La Corée du Nord affirme être désormais en guerre contre le Sud

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à 08h38 HAE, le 30 mars 2013.

SÉOUL, Corée du Sud – Pyongyang a prévenu Séoul samedi que la péninsule coréenne était en «état de guerre» et a menacé de fermer un complexe manufacturier qui constitue le dernier grand symbole de la coopération entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.

La parc industriel de Kaesong, qui réunit main-d’oeuvre nord-coréenne et savoir-faire sud-coréen, continue de fonctionner normalement même si le régime nord-coréen a fermé la voie de communication habituellement utilisée pour coordonner les déplacements des Sud-Coréens qui travaillent au complexe, situé en Corée du Nord près de la frontière.

Les deux rivaux assurent maintenant la coordination de manière indirecte à partir d’un bureau de Kaesong possédant des lignes de communication avec la Corée du Sud.

Un porte-parole du bureau nord-coréen contrôlant Kaesong a toutefois déclaré samedi que Pyongyang fermerait le parc industriel si Séoul continuait à porter atteinte à sa dignité.

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Moyen de pression

La Corée du Nord a exprimé de la colère après que des médias eurent laissé entendre que le complexe demeurait ouvert parce qu’il était une source de devises fortes pour le régime nord-coréen.

Des dizaines d’entreprises sud-coréennes ont des manufactures à Kaesong, qui a produit pour 470 millions $US de biens en 2012.

Pyongyang a déjà menacé de fermer la parc industriel sans jamais passer à l’acte. Depuis quelques semaines, le régime nord-coréen a multiplié les déclarations belliqueuses à l’égard de la Corée du Sud et des États-Unis, vexé par les exercices militaires annuels menés par Séoul et Washington ainsi que par les nouvelles sanctions décrétées par les Nations Unies en raison de l’essai nucléaire qu’il a effectué le mois dernier.

Selon les analystes, les menaces de la Corée du Nord ont pour objectif de forcer le nouveau gouvernement sud-coréen de la présidente Park Geun-hye à changer sa politique par rapport à Pyongyang et d’amener les États-Unis à entamer des pourparlers diplomatiques qui pourraient permettre au régime nord-coréen d’obtenir davantage d’aide.

Elles sont également vues comme une façon de renforcer l’unité nationale en Corée du Nord alors que le jeune leader Kim Jong Un essaie d’acquérir de la crédibilité sur le plan militaire.

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Samedi, la Corée du Nord a dit être entrée dans un «état de guerre» avec la Corée du Sud, affirmant que toutes les questions non résolues entre les deux parties seront réglées de manière belliqueuse.

Bombardiers B-2

Les États-Unis avaient fait jeudi une démonstration de force sans précédent en annonçant que deux de bombardiers furtifs B-2 à capacité nucléaire avaient largué des munitions sur une île sud-coréenne dans le cadre d’un exercice militaire conjoint.

Les forces américaines en Corée ont annoncé dans un communiqué que les deux bombardiers furtifs B-2 avaient décollé d’une base aérienne au Missouri et largué des munitions sur des îles sud-coréennes avant de rentrer aux États-Unis.

Il n’était pas clair si des B-2 avaient été utilisés lors d’exercices précédents, mais c’était la première fois que l’armée américaine confirmait leur utilisation.

L’armée américaine a transmis son communiqué sur les B-2 peu après avoir annoncé que des bombardiers B-52 avaient participé à des exercices militaires conjoints.

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Pour la Corée du Nord, ces exercices militaires s’inscrivent dans le cadre d’un complot américain visant à envahir son territoire. L’État communiste est particulièrement contrarié par la tenue d’activités nucléaires américaines dans la région.

Washington et Séoul soutiennent que leurs exercices militaires sont routiniers et défensifs.

La Corée du Nord a déjà menacé au cours des dernières semaines de mener des attaques nucléaires sur Washington et Séoul. Mercredi, Pyongyang a soutenu qu’il n’était pas nécessaire de communiquer «dans une situation ou la guerre pourrait éclater à tout moment».

Plus tôt ce mois-ci, Pyongyang, a déclaré qu’elle considérait nulle l’armistice qui a mis fin à la Guerre de Corée en 1953.

Malgré la promesse de la Corée du Nord d’attaquer les États-Unis, des analystes à l’extérieur du pays affirment n’avoir eu aucune preuve que des scientifiques nord-coréens maîtrisent la technologie nécessaire pour bâtir une ogive nucléaire assez petite pour être montée sur un missile.

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Ligne de communication coupée

La tension entre les deux Corées avait bondi à nouveau d’un cran, mercredi, alors que Pyongyang a annoncé la rupture des canaux de communications militaires avec Séoul sous prétexte qu’il était inutile de maintenir ce lien considérant qu’«une guerre pourrait éclater à tout moment».

Un haut responsable militaire nord-coréen a informé la Corée du Sud que tout dialogue de nature militaire demeurerait interrompu jusqu’à ce que Séoul mette fin à ses «actions hostiles» à l’endroit de Pyongyang.

Furieux des manoeuvres militaires effectuées par les troupes des États-Unis et de la Corée du Sud dans la région et mécontents des sanctions imposées par les Nations unies depuis un test nucléaire réalisé le 12 février, le régime nord-coréen multiplie les déclarations belliqueuses et les gestes provocateurs.

La Corée du Nord a récemment coupé une ligne téléphonique de la Croix-Rouge avec son voisin du sud et une autre avec le commandement des Nations unies entre les frontières des deux Corées, qui est mené par les États-Unis.

Le lien interrompu mercredi est essentiel au maintien de l’un des derniers symboles de la coopération entre les deux nations: un complexe industriel nord-coréen qui emploie des centaines de travailleurs sud-coréens.

On ignore toujours ce que ce geste aura comme conséquence pour les travailleurs sud-coréens du complexe industriel de Kaesong. Lorsque les liens avaient été rompus pour la dernière fois, en 2009, plusieurs d’entre eux étaient restés pris en Corée du Nord.

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