui tour à tour ferment»

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Avec la disparition de Liaison, suivant celle de la revue de création littéraire Virages en 2016, il ne reste plus qu’un seul magazine francophone en Ontario: Le Chaînon du Réseau du patrimoine franco-ontarien.


Avec des informations recueillies par Jean-Pierre Dubé, Francopresse

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