Guerre civile en Syrie: les rebelles veulent des armes, pas de l’aide humanitaire

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à 11h45 HNE, 1er mars 2013.

BEYROUTH – Le chef des forces rebelles syriennes affirme que ses hommes ont désespérémment besoin d’armes et de munitions, plutôt que des vivres et des pansements que les États-Unis veulent maintenant leur offrir.

L’administration Obama a annoncé, jeudi, une aide additionnelle de 60 millions $ US à l’opposition politique syrienne et a fait savoir que, pour la première fois, elle offrira une aide directe non létale aux rebelles syriens qui tentent de déloger le président Bachar el-Assad.

Cette décision a été annoncée à Rome par le secrétaire d’État américain John Kerry.

Plusieurs pays européens devraient adopter des mesures similaires au cours des prochains jours.

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De nombreux opposants et combattants se sont toutefois dits déçus de l’aide offerte.

Le général Salim Idris, le chef d’état-major du Conseil militaire suprême de l’opposition syrienne, affirme que cette aide — qui est composée de rations alimentaires et de fournitures médicales — ne fera rien pour aider à lutter contre la puissance aérienne des forces du régime.

«Nous ne voulons pas de quoi boire et manger et nous ne voulons pas de bandages. Quand nous sommes blessés, nous voulons mourir. Nous voulons seulement des armes», a-t-il dit à l’Associated Press par téléphone depuis le nord de la Syrie.

«Nous avons besoin d’armes antichars et antiaériennes pour empêcher le régime criminel et meurtrier de Bachar el-Assad d’anéantir le peuple syrien, a-t-il dit. Le monde entier sait de quoi nous avons besoin et pourtant il regarde le peuple syrien être massacré.»

La communauté internationale hésite toutefois à fournir des armes à l’insurrection, de peur qu’elles ne se retrouvent ensuite entre les mains d’extrémistes. Le général Idris, en revanche, est perçu comme un séculier modéré. Il a nié que les rebelles aient récemment reçu des cargaisons d’armes.

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Par ailleurs, un ancien proche du président syrien Bachar el-Assad qui a fait défection l’an dernier affirme que la Russie et les États-Unis pourraient se porter garants d’un éventuel cesser-le-feu en Syrie. Manaf Tlass a déclaré à une station de radio russe que Moscou pourrait appuyer ceux qui, en Syrie, ne se rallient ni au régime, ni aux rebelles. Il a ajouté que la majorité des Syriens ne souhaitent pas devoir choisir entre ces deux extrêmes.

Vendredi, la Russie a dénoncé l’intention de plusieurs pays occidentaux, dont les États-Unis, de venir en aide aux insurgés syriens, estimant que cette aide encouragera l’insurrection à prendre le pouvoir par la force.

Kerry discute avec Lavrov

Mardi, le secrétaire d’État américain John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov se sont réunis pour la première fois mardi à Berlin, discutant pendant plus d’une heure de la guerre civile en Syrie et d’autres problèmes.

La porte-parole du département d’État américain, Victoria Nuland, a révélé que les deux hommes avaient passé près de deux heures ensemble et avaient consacré la moitié de ce temps à la situation en Syrie.

MM. Kerry et Lavrov ont notamment parlé de la mise en oeuvre d’une entente conclue à Genève visant à amener le régime syrien et les rebelles à créer un gouvernement de transition qui prendra la relève du président Bachar el-Assad après son départ.

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Cette réunion s’est déroulée deux jours avant la tenue à Rome d’une rencontre durant laquelle des dizaine de pays discuteront avec l’opposition syrienne pour tenter de trouver une issue au conflit qui a coûté la vie à près de 70 000 personnes. La Russie ne participera pas à cet événement.

Sergueï Lavrov a affirmé aux médias russes que sa discussion avec John Kerry avait été plutôt positive et qu’il avait le sentiment que l’administration Obama essaierait de jouer un rôle plus constructif sur la scène internationale dans le cadre de son deuxième mandat.

De passage à Moscou lundi, le ministre syrien des Affaires étrangères avait annoncé que le régime Assad était prêt à dialoguer avec les insurgés.

La Coalition de l’opposition syrienne a exprimé des doutes par rapport à la volonté de l’Occident de lui prêter main-forte et a menacé de boycotter la rencontre dans la capitale italienne avant de changer d’avis grâce à l’intervention de M. Kerry.

Elle a maintenant l’intention d’assister à la réunion et espère recevoir de l’aide concrète, notamment sur le plan militaire, ce que les États-Unis et les autres pays ont refusé jusqu’à présent de lui donner.

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Berlin est le deuxième arrêt après Londres du premier voyage à l’étranger de John Kerry en tant que secrétaire d’État, un périple qui doit le mener dans un total de neuf pays de l’Europe et du Moyen-Orient.

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