Faible dollar canadien: bonne ou mauvaise nouvelle?

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Ce lundi, sur le marché des changes, le dollar canadien a franchi le seuil des 80 cents face au dollar américain, son plus bas niveau depuis avril 2009 en plein cœur de la crise financière.

En perte de 9 % de sa valeur depuis le début de l’année et de près de 3 %, la semaine dernière, ce recul du huard s’explique principalement par la dépendance de l’économie canadienne à cette conjoncture autour du pétrole, mais aussi par les réactions des marchés face aux décisions de la Banque du Canada.

Le niveau du dollar canadien est le signe d’un tourment dans le milieu des affaires affecté par le recul des perspectives de croissance. La prévision de repli de l’économie de 0,2 point de Statistiques Canada à 2% envoie un signal fort d’un ralentissement pour 2015 en direction des marchés financiers.

Autre indicateur, la décision du gouverneur de la banque centrale de réduire d’un quart de point le taux de financement à un jour (taux directeur) à 0,75% s’annonce comme une mesure de précaution dans un contexte d’incertitude du cours des hydrocarbures.

La résolution de la banque centrale devrait inciter le crédit à la consommation des ménages et ainsi, atténuer l’annonce de la contraction de l’économie canadienne. La Banque du Canada devrait aussi encourager l’emprunt hypothécaire dans un contexte de «bulle immobilière» estimée entre 10 à 30% à la valeur supposée des biens.

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La dépréciation du dollar canadien entraîne mécaniquement l’accroissement des coûts des matières premières, notamment celles en provenance des États-Unis, premier partenaire commercial du Canada qui assure plus de la moitié de ses approvisionnements. Le «billet vert» qui libelle ses échanges transfrontaliers s’apprécie sur le marché des devises, conformément aux indicateurs de bonne performance de l’économie américaine.

La récente décision de la Réserve fédérale, de ne pas remanier son taux directeur avant le printemps prochain, contribue aussi à revigorer le dollar US en situation de baisse de l’inflation.

Avec une croissance à 2,6%, certes plus faible de 0,4 point que celle prévue fin 2014, l’économie des États-Unis se porte bien, suscitant l’intérêt des marchés financiers internationaux, dans une économie mondiale marquée par le ralentissement des marchés européens et chinois.

Dans ce commerce international en stagnation, la reprise américaine s’annonce donc comme la source de revenus la plus fiable et la plus accessible pour les industriels canadiens. Rappelons que 70% des exportations des marchandises du Canada prennent la direction des États-Unis et dans ce sens, les produits manufacturés canadiens qui devraient être soutenus par la faiblesse du huard se transportent plus facilement de l’autre côté de la frontière.

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