Guerre au Mali: François Hollande reparti, les bombardements reprennent

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à 10h45 HNE, le 3 février 2013.

PARIS – Quelques heures après la visite triomphale du président français, François Hollande, au Mali, les militaires français ont lancé une importante offensive dans les régions de Kidal et de Tessalit, au nord du pays.

Les troupes française y ont bombardé des dépôts d’armes et d’essence de samedi soir à dimanche matin, selon un membre du ministère de la Défense qui a exigé l’anonymat.

Il a ajouté que les bombardements «visaient des armes logistiques près de la frontière algérienne». Il n’a pas été en mesure d’indiquer si les attaques visaient également les camps de formation des rebelles islamistes.

Avant les frappes françaises, le ministre malien des Affaires étrangères, Tièman Hubert Coulibaly, avait déclaré à l’hebdomadaire français Le Journal du dimanche qu’il souhaitait que l’opération française se poursuive au Mali tant que les rebelles ne seraient pas désarmés.

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Le président François Hollande est arrivé samedi à Tombouctou, six jours après que la légendaire ville eut été libérée du joug des islamistes par les forces françaises et maliennes.

La France a lancé son intervention militaire pour chasser les insurgés il y a trois semaines et a depuis reconquis les trois principales villes du nord du pays qui étaient contrôlées par les extrémistes depuis 10 mois.

M. Hollande avait déclaré vendredi que, durant son séjour dans l’ancienne colonie française, il discuterait de la réduction prochaine du nombre de soldats français sur le terrain dans le but de céder la place à des troupes africaines dirigées par le Mali.

Après son arrivée à Tombouctou, le président, qui était accompagné des ministres français des Affaires étrangères et de la Défense, s’est arrêté à la mosquée Djingareyber.

Des dignitaires enturbannés l’ont accueilli alors que la foule rassemblée autour du lieu de culte construit entre 1325 et 1326 criait: «Vive la France! Vive François Hollande!»

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Environ 800 soldats français ont participé à l’opération visant à reprendre Tombouctou, dont des centaines de parachutistes qui ont atterri dans les dunes voisines de la cité.

La ville, une ancienne destination touristique populaire et un haut lieu du savoir musulman, était entre les mains des islamistes depuis avril.

Ces derniers ont imposé la charia aux habitants, coupant la main d’un homme suspecté de vol et fouettant les femmes et les filles osant s’aventurer en public sans être voilées.

Quelque 3500 soldats français prennent actuellement part à l’intervention en collaboration avec l’armée malienne et préparent l’arrivée d’effectifs africains qui aideront à stabiliser le vaste pays.

François Hollande a affirmé que l’autre objectif de son voyage était d’inciter les leaders maliens à amorcer un dialogue politique, sans toutefois donner de détails.

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L’une des raisons expliquant pourquoi les extrémistes armés ont été capables de prendre le contrôle du nord du Mali est le coup d’État survenu en mars dans la capitale qui a plongé le pays dans le chaos.

Kidal

Mercredi, les forces françaises n’avaient rencontré aucune résistance mercredi dans les rues de Kidal, la dernière ville du nord du Mali tenue par des combattants islamistes.

La prise de l’aéroport de Kidal survient quelques jours seulement après que les forces françaises et maliennes eurent repris deux autres capitales provinciales, Gao et Tombouctou, contrôlées par des islamistes radicaux depuis près de dix mois.

«Personne ne questionne la rapidité du déploiement français, mais la capacité de garder le contrôle de ces villes et territoires est un défi immense. On ne sait pas très bien comment ils réussiront à maintenir leurs récents gains», analyse Alex Vines, spécialiste de l’Afrique auprès du groupe de réflexion britannique Chatham House.

«Les extrémistes n’ont pas été défaits, ils se sont évanouis dans le brouillard chaud du désert», ajoute-t-il.

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Plusieurs observateurs craignent que les islamistes se cachent parmi la population civile dans les petits villages reculés, pour mieux revenir et attaquer les forces africaines une fois que les forces françaises seront parties. Les islamistes disposeraient d’un réseau élaboré de grottes et autres cachettes dans le désert.

Les jihadistes ont tiré sur les soldats français quand ils sont arrivés à Gao, mais ils avaient déjà quitté Tombouctou quand les forces pro-gouvernementales sont arrivées lundi. Dans leur fuite, les extrémistes ont détruit d’importants manuscrits anciens et endommagé la piste de l’aéroport.

Le président intérimaire de l’assemblée régionale de Kidal, Haminy Maïga, a indiqué que les forces françaises n’avaient rencontré aucune résistance à leur arrivée à Kidal, mardi soir.

«Les Français sont arrivés à 21h30 à bord de quatre avions, qui ont atterri l’un après l’autre. Ensuite, ils ont pris l’aéroport et sont entrés dans la ville, et il n’y a pas eu de combats», a déclaré M. Maïga, qui reste en contact avec ses concitoyens de la région grâce à une liaison téléphonique par satellite.

«Les Français patrouillent dans la ville et deux hélicoptères patrouillent dans le ciel», a-t-il ajouté.

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Aux Africains de prendre le relais

À Paris, un responsable de l’armée française, le colonel Thierry Buckhard, a confirmé que l’aéroport de Kidal avait été pris durant la nuit et a précisé que l’opération était «en cours».

«Maintenant, c’est aux pays africains de prendre le relais», a indiqué le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, lors d’une entrevue avec le journal «Le Parisien».

«Nous avons décidé de mettre les moyens en hommes et en matériel pour réussir cette mission et frapper fort. Mais le dispositif français n’a pas vocation à être maintenu. Nous partirons rapidement», a précisé M. Fabius.

Environ 3500 soldats français participent à l’opération militaire au Mali, en plus de 2900 soldats africains, selon les chiffres les plus récents du ministère français de la Défense.

Gao et Tombouctou

Les deux autres capitales provinciales, Gao et Tombouctou, avaient été reprises au cours des derniers jours.

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Le président de l’assemblée régionale de Kidal, Haminy Maiga, a révélé que les forces françaises n’ont rencontré aucune opposition lors de leur arrivée, tard mardi.

À Gao, des images amateures obtenues par l’Associated Press montrent une foule en colère attaquant le quartier-général de la police islamiste. Des hommes armés de gourdins et de machettes sont aussi vus mutilant les cadavres de deux jeunes djihadistes présumés.

Le président français a déjà déclaré que l’armée demeurera au Mali tant que cela sera nécessaire, mais la France a aussi prévenu qu’elle s’attend à voir d’autres pays africains prendre la relève. Il y a actuellement environ 2900 soldats africains au Mali, dont 1400 soldats tchadiens habitués à un environnement désertique comme celui du nord du Mali.

450 millions $

Par ailleurs, plusieurs pays africains et occidentaux ont promis mardi d’allouer plus de 450 millions $ US au financement de la force africaine qui luttera contre les extrémistes islamistes dans le nord du Mali.

Le Royaume-Uni a pour sa part annoncé qu’il avait offert de déployer jusqu’à 200 officiers militaires pour contribuer à la formation de la force ouest-africaine au Mali.

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Un responsable de l’Union africaine à Addis Abeba, Ramtane Lamamra, a déclaré que les pays donateurs avaient promis de verser un total de 455,5 millions $ US pour financer la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA), autorisée par les Nations unies. Le budget initial requis par la MISMA est de 461 millions $ US.

Plusieurs pays africains, dont l’Éthiopie, la Côte d’Ivoire et la Gambie, se sont alliés avec des pays développés comme les États-Unis, le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni pour fournir un soutien financier à la mission militaire au Mali.

Le Canada a promis 13 millions $ pour fournir de la nourriture et des soins aux civils déplacés par le conflit et aux réfugiés maliens dans les pays voisins.

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