La pape Benoit XVI quittera ses fonctions le 28 février

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à 12h48 HNE, le 11 février 2013.

ROME – Évoquant une santé chancellante, le pape Benoît XVI a annoncé lundi qu’il démissionnera le 28 février, devenant ainsi le premier souverain pontife à prendre cette décision en près de 600 ans.

Un conclave sera maintenant organisé de manière à choisir un nouveau pape d’ici la fin du mois de mars.

Parmi ses successeurs potentiels, on mentionne d’emblée le cardinal québécois Marc Ouellet, qui est actuellement préfet de la Congrégation pour les évêques.

Le pape de 85 ans a annoncé sa décision en latin, à l’occasion d’une rencontre avec des cardinaux au Vatican lundi matin.

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Il a expliqué que le devoir d’un pape — le leader de plus d’un milliard de catholiques à travers le monde — nécessite à la fois «la vigueur du corps et de l’esprit».

Benoît XVI a déclaré que sa décision est «de grande importance pour la vie de l’Église».

«Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien, a-t-il déclaré aux cardinaux. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière».

«Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Évangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié», a ajouté Benoît XVI.

Le dernier pape à avoir démissionné était Grégoire XII, qui avait quitté ses fonctions en 1415 pour mettre fin au grand schisme d’Occident né de la rivalité entre différents prétendants à la papauté.

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Le Vatican devrait maintenant organiser un conclave d’ici le milieu du mois de mars, puisque la période de deuil qui suivrait traditionnellement la mort d’un pape n’aura pas besoin d’être respectée.

L’ancien cardinal Ratzinger prévoyait déjà se retirer dans sa Bavière natale quand il a été élu pape à l’âge de 78 ans.

Trois favoris

Les preneurs de paris n’ont pas tardé, lundi, à évaluer les chances des candidats à la succession du pape Benoît XVI, qui vient d’annoncer sa démission pour raisons de santé. Des cardinaux du Ghana, du Nigeria et du Canada font partie des favoris.

Le cardinal ghanéen Peter Turkson, le cardinal québécois Marc Ouellet et le cardinal Francis Arinze, du Nigeria, dominent les prédictions des principaux preneurs de paris britanniques.

Lundi, le cardinal Turkson, le plus important cardinal africain au Vatican, dominait les prédictions chez le preneur de paris William Hill, suivi du cardinal Ouellet et du cardinal Arinze.

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La société Ladbroke donne également le cardinal Turkson favori, suivi du cardinal Arinze et du cardinal Ouellet.

En Afrique, où l’Église catholique continue de croître, de nombreux croyants et membres du clergé espèrent voir un Africain accéder aux plus hautes fonctions du Vatican.

Le cardinal sud-africain Wilfrid Napier a déclaré à l’Associated Press qu’il espérait qu’une personne originaire «de l’extérieur de l’hémisphère nord» devienne pape.

À Lagos, la plus grande ville du Nigeria, le commerçant Chukwuma Awaegwu était plein d’espoir. «Aux États-Unis, il y a maintenant un président noir. Imaginons seulement l’impact que pourrait avoir un pape noir.»

Le cardinal John Olorunfemi, un Nigérian nommé à cette fonction en novembre par Benoît XVI, a cependant rappelé que le départ d’un pape ne signifiait pas une révolution au sein de l’Église.

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«Les papes arrivent et repartent. Cela ne signifie pas que l’Église change complètement quand un nouveau pape arrive», a-t-il déclaré.

La suite des événements

La renonciation du pape Benoît XVI met en branle une séquence complexe d’événements pour élire le prochain dirigeant de l’Église catholique. Les lois qui organisent l’élection après la renonciation d’un pape sont les mêmes que celles en vigueur lors d’un décès papal, sauf pour la période de deuil.

Voici les étapes:

– Le Vatican convoque les cardinaux en conclave, qui doit commencer de 15 à 20 jours après la démission de Benoît XVI, le 28 février.

– Les cardinaux qui ont le droit de voter, soit ceux âgés de moins de 80 ans, sont séquestrés au Vatican et font un serment de confidentialité.

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– Il y a présentement 118 cardinaux âgés de moins de 80 ans éligibles au vote, dont 67 nommés par Benoît XVI. Mais quatre d’entre eux auront 80 ans d’ici la fin du mois de mars. Selon la date choisie pour le conclave, ils pourraient ne pas être autorisés à voter.

– Tout homme catholique baptisé peut être élu pape, mais seuls des cardinaux ont été choisis depuis 1378.

– Lors du conclave dans la chapelle Sixtine, deux tours de scrutin sont organisés chaque matin, puis deux autres l’après-midi. Une majorité des deux tiers est requise pour qu’un nouveau pape soit élu. Benoît XVI est revenu à cette règle des deux tiers en 2007, renversant une décision prise en 1996 par Jean Paul II, qui avait déclaré qu’une majorité simple pouvait être acceptée après environ 12 jours de votes non concluants.

– Les bulletins de vote sont brûlés après chaque tour. Une fumée noire signifie qu’aucune décision n’a été prise, tandis qu’une fumée blanche indique que les cardinaux ont choisi un pape et que celui-ci a accepté son élection. Des cloches signalent aussi l’élection d’un nouveau pape pour éviter toute confusion sur la couleur de la fumée sortant de la cheminée de la chapelle Sixtine.

– Le nouveau pape est présenté au balcon qui surplombe la place Saint-Pierre avec les mots «Habemus Papam!» («Nous avons un pape!»). Le pape prononce sa première bénédiction.

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