Kenya: émeutes après la confirmation de la victoire de Kenyatta

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à 18h56 HAE, le 31 mars 2013.

NAIROBI, Kenya – Les forces policières du Kenya ont été déployées dans la capitale et dans la ville de Kisumu, dimanche, dans une tentative d’endiguer la violence ayant éclaté après la mort de deux personnes dans des manifestations survenues plus tôt ce week-end.

Des émeutes ont éclaté dans certaines zones du pays samedi, après que la Cour suprême eut confirmé la validité de la victoire d’Uhuru Kenyatta à l’élection présidentielle du pays. Le reste du Kenya est toutefois demeuré relativement calme à la suite de cette annonce.

Le commandant en chef adjoint des forces de police de Nairobi, Moses Ombati, a déclaré dimanche que des groupes de jeunes gens tentaient toujours de manifester dans les bidonvilles de la capitale pour contester le jugement de la Cour suprême. Le plus haut tribunal du pays a tranché en défaveur du premier ministre sortant du Kenya, Raila Odinga, qui avait contesté la victoire de son rival à l’élection, M. Kenyatta.

M. Ombati a dit souhaiter que la présence policière ait pour effet de décourager de nouvelles manifestations illégales comme celle de samedi, qui ont mené à la mort de deux personnes à Kisumu, une région dont est originaire M. Odinga. Cinq autres personnes ont été grièvement blessées dans les échauffourées. Bien que le premier ministre sortant ait accepté la décision de la Cour suprême, certains de ses partisans, frustrés de ce jugement, avaient pris part à des émeutes.

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M. Kenyatta, dont la cérémonie d’assermentation est prévue pour le 9 avril, a déclaré tard samedi qu’il serait le président de tous les Kenyans. Il a pressé la population de tourner la page sur l’élection et de construire un État «en paix avec lui-même».

Le scrutin du 4 mars a été décrit par plusieurs observateurs comme le plus complexe de l’histoire politique du Kenya.

M. Kenyatta y affrontait M. Odinga, dont la défaite contestée en 2007 avait engendré des violences post-électorales et fauché la vie de plus de 1000 personnes, en plus d’en déplacer des centaines de milliers d’autres. M. Kenyatta fait par ailleurs face à des accusations de la Cour pénale internationale pour avoir prétendument encouragé ces violences post-électorales. Il nie toutefois avoir posé un quelconque geste répréhensible.

Rail Odinga, qui avait remis en question la légitimité de la victoire de son adversaire, a plus tard lancé un appel à la paix et à l’unité nationales, disant que le Kenya était promis à un brillant avenir et qu’il ne devait pas laisser des élections le diviser.

Il a toutefois déploré que la Cour suprême ait rejeté certaines des preuves que ses avocats avaient soumis, ce qui signifiait selon lui que les Kenyans ne sauraient jamais ce qui s’était réellement passé leur du recomptage des votes.

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Le nouveau président et son vice-président, William Ruto, sont accusés d’avoir contribué à orchestrer les affrontements ayant causé la mort de plus de 1000 personnes en 2007 et 2008 dans la foulée des élections présidentielles. Ils ont tous les deux démenti les accusations.

Le procès de M. Ruto aura lieu en mai alors que celui de M. Kenyatta se déroulera en juillet. Ce dernier a promis de se présenter à La Haye.

Les avocats de M. Odinga, qui a terminé deuxième, ont soutenu devant la Cour suprême que les élections avaient donné lieu à des irrégularités et que M. Kenyatta n’avait pas récolté suffisamment de votes pour gagner.

Selon les résultats officiels, le vainqueur l’a emporté avec 50,07, évitant de justesse la tenue d’un second tour contre Rail Odinga, qui avait déclaré que sa poursuite devant les tribunaux mettrait la démocratie du Kenya à l’épreuve.

Mais le jugement unanime de la Cour suprême, lu par le juge en chef Willy Mutunga, indique que les élections ont été «menées conformément à la constitution et à la loi» et que l’élection d’Uhuru Kenyatta et de William Ruto est légale.

«C’est la décision du tribunal que (MM. Kenyatta et Ruto) ont été légitimement élus», dit le verdict. Les magistrats n’ont pas précisé leurs raisons. Le juge en chef a révélé qu’un jugement détaillé serait disponible d’ici deux semaines.

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