Guerre au Mali: l’armée française s’empare de Diabali après la fuite des rebelles

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à 08h53 HNE, le 21 janvier 2013.

DIABALI, Mali – L’armée française a repris le contrôle de la ville de Diabali, dans le centre du Mali, quand les insurgés islamistes ont pris la fuite après des jours de bombardements aériens intenses.

Des journalistes de l’Associated Press ont pu constater, lundi, que des blindés français patrouillaient les rues de la ville et que la vie semblait reprendre son cours normal.

Les islamistes s’étaient emparés de Diabali il y a une semaine, progressant vers le sud après avoir quitté le nord du pays qu’ils contrôlent depuis près d’un an.

Des résidents ont expliqué que les insurgés s’étaient camouflés parmi la population, ce qui compliquait l’intervention des troupes françaises.

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Les avions de chasse et les hélicoptères de combat de l’armée française avaient procédé à des dizaines de nouvelles frappes aériennes au cours du week-end, pendant qu’un groupe extrémiste menaçait de s’en prendre aux pays qui participent à l’opération visant à déloger les islamistes qui se sont emparés du nord du pays.

La France dit avoir ciblé ce qu’elle a appelé des «véhicules terroristes» lors de six frappes au cours des 24 dernières heures, avant d’ajouter que sa campagne contre les militants progresse.

Les forces françaises se sont déployées vers le nord, jusqu’à la ville de Markala, en plus de renforcer leur présence dans les villes de Niono et Mopti, selon ce qu’a affirmé un représentant de l’armée.

Pour sa part, lors d’une intervention à la télévision, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a dit n’être au fait d’aucune perte de vie civile. Il a indiqué que les frappes aériennes ont causé des pertes importantes dans les rangs des insurgés, et que les forces françaises au sol n’ont été impliquées que dans des escarmouches.

Dimanche, le groupe extrémiste responsable de la prise d’otages en Algérie a menacé de s’en prendre à de nouvelles cibles étrangères si la France ne met pas immédiatement fin à sa campagne au Mali. La Brigade masquée a prévenu que tout pays qui appuie l’intervention française au Mali s’expose à des représailles.

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La France a enfin indiqué que 400 soldats provenant du Nigeria, du Togo et du Bénin sont arrivés à Bamako dimanche pour aider à l’entraînement d’une force africaine au Mali. Des soldats tchadiens, qui sont considérés comme des combattants aguerris familiers avec le terrain désertique du nord du Mali, sont aussi arrivés, a dit M. Le Drian.

Ancienne colonie française, le Mali, qui compte 15,8 millions d’habitants, a déjà eu la réputation d’être l’une des démocraties les plus stables d’Afrique de l’Ouest. La situation a toutefois changé en mars dernier après qu’un coup d’État dans la capitale eut semé le chaos, permettant aux insurgés islamistes de conquérir plusieurs villes dans le nord.

Konna

Vendredi, un dirigeant de l’armée malienne avait affirmé avoir délogé les rebelles de Konna et contrôler maintenant la ville, une nouvelle confirmée par le représentant français.

Malik Allaouna, directeur des opérations pour Médecins Sans Frontières (MSF), a pour sa part déclaré que l’organisme essayait depuis lundi de se rendre à Konna, mais que toutes les routes menant à la ville située dans le centre du Mali étaient bloquées par les militaires maliens.

«En dépit de nos demandes répétées, nous n’avons toujours pas accès à la région de Konna», a indiqué M. Allaouna. «Il est essentiel de permettre que de l’aide médicale et humanitaire neutre et impartiale soit fournie dans les zones touchées par le conflit.»

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300 000 déplacés, 400 000 réfugiés?

À Genève, la porte-parole de l’agence onusienne pour les réfugiés, Melissa Fleming, a précisé que le nombre de Maliens déplacés allait probablement monter en flèche au cours des prochains mois. L’agence a dit se préparer pour le déplacement de 300 000 personnes à l’intérieur même du Mali et de plus de 400 000 vers les pays voisins.

Melissa Fleming a précisé que l’agence renforce de toute urgence ses équipes alors que des milliers de personnes fuient vers la Mauritanie, le Burkina Faso, le Niger, l’Algérie, la Guinée et le Togo.

D’après Mme Fleming, les personnes ayant fui la région ont raconté que d’importantes sommes d’argent étaient offertes aux civils pour qu’ils se battent contre l’armée malienne et ses alliés.

Les insurgés islamistes ont opposé une féroce résistance aux troupes françaises. En plus de contrôler un territoire de la taille de l’Afghanistan dans le nord du Mali, les extrémistes ont aussi la mainmise sur une zone d’environ 1000 km2 dans le nord-est de l’Algérie, où ils ont attaqué une usine exploitée par BP et pris en otages des dizaines de travailleurs étrangers.

Pays voisins nerveux

La Mauritanie, à l’ouest du Mali, a mis ses forces armées en état d’alerte. Au sud, le Burkina Faso a envoyé des renforts militaires à sa frontière et a installé des barricades sur la route.

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Même l’Algérie, qui s’était opposée à une intervention militaire au mois d’août, donne maintenant à la France l’accès à son espace aérien. Le gouvernement algérien a annoncé lundi soir la fermeture de sa frontière avec le Mali, longue de près de 1000 kilomètres, à cause des «événements» dans la région.

Plusieurs pays voisins du Mali, qui réclamaient depuis longtemps une intervention militaire pour déloger les jihadistes de la région, pensent que l’alliance de groupes rebelles qui occupe le nord du Mali ne fera pas le poids face aux frappes aériennes menées par des appareils sophistiqués.

Les leaders de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont souligné que le nord du Mali est principalement désert et qu’il serait facile de viser les véhicules des rebelles puisqu’ils n’ont presque aucun endroit pour se cacher dans la région.

Les opérations au sol de l’armée française ont commencé durant la nuit de mercredi, a déclaré le chef d’état-major français, l’amiral Edouard Guillaud. Il a indiqué que les unités d’infanterie françaises «combattraient directement dans les prochaines heures», sans pouvoir dire à quel moment exactement.

Boucliers humains

Ibrahim Komnotogo, un résidant de Diabali qui dirige un projet d’agriculture financé par l’agence américaine de développement international, était à l’extérieur de la ville quand les jihadistes l’ont encerclée. Il affirme que 20 de ses employés et sous-traitants sont coincés dans la ville, qui compte 35 000 habitants. Il a déclaré à l’Associated Press que les islamistes avaient bloqué les routes et empêchaient les civils de quitter Diabali.

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M. Komnotogo craint que les islamistes se cachent dans les quartiers civils de Diabaly et se servent de la population comme bouclier humain.

«Les jihadistes se sont séparés. Ils ne se déplacent pas en grands groupes. (…) Ils sortent dans les rues par groupe de quatre ou six et ils vivent dans les quartiers les plus densément peuplés», a-t-il dit, en précisant que les rebelles avaient pris les maisons de ceux qui ont fui la ville avant que la route ne soit bloquée.

Les avions français ont bombardé le camp militaire de Diabaly, mais n’ont pas mené de frappes dans la ville même. Les résidants du quartier Bordeaux, situé à seulement 500 mètres du camp, ont évacué les lieux, a déclaré M. Komnotogo. Ils ont trouvé refuge dans le quartier Berlin, à environ un kilomètre des installations militaires.

Les jihadistes «empêchent la population de partir. Nous avons essayé de faire sortir nos employés, mais ils ne peuvent partir», a affirmé M. Komnotogo. «Ils ont garé des camionnettes dans les cours des maisons désertées. Ils portent la barbe et des boubous. Personne n’ose les approcher et tout le monde a peur.»

Les responsables français ont reconnu que les rebelles étaient mieux équipés et mieux préparés qu’ils ne l’anticipaient. En dépit de l’offensive française, les insurgés ont réussi lundi à s’approcher à environ 400 kilomètres de la capitale, Bamako, en s’emparant de la ville de Diabali. Plusieurs des soldats maliens qui s’y trouvaient auraient été tués, tandis que d’autres auraient pris la fuite.

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Menaces d’Al-Qaïda

Lundi, le commandant de l’une des branches d’Al-Qaïda dans le nord du Mali a mis au défi la France de poursuivre ses attaques contre la rébellion au Mali.

«La France a ouvert les portes de l’enfer. (…) Elle est tombée dans un piège bien plus dangereux que l’Irak, l’Afghanistan ou la Somalie», a déclaré Omar Ould Hamaha, leader du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), sur la radio française Europe 1.

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