Harper parle de pétrole et de libertés en Chine

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à 14h08 HNE, le 11 février 2012.

TCHOUNGKING, Chine – Le premier ministre Stephen Harper a mis fin à son séjour en Chine en rapportant un trésor national, deux pandas géants chinois prêtés au Canada pour les 10 prochaines années.

Les deux animaux, Er Shun et Ji Li, seront hébergés aux zoos de Toronto et Calgary. Ils devraient arriver au zoo de Toronto au début de 2013.

La tradition chinoise de prêter des pandas à d’autres pays remonte à plus de 1300 ans. Elle signifie que la Chine entretient de bonnes relations diplomatiques avec les pays sélectionnés. En retour, le Canada s’est engagé à investir dans la recherche et dans la conservation de l’espèce.

Vendredi, le premier ministre Stephen Harper s’était éloigné des hautes sphères politiques de Pékin pour prendre le chemin de la capitale industrielle de la Chine, où il a tenu des propos un peu plus corsés relativement aux droits de la personne et à l’exportation de pétrole.

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Mais les critiques les plus vives qu’il a formulées lors du discours prononcé pour donner le coup d’envoi à sa visite de quatre jours dans la région ne visaient pas le bilan de l’Empire du milieu en matière de droits de la personne. M. Harper a plutôt choisi de s’en prendre aux environnementalistes, et de vanter les mérites du pétrole canadien.

Le message qu’il a livré aux Chinois était clair: le Canada a l’intention de vendre ses ressources naturelles aux gens intéressés à les acheter, et il est clair que la Chine en a besoin.

Il s’agit d’une boutade de Stephen Harper à l’intention des États-Unis, qui ont récemment écarté le tracé initial du projet Keystone XL, qui prévoit la construction d’un oléoduc permettant d’acheminer le pétrole brut des sables bitumineux albertains jusqu’aux raffineries du golfe du Mexique.

Le premier ministre Harper fait les manchettes des journaux locaux depuis qu’il est débarqué en Chine, au début de la semaine, et le discours qu’il a donné à Canton vendredi a attiré des dizaines de reporters chinois et étrangers, sans compter les quelque 500 gens d’affaires du Canada et de la Chine qui se sont aussi déplacés pour écouter son allocution.

Le Canada vendra son pétrole, mais il ne vendra pas son âme, a fait valoir M. Harper lors de cette rencontre. «Les Canadiens croient — et j’ai moi-même toujours cru — que le genre de relation économique que nous recherchons doit aussi être accompagné d’un dialogue franc sur les questions de principes», a exposé le premier ministre.

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S’il a insisté sur le fait qu’Ottawa continuerait à soulever des questions relatives aux droits de la personne dans ses relations d’affaires avec la Chine, M. Harper n’a donné aucun exemple concret pendant son discours. Il a plutôt profité de son allocution pour critiquer les groupes environnementaux, qui s’opposent avec véhémence au projet Keystone XL et qui, selon le gouvernement conservateur, sont financés par des organisations étrangères.

«Nous respecterons notre engagement, qui consiste à placer les intérêts des Canadiens devant celui des bailleurs de fonds étrangers qui cherchent à entraver le développement au Canada, pour favoriser plutôt l’importation d’énergie provenant de régions de la planète qui sont moins stables», a affirmé le premier ministre.

Acccord sur les investissements

Mercredi à Pékin, un accord visant à protéger et à promouvoir les investissements a finalement été conclu entre la Chine et le Canada… après 18 ans de négociations.

Le premier ministre Stephen Harper en a fait l’annonce au premier jour de sa visite officielle en Chine.

M. Harper a qualifié l’accord d’«historique», affirmant que les efforts pour améliorer les relations entre les deux pays avaient porté fruit. Selon le premier ministre, la volonté des Chinois de conclure une telle entente témoigne de l’importance grandissante qu’ils accordent aux investissements bilatéraux en Chine et au Canada.

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Cet Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers (APIE) assure notamment aux investisseurs étrangers qu’ils recevront un traitement aussi favorable que celui réservé aux investisseurs nationaux. Il prévoit aussi, en cas de litige, le recours à un tribunal d’arbitrage international.

Les détails de l’accord demeurent inconnus pour l’instant. Les deux pays doivent encore entreprendre un examen juridique avant de le signer et de le ratifier. Au Canada, cela impliquera des débats aux Communes.

Le premier ministre Harper a déclaré que les flux d’investissements entre le Canada et la Chine atteignent un niveau record, et contribuent grandement à l’emploi et à la croissance économique dans les deux pays. «L’accord fournira une plus grande prévisibilité et une plus grande protection aux Canadiens qui souhaitent faire du commerce en Chine», a ajouté le premier ministre.

Cette annonce faisait partie d’une liste de nouvelles ententes conclues par le Canada et la Chine. Les deux pays entendent ainsi coopérer dans les secteurs de l’énergie, des ressources naturelles, de l’éducation, de la science, de la technologie et de l’agriculture.

Les ententes ont été signées à l’issue d’une rencontre entre M. Harper et le premier ministre chinois, Wen Jiabao. Ce dernier a souligné qu’une page avait été tournée sur les relations bilatérales depuis la première visite de M. Harper, en 2009, et qu’il espérait que cette visite puisse élever la relation à un autre niveau.

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«La situation internationale vit des changements profonds et complexes à l’heure actuelle. Le renforcement de la communication et la collaboration constituent nos aspirations communes et représentent les intérêts fondamentaux de nos deux pays», a soutenu le premier ministre chinois.

Bien que M. Harper ait discuté d’économie avec M. Wen, la moitié de la rencontre, au moins, a porté sur d’autres sujets.

Le premier ministre Harper a fait part notamment de ses inquiétudes à propos de la récente décision de la Chine d’opposer son veto au projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en Syrie. Ce texte devait faire pression sur le régime de Damas pour mettre un terme au bain de sang dans le pays.

«J’énonce avec force et clarté la position du Canada dans ce dossier: nous aimerions voir le Conseil de sécurité prendre des mesures face à ce problème à l’avenir», a déclaré le premier ministre Harper.

Par ailleurs, il a soutenu mercredi qu’il attendait avec impatience de discuter de toute une gamme de sujets, y compris les questions consulaires et des droits de la personne. M. Harper a ajouté qu’ensemble, le Canada et la Chine jouissaient d’un partenariat stratégique fondé sur le respect et l’admiration.

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«Nous sommes aussi fiers de poursuivre un dialogue franc et respectueux sur les droits de la personne et la primauté du droit», a souligné le premier ministre Harper.

Il a aussi affirmé devant des journalistes que la rencontre de mercredi prouvait qu’il était possible de discuter à la fois d’économie et de droits de la personne avec les Chinois.

Les deux dirigeants ont notamment assisté à la signature d’un protocole d’entente sur le développement durable des ressources naturelles et renouvelé un protocole d’entente sur la coopération en matière d’énergie.

Plus tôt mercredi matin, M. Harper avait lancé la campagne de marketing touristique de 2012 de la Commission canadienne du tourisme, lors de l’ouverture officielle d’un nouveau centre à Pékin.

Depuis que le Canada s’est vu accorder le statut de destination approuvée par la Chine en 2009, le nombre de visiteurs chinois qu’il a accueillis a augmenté d’environ 25 pour cent.

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