Immigration: le Sénat inflige un revers à Bush

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C’est un des derniers grands dossiers de la présidence de George W. Bush: le projet de loi sur l’immigration, qui prévoit la régularisation d’au moins une partie des quelque 12 millions de clandestins aux États-Unis et le renforcement des contrôles aux frontières. Mais le Sénat lui a porté jeudi un sérieux coup, empêchant vraisemblablement son adoption avant les prochaines élections.

Présenté comme une «amnistie» par ses détracteurs, le projet se heurte à une forte opposition au sein même du Parti républicain de M. Bush qui s’était beaucoup impliqué personnellement pour le défendre.

Jeudi, lors d’un test crucial à la chambre haute du Congrès, ses partisans n’ont pas réussi à réunir les 60 voix sur 100 requises pour limiter les débats et ouvrir la voie à une adoption définitive. Il leur a manqué 14 voix, les sénateurs se prononçant par 46 voix contre 53 pour limiter le débat. Ce vote risque ainsi d’enterrer le texte au moins jusqu’à l’entrée en fonction d’un nouveau président et d’un nouveau Congrès en 2009.

Des sénateurs des deux camps jugeaient peu probable que les parlementaires examinent de nouveau ce texte très sensible à l’automne ou l’an prochain quand la politique sera dominée par l’élection présidentielle.

M. Bush, en fin de mandat, avait fait une priorité de ce projet. Depuis un discours le 9 avril dans lequel il a poussé le Congrès à agir, le président américain a multiplié les initiatives sur le dossier, évoquant notamment la question dans quatre allocutions radiophoniques et s’entretenant par téléphone avec des parlementaires.

L’ex-gouverneur du Texas considère le statu quo sur l’immigration comme un échec pour les États-Unis et un désastre potentiel pour le Parti républicain. L’adoption de son projet de réforme aurait constitué une victoire législative majeure, mais il savait que le temps pressait car son crédit politique s’épuise à mesure que le moment de son départ – en janvier 2009 – approche.

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Chaque jour, une équipe de stratèges de la Maison Blanche a tenté de maintenir une dynamique autour du projet. La responsable des affaires législatives de M. Bush, Candida Wolff, jouait un rôle central dans le dispositif.

En outre, deux membres du cabinet Bush ont consacré presque tout leur temps à faire du lobbying pour le texte au Congrès: le secrétaire à la Sécurité intérieure Michael Chertoff et le secrétaire au Commerce Carlos Gutierrez.

M. Bush avait déjà subi un revers mardi soir: les républicains de la Chambre des représentants, réunis en conférence privée, avaient voté massivement une résolution hostile au texte.

M. Bush s’était personnellement impliqué pour relancer le texte au Sénat, où il s’était un moment enlisé. Il avait téléphoné aux sénateurs républicains Jon Kyl, Trent Lott et Mitch McConnell alors qu’il se trouvait en Europe. Durant le vol retour vers les États-Unis, il a également contacté les sénateurs démocrates Ken Salazar et Edward Kennedy.

Le lendemain, M. Bush avait effectué une rare visite au Congrès pour faire pression sur les sénateurs républicains lors d’une réunion à huis clos. Les leaders démocrate et républicain au Sénat étaient alors parvenus à un accord pour remettre le projet à l’ordre du jour de la chambre haute.

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