Jeune abattu dans un streetcar: crise de confiance envers la police

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à 19h31 HAE, le 30 juillet 2013.

TORONTO – Des centaines de personnes ont manifesté dans les rues de Toronto pour réclamer justice à la suite de la mort d’un jeune homme, Sammy Yatim, âgé de 18 ans, abattu samedi peu après minuit par la police à bord d’un streetcar, avenue Bellwoods au nord de Dundas.

Apparemment, il brandissait un couteau, mais les passagers et le conducteur avaient tous quitté le véhicule de la TTC qui était entouré de policiers.

Au moins un passant a filmé la scène avec son téléphone. Dans une vidéo diffusée sur YouTube on entend neuf coups de feu, présumément tirés en direction de l’individu qui reste à l’intérieur du streetcar. Des témoins disent aussi avoir entendu le son d’un pistolet électrique Taser après les coups de feu.

L’agent qui a tiré, James Forcillo, à l’emploi de la police de Toronto depuis 6 ans, a été suspendu avec solde. Le chef de police Bill Blair a convenu que «le public a le droit d’être inquiet. Il a aussi le droit de remettre en question les pratiques des policiers». Il a ajouté qu’il allait faire enquête et remettre des recommandations à la commission qui supervise le service de police.

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C’est cependant l’enquête de l’Unité des enquêtes spéciales (UES) de l’Ontario qui a priorité.

Lundi, la mère et la soeur de Sammy Yatim se sont jointes aux manifestants à un carrefour du centre-ville avant de se diriger vers l’intersection, dans l’ouest de la ville, où M. Yatim est mort.

Pouvant à peine parler, la mère ne faisait que répéter le prénom de son fils.

Les manifestants ont occupé toute la largeur de la rue, criant «Honte!» aux policiers surveillant l’événement, et ont effectué un bref arrêt devant un poste de police.

Une manifestante, Annette Shaffer, qui demeure dans le quartier où s’est déroulé l’incident, a mis en doute la façon avec laquelle les policiers apprennent à maîtriser des situations difficiles. «Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans la formation qu’a reçue cet agent.»

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Mardi, la famille du jeune homme a déclaré que l’incident était une tragédie pour toutes les personnes impliquées et qu’elle ne gardait pas rancune aux milliers de policiers qui protègent chaque jour la population.

Dans un communiqué, la famille Yatim a remercié le chef de la police de Toronto, Bill Blair, de l’avoir personnellement contactée et a promis de collaborer à l’investigation de l’UES. Elle a dit espérer que l’incident ferait l’objet d’une enquête complète pour que, à l’avenir, ces situations soient mieux gérées et désamorcées avant que la police ne recoure à une force excessive.

Agent suspendu

Le chef Bill Blair a dit comprendre que la population se pose des questions sur le comportement de ses policiers, dont l’intervention a été filmée et publiée en ligne, et a affirmé que cette «mort tragique» était prise très au sérieux.

Il a en outre assuré que ses policiers collaboreraient étroitement avec l’Unité des enquêtes spéciales (UES) de l’Ontario, qui sera responsable de l’investigation sur la mort de Sammy Yatim.

M. Blair a aussi dit qu’il mènerait une enquête séparée pour déterminer si les procédures et la formation des policiers avaient été respectées.

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«Le rapport complet de mon enquête, avec actions et recommandations, sera soumis à la police de Toronto dans les 30 jours suivant la transmission des résultats de l’UES au procureur général», a-t-il dit.

Un représentant du syndicat des policiers a fait savoir que James Forcillo, l’agent impliqué dans l’affaire, était «dévasté» et renversé par l’ampleur de ce qui s’est passé.

Altercation

L’UES — la «police des polices» — a signalé que les policiers «menaient une enquête» sur M. Yatim alors qu’il se trouvait à bord du tramway, lorsqu’une altercation a éclaté entre lui et les agents.

Il y a eu «interaction» entre Sammy Yatim et les forces de l’ordre, qui ont tiré plusieurs coups de feu avant d’avoir recours à un pistolet à impulsions électriques, selon l’UES.

Le jeune homme a été transporté à l’hôpital, où il a succombé à ses blessures.

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L’incident, qui s’est produit dans la nuit de samedi, a suscité une vive controverse sur les réseaux sociaux. Certains internautes ont reproché aux policiers de la métropole canadienne d’avoir fait usage d’une force excessive.

De son côté, la première ministre ontarienne Kathleen Wynne a parlé de la mort du jeune Sammy Yatim et des circonstances entourant son décès comme d’une «situation tragique».

«Mes pensées vont à la famille», a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle ne pouvait commenter l’incident, puisque l’enquête était toujours en cours.

À l’endroit où le jeune homme a été abattu, il est désormais possible d’apercevoir un mémorial de fortune. Un poteau entouré de chandelles a été décoré de roses blanches et de marguerites jaunes.

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À lire aussi: L’ombudsman se penchera sur la mort de Sammy Yatim

Et dans le FORUM de L’Express: Force excessive

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