Guerre civile en Syrie: des dizaines de morts chaque jour

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à 15h20 HNE, le 18 janvier 2013.

BEYROUTH – Deux voitures piégées ont explosé dans le sud de la Syrie et une roquette a frappé un édifice dans le nord, lors de violences que les médias officiels se sont empressés d’attribuer aux insurgés qui cherchent à renverser le régime du président Bachar el-Assad.

L’agence de presse gouvernementale SANA affirme que l’attaque à la roquette survenue dans la ville d’Alep était l’oeuvre des rebelles, mais les militants évoquent plutôt une frappe aérienne lancée par le régime.

Peu de temps après, deux voitures piégées ont explosé près d’une mosquée de la ville de Daraa au moment où les fidèles quittaient les lieux après les prières du vendredi.

Des images diffusées par la télévision syrienne ont permis de constater que la mosquée a subi de lourds dommages. Un homme a été montré transportant un bébé hors des décombres, pendant qu’un autre avait le visage ensanglanté. Des résidants fouillaient les ruines à la recherche de survivants et au moins une victime a été emportée sur une civière par une ambulance du Croissant-Rouge.

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L’Observatoire syrien des droits de la personne indique que 12 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées à Alep.

Bombardements

Par ailleurs, des avions de chasse ont bombardé des villages de la province de Lattaquié, le long de la frontière entre la Syrie et la Turquie, un secteur entre les mains des insurgés. Des hélicoptères de combat auraient aussi participé à l’assaut. L’agence de presse turque Anadolu a également fait état de combats féroces dans la province d’Idlib.

Enfin, de nouveaux affrontements ont éclaté entre les insurgés syriens et des combattants loyaux au régime dans un quartier de réfugiés palestiniens de Damas.

L’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) a indiqué vendredi que les combats se sont intensifiés à Yarmouk depuis quelques jours. Douze personnes auraient été tuées et une vingtaine d’autres blessées jeudi.

Un communiqué de l’agence onusienne précise qu’on retrouve des enfants parmi les victimes.

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Le « camp » de Yarmouk – encore appelé ainsi même si les « réfugiés » palestiniens y sont depuis de nombreuses années – a été le théâtre de combats féroces entre les rebelles et les forces loyales à Bachar el-Assad depuis la mi-décembre, quand des insurgés ont pénétré dans le camp pour tenter de lancer un assaut contre la capitale.

L’UNRWA affirme que près de la moitié des 150 000 résidants de Yarmouk ont fui les combats de rue ainsi que les frappes aériennes et les tirs d’artillerie du régime.

Massacre à Homs

Jeudi, des soldats gouvernementaux ont tué des dizaines de personnes dans la ville centrale de Homs, ont affirmé des militants syriens.

Omar Idilib, des Comités de coordination locaux, précise que la tuerie de mardi a fait au moins 37 morts.

De son côté, le directeur de l’Observatoire syrien des droits de la personne, Rami Abdoul-Rahman, épingle plutôt le bilan à 106 victimes, dont des femmes et des enfants.

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MM. Idilib et Rahman ont tout deux pris la parole jeudi. M. Idlib a toutefois indiqué que son bilan n’a pas été revu depuis mercredi et que d’autres victimes ont été trouvées depuis.

Homs est la troisième ville syrienne en importance. Elle a été le théâtre de combats intenses depuis le début de l’insurrection en mars 2011. Des affrontements s’y sont aussi déroulés plus tôt cette semaine.

Pour sa part, le premier ministre de la Jordanie a prévenu que le royaume fermera sa frontière avec la Syrie en cas de violences ou d’un exode de masse si jamais le régime de Bachar el-Assad était renversé.

La Jordanie accueille déjà 285 000 réfugiés syriens et ses ressources en soins de santé, en énergie, en éducation et en eau potable sont épuisées. Abdullah Ensour a expliqué que la Jordanie pourrait déployer des forces spéciales pour créer des zones de sécurité à l’intention des Syriens sur leur propre territoire. Il a ajouté que le gouvernement jordanien n’est plus en contact avec le régime Assad depuis plusieurs semaines.

Triple attentat

Mercredi, un triple attentat à la voiture piégée avait tué au moins 22 personnes dans le nord de la Syrie, au lendemain de la mort d’au moins 87 personnes lors de deux explosions survenues sur le campus de l’université d’Alep.

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La triple attaque s’est produite dans la ville d’Idlib.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme affirme que l’attentat ciblait des véhicules officiels près du quartier général des forces locales de sécurité et d’un point de contrôle. L’organisation établie à Londres, qui s’appuie sur un réseau de sources sur le terrain, a rapporté 24 victimes.

Un responsable gouvernemental a plutôt affirmé que l’explosion avait frappé une importante autoroute et un carrefour giratoire, faisant 22 morts et 35 blessés.

Les insurgés contrôlent de vastes secteurs de la région d’Idlib, mais la ville elle-même demeure sous l’emprise de l’armée.

Bombes à l’université

La Syrie a par ailleurs fermé les universités et suspendu les cours universitaires à travers le pays mercredi, alors que des militants de l’opposition ont annoncé que le bilan des deux gigantesques explosions survenues mardi sur un campus d’Alep s’était alourdi à 87 morts.

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Le gouvernement et l’opposition s’attribuent mutuellement la responsabilité de ces explosions.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a prévenu que le nombre de personnes tuées mardi par les déflagrations pourrait augmenter, puisque des restes humains non identifiés ont été retrouvés et que certains des 150 blessés sont dans un état critique.

La cause exacte des explosions, qui se sont produites au moment où les étudiants participaient à des examens, demeure inconnue. Les insurgés blâment des frappes aériennes du régime, tandis que le gouvernement évoque des roquettes tirées par les rebelles.

L’université d’Alep se trouve dans l’est de la ville, un secteur contrôlé par les forces gouvernementales. Les insurgés ont été incapables d’expliquer pourquoi le régime aurait ordonné des frappes aériennes dans un secteur qu’il contrôle. L’ampleur de la destruction semble avoir été causée par des explosifs beaucoup plus puissants que les roquettes dont disposeraient les rebelles.

Le ministère syrien de l’Éducation supérieure a suspendu les cours et les examens dans toutes les universités du pays mercredi. L’agence de presse officielle SANA a expliqué que cette décision avait été prise pour rendre hommage aux «martyrs» d’Alep. Le président Bachar el-Assad aurait aussi ordonné la reconstruction de l’université d’Alep dans les meilleurs délais.

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60 000 morts

Les violences s’étaient poursuivies dans d’autres régions de la Syrie mardi. Des affrontements ont été rapportés dans les banlieues de Damas, tandis que des raids aériens et des tirs d’artillerie lourde des forces gouvernementales dans d’autres régions ont fait des dizaines de morts, selon des militants de l’opposition.

L’Observatoire syrien des droits de la personne indique que la banlieue de Mleiha, à Damas, a notamment été ciblée mardi. Des frappes aériennes auraient tué des dizaines de civils dimanche et lundi, selon les militants.

Lundi, le ministre syrien adjoint des Affaires étrangères, Faisal Mekdad, a déclaré que le président Bachar el-Assad demeurera en poste jusqu’à la fin de son mandat, en 2014, avant d’en briguer un nouveau.

Depuis le début de la crise syrienne en 2011, l’opposition affirme qu’elle ne se contentera de rien de moins que le départ de M. Assad.

L’ONU estime que 60 000 personnes ont été tuées depuis le début de l’insurrection et que des millions d’autres ont été chassées de chez elles.

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